Une chauffeuse frappée par un antimasque
L’homme disait sur les réseaux sociaux qu’il y aurait des représailles si on le forçait


Jonathan Tremblay
L’homme soupçonné d’avoir cassé la mâchoire d’une chauffeuse de bus samedi sur la Rive-Nord avait prévenu qu’il ne se gênerait pas pour avoir recours à la violence si on l’obligeait à porter un masque.
«Il va falloir me mettre une balle entre les deux yeux pour que je porte un masque. Pis si vous ne me mettez pas une balle entre les deux yeux, pis que vous voulez que je porte le masque, bah... c’est votre droit à la vie qui va être en jeu», a averti Patrick Desbiens, dans une vidéo publiée sur Facebook le 16 juillet.
Cet antimasque de 38 ans a refusé hier après-midi de s’identifier devant le tribunal, lors de sa comparution par vidéoconférence au palais de justice de Laval.
- Écoutez l'éditorial de Richard Martineau sur QUB radio:
Desbiens devait être accusé de voies de fait causant des lésions, et de méfait.
Il aurait sauvagement attaqué une chauffeuse d’autobus à Sainte-Anne-des-Plaines, samedi soir dernier.
Il était monté à bord à la gare de Sainte-Thérèse. Durant le trajet, la conductrice a dû lui répéter de garder son masque. Avant de sortir au coin Sainte-Anne et Therrien, le récalcitrant s’est dirigé vers la chauffeuse.
Il l’aurait frappée d’un coup de poing qui a fracturé sa mâchoire et pulvérisé ses lunettes.
Pas de retour au boulot
Gravement amochée, la dame de 55 ans a néanmoins été soulagée que son assaillant soit arrêté mercredi soir, nous dit-on.
«Il y a d’importantes conséquences psychologiques. Il n’est pas question pour elle de travailler bientôt», nous a confié Stéphane Lacroix, porte-parole des Teamsters, syndicat des conducteurs routiers.
«C’est très grave, d’autant plus en ce moment», a ajouté Camille Boulier, de chez Transdev, employeur de la victime.
Son agresseur, un résident de Sainte-Thérèse, s’amusait depuis un certain temps à tester la tolérance des commerçants face au respect du port du masque, puis s’en targuait sur Facebook.
Il se prend pour un prince
N’obtempérant pas non plus devant le juge hier, Desbiens s’est présenté comme «Melkinsédek [sic], prince de la justice, prince du Dieu vivant».
«Est-ce que vous savez quel est mon rôle?» a pris la peine de demander le juge Marc-André Dagenais.
«Incriminer les innocents», a rétorqué le prévenu.
Il n’en fallait pas plus pour que le magistrat, qui avait fait preuve de patience, mette abruptement un terme à la séance.
Il a exigé qu’une évaluation sur l’aptitude de Desbiens à faire face à la justice soit effectuée à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal avant sa prochaine comparution, jeudi prochain.