La conjointe ukrainienne d’un Québécois coincée en Roumanie

Kariane Bourassa

2022-03-07T22:39:49Z

Kateryna Mainguy, la conjointe d’un Québécois, a échappé de justesse à la guerre, mais doit maintenant affronter la paperasse canadienne depuis la Roumanie dans l’espoir de venir rejoindre son mari.

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La mère de 36 ans et sa fille de 10 ans, Satya, ont fait 14 heures d'autobus pour se rendre en Moldavie. Puisqu'il n'y avait aucun logement abordable, elles ont poursuivi leur chemin vers la Roumanie, où elles ont eu la chance de croiser un bon samaritain qui les a accueillies.

«Je ne suis pas généreux, je fais ce qui est juste», a expliqué humblement Florin Cordis, joint en Roumanie par TVA Nouvelles.

L’homme coordonne un groupe de bénévoles qui aident les réfugiés ukrainiens. «Plusieurs centaines de personnes ont été aidées pour se loger, se déplacer et pour remplir des papiers», a-t-il témoigné.

Néanmoins, l'ambiance est de plus en plus lourde. Les réfugiés craignent que la Russie ne s'attaque à d'autres pays.

Lundi matin, Kateryna et sa fille sont allées au bureau des passeports pour enregistrer leurs données biométriques, une exigence du Canada. Elles devront par la suite attendre près d'un mois avant de pouvoir poursuivre le processus, et enfin gagner le Québec.

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Ces délais sont dénoncés par le Bloc Québécois, qui avait proposé au gouvernement libéral de prolonger tous les permis et visas temporaires, ce qui a été fait.

La formation indépendantiste demande aussi de lever l’obligation pour les Ukrainiens d’obtenir un visa de touriste afin de venir au Canada. Sur ce point, le gouvernement de Justin Trudeau semble avoir de bonnes intentions, mais le temps joue contre lui.

«On nous a dit que ça serait mis en place d'ici deux semaines, en envoyant des kits de biométrie, plus de personnels sur place, en facilitant la paperasse par rapport aux visas», a expliqué Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole en matière d’Affaires étrangères.

Le député croit aussi qu'il faut rapidement commencer à planifier les vols de rapatriement. «Il faut absolument que le gouvernement déploie une opération aérienne de grande échelle pour noliser toute la capacité aérienne possible, car sinon, toutes ces mesures ne servent à rien, si on ne peut pas aller chercher les gens», a-t-il dit.

Éric Mainguy trouve aussi les délais très longs. Très émotif, il souhaite que sa famille soit le plus rapidement possible en sécurité.

«Je suis convaincu que c'est plus rapide qu'avant, mais une partie en moi se dit qu'elles devraient déjà être ici. Ça prend des semaines instaurer des affaires, mais pendant ce temps, il y a des gens qui sont en train de mourir, des enfants [qui souffrent] de malnutrition. Certaines familles sont prises dans leur sous-sol sans eau potable», a dénoncé Éric Mainguy.

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