Enquête sur la mort de Joyce Echaquan: la coroner défend son impartialité
Agence QMI, TVA Nouvelles
La coroner Géhane Kamel, qui préside l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, a défendu son impartialité mardi matin à la suite de critiques sur certaines de ses questions et commentaires.
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«Bien que certains de mes commentaires aient pu donner une certaine apparence de partialité, j’affirme que j’ai, en tout temps, depuis le premier jour de cette enquête, respecté mon devoir d’indépendance et d’impartialité en tant que coroner et qu’il en sera ainsi jusqu’à la toute fin du processus», a déclaré Mme Kamel en lisant une déclaration, avant la reprise des audiences.
Lors des premières journées d’audiences, Me Kamel avait semblé s’impatienter à quelques reprises lors de témoignages de certains membres du personnel du Centre hospitalier régional de Lanaudière, où est décédée Mme Echaquan sous les insultes du personnel.

La coroner a notamment remis en doute certaines portions du témoignage de l’infirmière qui avait été congédiée, s’exclamant même à un moment: «votre histoire ne tient pas debout».
En faisant le point mardi, Géhane Kamel a tenu à rappeler que son audience cherche «à éclaircir en toute sincérité les causes d’un décès pour éviter que d’autres surviennent dans des circonstances semblables».
«La collaboration et la transparence de tous ceux qui se présentent aux audiences publiques sont donc vitales. Les réponses évasives ou opaques nuisent à cette quête de vérité et de réponse», a dénoncé Me Kamel.
Celle-ci a aussi rappelé que l’enquête ne vise pas à trouver un coupable et ne débouchera pas sur un jugement criminel ou civil.
«Nous avons le devoir de faire la lumière sur cette mort, afin qu’elle ne soit pas vaine et que la famille de Mme Echaquan, sa communauté et la société obtiennent les réponses qu’elles méritent d’obtenir», a clamé la coroner en appelant à une reprise des audiences dans «le calme, le respect et la sérénité».
Un témoin encore ébranlé
Une patiente hospitalisée en même temps que Joyce Echaquan a raconté ce qu’elle avait vu et entendu le 28 septembre à l’urgence de l’hôpital de Joliette.
Annie Desroches a affirmé être encore hantée par cette journée. Elle était voisine de civière de la mère attikamek. Elle l’entendait crier et se «tordre de douleur». Elle ne comprend pas pourquoi Joyce Echaquan n’a pas reçu l’aide dont elle avait besoin.
Elle a raconté avoir vu les infirmières rire de la patiente et de son état. Dans la matinée, elle a aussi entendu l’infirmière qui a insulté Joyce Echaquan dans la vidéo tenir d’autres propos méprisants envers la patiente.
Elle aurait dit: «Bon, là, si tu continues de même, qu’est-ce qui va arriver... On va te “shooter” ben comme du monde». Annie Desroches a écrit dans sa déclaration le lendemain des évènements: «Elles ne lui ont pas donné de l’aide ou du réconfort. Non, elles lui ont donné la mort.»
Une agente de liaison boudée par le personnel
Barbara Flamand a témoigné en après-midi pour expliquer son rôle au sein de l’hôpital de Joliette, où elle a travaillé pendant deux ans. Elle servait de pont entre les patients attikameks et le personnel soignant.
Elle a raconté que les travailleurs ne la sollicitaient que très rarement. Les gens de la communauté de Manawan faisaient appel à ses services parce qu’ils ne se sentaient pas «bien» et «insécures» à l’hôpital de Joliette.
Barbara Flamand a confié qu’elle n’était pas «reconnue comme employée à l’urgence» et qu’elle «était bloquée partout». Elle aurait donné son nom et son numéro à plusieurs reprises au personnel en place, mais personne ne l’appelait.
Pourtant, elle recevait de nombreuses plaintes de la part de patients attikameks sur leurs soins.
- Avec les informations de Charel Traversy