Propos dégradants visant Joyce Echaquan: la sénatrice Michèle Audette interpellée

Agence QMI
La sénatrice et ex-commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées Michèle Audette estime que la question du racisme systémique a été évacuée lors des audiences de l’infirmière Paule Rocray, qui a reconnu avoir tenu des propos dégradants auprès de Joyce Echaquan.
Mme Rocray a reconnu lundi, devant le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, avoir tenu des propos dégradants et ne pas avoir suivi le protocole pour évaluer correctement l’état de la patiente attikamek, qui a capté sur vidéo les insultes qui lui étaient adressées avant son décès.
L’avocat de l’infirmière de 54 ans a cependant parlé de propos «dégradants» plutôt que «racistes» lors des audiences, une position que dénonce Mme Audette, d’autant plus que l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a reconnu, en juillet, l'existence du racisme systémique à l'endroit des Premières Nations et des Inuits au sein du réseau de la santé.
«Sommes-nous entre deux mondes? D'un côté, on dit qu'il y a du racisme systémique dans un conseil d'administration, et de l'autre, on n'ose même pas mentionner le nom. Encore une fois, on voit qu'un système est soit mal à l'aise, n’a pas assez de jurisprudence ou n’ose pas utiliser de la jurisprudence pour dire "non"! Nous devons créer une section ou des sanctions vont être nommées», a commenté la sénatrice.
Le Conseil de discipline dispose de 90 jours pour rendre sa décision concernant le sort de Paule Rocray. Le syndic et son avocat ont suggéré lundi, de façon commune, une radiation d’un an.
L'avocat de la famille de Joyce Echaquan entend réagir une fois la décision écrite rendue.
Avec les informations de Charel Traversy, TVA Nouvelles