«La Voix» revient en force pour sa 11e saison
«La Voix» est diffusée le dimanche, à 19h30, à TVA et sur TVA+, à compter du 18 janvier.
Samuel Pradier
Alors que les auditions à l’aveugle de la 11e saison de La Voix débutent ce dimanche 18 janvier, à TVA, France D’Amour, Roxane Bruneau, Corneille et Mario Pelchat se sont confiés sur leur état d’esprit et leurs attentes pour cette année.
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France D’Amour
Une passeuse de talent
France D’Amour espérait secrètement que La Voix revienne pour reprendre son fauteuil. «Je me suis ennuyée et c’était un beau cadeau quand on nous a appelés pour revenir. J'aime ça croire au talent des autres et je me suis découvert une vraie passion. Je savais que j'aimais beaucoup les autres artistes, et pouvoir tendre la main, donner au suivant, ça a révélé chez moi un petit côté passeur.»
Avec cette expérience, la chanteuse confie ne plus écouter les chanteurs de la même manière qu’auparavant. «Quand je suis dans la chaise, je pense plus ou moins au moment présent, mais surtout au futur. Je me projette dans l’avenir en me demandant ce qu’on pourrait faire de cette voix... je suis dans le long terme.»
Elle confie néanmoins être extrêmement nerveuse à la veille des auditions à l’aveugle de la nouvelle saison. «J'ai quand même cette pression-là d’avoir gagné la dernière saison. Statistiquement, ce n’est jamais arrivé qu’un coach gagne deux années d’affilée, mais je me suis dit que j’allais battre les statistiques. C'est un double challenge, une double pression. En plus, je suis très émotive. Quand un candidat que je veux choisit un autre coach, je le prends comme une défaite. Je redeviens la petite fille rousse ostracisée dans la cour d’école au primaire.»
S'adapter aux candidats
France D’Amour sait que chaque candidat est différent et qu’il n’y a pas de recette gagnante. «On ne peut pas prévoir qui va gagner. Ce qui a créé un succès, tu peux toujours le recréer, mais il faut aussi s’adapter aux nouvelles personnes et jouer avec les cartes qu'on a dans nos mains. J'ai une idée de ce que je pourrais faire. En fait, je vais tout faire pour faire gagner quelqu'un de mon équipe. Je me dois d'être compétitive, pour eux, pas pour moi. Ce n'est pas moi qui gagne à la fin.»
L’histoire des candidats est toujours une surprise quand la coach les sélectionne. «Quand on pèse sur le piton, on n'a pas l'histoire de chacun. Le public va s'attacher d'une manière différente de nous autres. Tout ce qu'on a, nous, c'est un timbre de voix et une performance vocale qu'on ne voit même pas en entier. C'est donc difficile d’avoir une vision complète. On peut donc avoir des surprises dans la suite du processus, surtout qu’il y a plusieurs rebondissements dans le jeu. Il faut qu'on se fasse lancer des défis, qu'on se fasse pousser dans le dos pour que ce soit intéressant et que ce ne soit pas prévisible. Il n'y a pas un jeu le fun si on connaît déjà le plan final.»
Mimétisme
Voir des jeunes débuter leur carrière dans la musique implique inévitablement une empathie de la coach. «Il y a quand même une compréhension profonde du niveau de stress, du sentiment de rejet, de ne pas comprendre dans quelle affaire t'es embarqué... Quand j’ai commencé, je ne connaissais pas du tout le showbiz. Je me souviens avoir fait mes premiers shows avec mes bottes d’hiver et le même linge que j’avais dans l’après-midi. Je ne comprenais pas de quoi on me parlait. Moi, je chantais et je jouais de la guitare.»

Corneille
L’art d’équilibrer performance et bien-être
La préoccupation première de Corneille est que les candidats de son équipe sortent grandis de cette aventure, autant humainement que professionnellement. «La Voix est une production qui a la réputation d'être quand même exigeante. Certains hésitent, et ce n’est jamais simple de prendre cette décision. Quand ils arrivent, beaucoup se mettent tellement de pression. J'espère qu'ils sortent de là en disant: «Une chance que je me suis écouté et que j'y suis allé quand même, parce que j'ai appris des choses que je n'aurais pas pu apprendre autrement ou ailleurs.»
Depuis qu’il est coach à La Voix et qu’il a fondé sa propre maison de disques, le chanteur avoue écouter les artistes d’une façon différente. «Je vois les artistes, surtout les nouveaux, ceux qui commencent, différemment. Je pense qu'avec l'expérience, quand ça fait 30 ans que tu fais le métier, on dirait que tu prends de la distance avec certaines émotions. L'insécurité va toujours être là, mais elle ne sera pas exactement la même. Tu as quand même des acquis. On dirait que tu perds le feu de la chose, la nervosité avant de monter sur un plateau. Là, on dirait que, depuis que je fais La Voix, je me rappelle ce que c'est que de commencer. Ça me renvoie à ma propre expérience. Je ne jugerai plus les nouveaux artistes qui commencent de la même façon. Même les artistes avec qui on travaille, j'ai une nouvelle approche avec eux.»
Intégrité et sérénité
Pour cette saison, Corneille souhaite mettre moins de pression sur ses épaules. «La première saison, j'avais tellement à cœur que les gens issus de communautés un peu invisibilisées soient vus et représentés, pas seulement des communautés culturelles, mais aussi musicales. Ma musique, par exemple, je ne l'entends nulle part à la radio. J'ai l'impression qu'il s'est passé quelque chose depuis les deux premières saisons. Il y a des artistes qui en sont sortis, qu'on voit de plus en plus, du chemin a été fait.»
En tant que coach, il reste toujours attentif au bien-être de ses candidats à travers les différentes phases de la compétition. «Le plus difficile dans mon rôle est de trouver l'équilibre entre ce qu'on espère pour les candidats qui se rendent le plus loin possible et ce que leur santé mentale leur permet de faire. La phase des duels est ce que je trouve le plus difficile, parce qu'il faut trouver des chansons qui ne pénalisent ou n'avantagent pas ni l'un ni l'autre. Et tout ça en pensant aussi à la suite. J'essaie toujours de me ramener au fait que je veux qu'ils soient bien.»
Le coach a aussi l’impression que la définition du succès n’est plus la même pour la nouvelle génération. «Pour ma génération, le succès, ça ressemblait à être au top, au sommet, quel que soit le domaine. Aujourd’hui, cette notion a été révisée, c’est plus fluctuant. La jeune génération se pose plus de questions.»
Le choix des chansons
Corneille l’a déjà expliqué dans une saison antérieure, mais choisir la bonne chanson dans un concours comme La Voix est primordial. «Notre défi, aux auditions à l’aveugle, est d’entendre la voix ou de sentir le potentiel du candidat, même si la chanson qu’il a choisie n’est pas idéale pour lui. J'arrive à le faire, je cherche juste la voix. Si elle me touche, tant mieux, c’est ce qu’on veut.» Corneille veut, cette saison, insister pour faire chanter le plus de francophone possible, et le plus de musique québécoise.

Roxane Bruneau
Du plaisir avant tout
Contrairement aux années précédentes, Roxane Bruneau a un peu allégé son horaire en dehors de La Voix afin de mieux apprécier l’expérience. Mais elle avait hâte de retrouver son fauteuil rouge. «Je suis plus confiante. Je sais plus où je m'en vais, et j'ai vraiment du fun à le faire. Mais je ne suis pas tant dans la stratégie que dans le plaisir. Je veux avoir du fun, parce que si, en tant que coach, je n’ai pas de plaisir, comment tu veux que mes candidats viennent dans mon équipe. Je veux vraiment qu'ils vivent une belle aventure.»
Elle rappelle souvent qu’elle n’est pas une technicienne vocale et qu'elle se base donc surtout sur son écoute et sur son cœur. «Je veux coacher mes candidats de manière humaine et empathique. On doit rester de bons humains malgré toute l’attention que La Voix peut amener, car ça peut rapidement faire gonfler une tête. On dirait que je veux les encadrer là-dedans. Je veux qu'ils restent respectueux, qu'ils soient bons et fins avec tout le monde, tout en dépassant leurs propres limites.»
Elle sait que, pour les candidats, participer aux auditions à l’aveugle de La Voix est un défi en soi. «C’est la raison pour laquelle ils doivent choisir une chanson qui va les faire briller; ce n’est pas le moment de se lancer dans un défi vocal. Si tu te présentes avec une chanson de Céline Dion, c’est très dur vocalement, et en plus, pour nous, ça va être difficile de ne pas comparer. Mais si tu arrives avec une chanson avec laquelle tu es certain de nous jeter à terre, c’est mieux. Tu te lanceras un défi au karaoké.»
Élimination difficile
Refuser un candidat aux auditions ou en éliminer un aux duels est toujours très difficile pour Roxane. «France, Corneille et Mario ont autant de misère que moi. Dire non, c'est dur. Je me retourne, je suis face à un homme qui a fait ça depuis plus longtemps que moi, qui a peut-être plus d'expérience de scène que moi, je trouve ça difficile. Humainement, c'est quand même quelque chose d’intense.»
La coach ne se met aucune pression pour gagner la saison. «Ce serait le fun, mais la pression est surtout que mes candidats aient une belle aventure et qu'ils sentent que je les sers bien. Gagner ou pas, je vais avoir la même carrière après, et mes candidats auront de la visibilité malgré tout.»

Mario Pelchat
Pas de gagnant ni de perdant
Mario Pelchat retrouve le studio de La Voix avec le même émerveillement, la même fougue et le même enthousiasme de découvrir de nouveaux talents. «Les auditions à l’aveugle, c’est difficile parce qu'au début, on a tendance à beaucoup appuyer sur le bouton, mais il faut qu'on se réserve des places, parce qu'on a plusieurs jours d'auditions. On essaie de donner la chance à tout le monde, de bâtir une équipe qui se tienne, de ne pas toujours avoir le même type de voix non plus, d'avoir une palette assez large...» Il a toutefois hésité avant d’accepter de revenir dans son fauteuil. «Je suis un peu épuisé. Les dernières années ont été éprouvantes, mais je me suis rendu compte, en arrivant au studio, que ça me faisait beaucoup de bien. Ça me sort du vignoble et de toute la pression que j'ai pu subir.»
Le coach participe à l’émission pour la transmission de son expérience et pour donner les meilleurs conseils qu’il peut. Néanmoins, les auditions à l’aveugle le renvoient souvent à ses propres débuts dans le métier. «Quand les candidats disent qu’ils ont 17 ou 18 ans, je revois dans leurs yeux la même lumière que j'avais à leur âge. Je revois le stress qui nous bouffe un peu, et notre plaisir d'être là. Chez certains, la nervosité est tellement palpable que certaines notes sont moins réussies, mais ça fait partie de l’apprentissage. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.»
Travailler sans relâche
Pour sa troisième saison comme coach, Mario Pelchat souhaite être le plus accueillant possible. «Je n'ai pas la prétention de pouvoir donner tous les conseils possibles et imaginables, parce qu'il n'y a pas un parcours pareil. On a souvent tendance à penser que parce qu’un artiste a débuté de telle manière, on va essayer d'imiter ça, mais ce n’est pas possible. On ne peut même pas donner une marche à suivre. On peut juste donner quelques conseils sur ce qu'on a nous-mêmes vécu. C'est comme ça que je les aborde. Je leur dis ce que j'entends, ce que je vois, ce que je perçois, ce qu'il faut améliorer et comment faire pour y arriver... Après, ça va dépendre du travail qu'ils vont y mettre, de leurs efforts et de leur envie véritable de faire ce métier.»
Il insiste sur le fait que les candidats doivent se prendre en main dès leur sortie de l’émission. «Je ne pourrais pas être là au quotidien, je ne pourrais pas être celui qui va organiser des rendez-vous pour aller voir les maisons de disques. Je pense à Gabriel Fredette, qui est un bon exemple. Je lui ai donné des conseils, je lui ai dit d’alimenter sa communauté sur les réseaux sociaux. Un jour, il m'a appelé pour me dire que la télé de Trois-Rivières voulait m'avoir en entrevue pour compléter un segment qu'ils avaient fait sur lui. C’est un exemple du candidat qui a envie de réussir et qui met tous les efforts pour y arriver. Il travaille fort, il produit ses chansons. Il est vraiment proactif.» Il rappelle également que le succès n’arrive pas forcément au premier essai. Lui-même a sorti trois albums avant d’avoir un hit.
Aucune pression
S’il a été très compétitif, la première année de sa présence à l’émission, Mario Pelchat relativise les choses. «Aujourd’hui, je le prends différemment. Pour moi, il n'y a pas de gagnant ni de perdant, on est tous gagnants, autant les coachs que les candidats. Tous ceux qui sont sélectionnés et qui font l'aventure, même s'ils partent aux Duels, ils sont gagnants parce qu'ils se font entendre, parce qu'ils vivent une expérience extraordinaire, parce qu'ils montent sur un plateau formidable, avec des musiciens talentueux. Ils apprennent le métier dans les meilleures conditions du monde. Pour eux, c'est tout bénéfice. De notre côté, on rencontre de nouveaux artistes, on les aide, on vibre à ce qu'ils nous apportent. C'est un privilège d'être assis dans ce fauteuil.»

Les surprises de cette saison
Quelques nouveautés dans les différentes étapes de la compétition vont apporter leur lot d’émotion et de stratégie, pour les candidats autant que pour les coachs.
Durant les auditions à l’aveugle, le bouton Chut fera son apparition. «Ce bouton permet à un coach de fermer le micro d'un autre, de manière à ce qu’il ne puisse plus parler pour se vendre, a détaillé Charles Lafortune. Mais il peut faire n'importe quoi d’autre, et le candidat peut quand même le choisir.» Ce sera aussi le retour du bouton Bloque, qui empêche un candidat de rejoindre l’équipe du coach bloqué.
À l’étape des duels, le bouton Vol est de retour pour mélanger les cartes dans les équipes et, à la place des Chants de bataille, on aura les Qualifications avec l’apparition de la Chaise musicale. Les six candidats de chaque équipe devront chanter devant leur coach pour espérer obtenir une place sur les deux chaises qui les mèneront à la demi-finale. «Mais ce n’est pas parce qu’un candidat est assis sur une chaise qu’il a sa place garantie. Le candidat qui va chanter après lui peut le déloger si le coach le trouve meilleur. La chaise est comme une option pour les coachs. S’il n’y a personne de meilleur que le premier candidat qui s’assoit dans la chaise, il va obtenir son laissez-passer pour la suite.»