L’hiver de nos snowbirds: l’appel de la chaleur plus fort que tout

Elisa Cloutier et Diane Tremblay

2020-12-12T05:00:00Z

L’idée de supporter l’hiver québécois fait frémir les snowbirds, pour qui l’appel de la chaleur est plus fort que tout. Malgré les recommandations du gouvernement fédéral, qui déconseille tout voyage à l’étranger jugé «non essentiel», plusieurs snowbirds ont tout de même décidé de s’envoler vers le Sud. Parmi les témoignages recueillis par Le Journal, la plupart d’entre eux s’estiment bien couverts par leurs assurances voyage et ne craignent pas de contracter la COVID-19 en Floride. 

• À lire aussi: Des Québécois partent vers le Sud coûte que coûte

«Pour moi, l’hiver, c’est fini»  

Marie Lévesque et Gilles Séguin
Marie Lévesque et Gilles Séguin Photo courtoisie

Il n’était pas question pour Gilles Séguin, un ancien facteur de 75 ans, de rester au Québec cet hiver, lui qui a mis une croix sur la saison froide à sa retraite, il y a 20 ans.

«J’ai tout donné [dans le cadre de mon métier]. Pour moi, c’est fini, l’hiver», affirme le résident de Québec.

Comme chaque année, il est parti vers Tamarac Lakes, près de Fort Lauderdale. Il reviendra lorsque «tout est fondu», en mai.

Publicité

M. Séguin admet toutefois que son expérience sera bien différente cette année, puisque la plupart de ses connaissances restent au Québec.

«Cette année, il n’y aura personne. Les 4 à 7, on oublie ça. Je ne sortirai pas beaucoup. Je vais tourner autour de ma maison et aller faire ma grocery avec le masque», dit-il.

«Je vais faire la même vie que je fais ici, je ne suis pas inquiet du tout [de contracter le virus]», poursuit-il. 

Partir, même si c’est «un paquet de troubles»  

Photo Diane Tremblay
Photo Diane Tremblay

Originaire de Chicoutimi, André Girard aussi n’en peut plus. Depuis dix ans, lui et sa conjointe passent leurs hivers au Mexique, dans la région d’Acapulco, où ils retournent encore cette année.

«Le désir de s’en aller au chaud, c’est très, très fort, même si c’est un paquet de troubles», a-t-il confié au Journal.

Exceptionnellement, leur motorisé de 36 pieds passera l’hiver au froid tandis que ses propriétaires partiront dans le Sud.

Cela implique plusieurs choses à faire pour préparer le véhicule afin que le froid n’occasionne pas de bris.

«J’ai avisé ma conjointe que, pour être capable d’aller là-bas, il faut être assez forts pour résister à la panique, car à la télévision, on reçoit juste des mauvaises nouvelles du Québec.» 

​Contourner la fermeture terrestre  

Photo Diane Tremblay
Photo Diane Tremblay

Gilles Martel, retraité de Transcontinental à Québec, est un habitué des voyages en Floride. Il y passe ses hivers depuis 17 ans, avec son épouse, dans une roulotte qu’il possède à Fort Lauderdale.

Cette année, cependant, à cause de la fermeture de la frontière terrestre, il partira seul en avion, tandis son épouse fera en solitaire le long trajet de 2900 km par la route puisqu’elle détient la citoyenneté américaine.

Ce dernier s’estime bien assuré avec une couverture de 5 M$ pour six mois qui lui coûte 1400 $, soit 200 $ de plus que l’année dernière.

«Si c’était si dangereux, les compagnies ne nous assureraient pas pantoute ou la prime coûterait 10 000 $», dit-il.

Publicité