Le Canadien a encore ses chances

Michel Bergeron
C’est loin d’être le scénario idéal pour la Sainte-Flanelle de quitter la Floride avec un déficit de 0-2 dans la série finale de la Coupe Stanley, mais il y a place à l’optimisme après avoir vu la formation montréalaise dominer le Lightning dans la deuxième rencontre.
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Andreï Vasilevskiy est la seule raison pour laquelle la série n’est pas égale en ce moment. Même son entraîneur a abondé en ce sens après la rencontre. Montréal devra résoudre le problème russe s’il veut soulever le précieux trophée en juillet.
Une partie de la solution passe par un échec avant plus soutenu. Un peu plus de pression sur la défensive de Tampa Bay permettrait une meilleure implication des défenseurs du Tricolore en zone offensive adverse.
Ce n’est pas la première fois qu’il y a un doute qui subsiste autour du Canadien pendant les séries. Chaque fois, Montréal a su se relever en jouant son meilleur hockey. Il devra le faire à nouveau.
Un but qui fait mal
Un mauvais jeu peut parfois changer complètement un match. Le deuxième but du Lightning avec des poussières au cadran s’inscrit parfaitement dans ce registre. Le Canadien jouait tellement bien avant cette bourde. C’était pourtant un duo expérimenté de défenseurs sur la glace, ce qui est souhaitable en fin de période.
Le rythme du match a changé à partir de ce moment. Montréal a essayé de revenir en troisième période, mais le mal était fait.
Quelque chose me dit qu’il pourrait y avoir des changements dans l’alignement montréalais pour le match de vendredi soir. La fatigue chez certains joueurs est évidente et une décision en ce sens pourrait aider à changer le rythme.
Il faut également donner du crédit au directeur général Julien BriseBois pour l’assemblage du troisième trio de Tampa Bay.
Les acquisitions de Barclay Goodrow et de Blake Coleman combinées à l’attaquant Yanni Gourde font des trois joueurs un trio tellement dynamique.
La fierté de Saint-Narcisse-de-Beaurivage est simplement en feu.
Il n’y a pas de surprise à avoir avec le rendement de Gourde. C’était prévisible qu’il serait à son meilleur face à Montréal comme c’est si souvent le cas avec des Québécois qui affrontent le Canadien.
Il demeure que le CH a raté une belle occasion de niveler la série avec le Lightning qui a disputé une partie franchement ordinaire. Il serait improbable de voir la formation de la Floride disputer deux matchs consécutifs de la sorte.
Price doit se lever
Pour avoir une chance d’avoir un défilé sur la rue Sainte-Catherine, Carey Price doit redevenir le gardien dominant qu’il était dans les trois premières séries.
Sans être mauvais, Price n’a pas fait la différence en Floride et son homologue lui a été supérieur. Une situation qui devra s’inverser pour obtenir un résultat différent.
J’ai été déçu d’apprendre le refus des autorités d’accéder à la demande du Canadien d’augmenter le nombre de spectateurs même si je comprends cette décision.
Tampa Bay possède un avantage indéniable de ce côté avec un amphithéâtre rempli au maximum de sa capacité.
Il demeure que Montréal retourne à la maison et peut compter sur l’appui de la foule et de toute la province.
Le retour de Dominique Ducharme derrière le banc amènera une dose d’énergie importante pour l’équipe. Une bouffée d’air frais qui se traduira sur la glace avec une augmentation de l’intensité et de la passion qui peuvent faire basculer une série.
Le Canadien décide encore de son destin un match à la fois...
— Propos recueillis par Jean Carrier
LES ÉCHOS DE BERGIE
Un Québécois dans le désert
La nomination d’André Tourigny comme entraîneur des Coyotes de l’Arizona est pleinement méritée. Le nouvel homme de confiance du directeur-gérant Bill Armstrong a gagné partout où il est passé. Le natif de Nicolet n’est pas seulement un bon entraîneur, mais il est une personne de grande qualité.
Il possède un bagage impressionnant et il a également de l’expérience dans la grosse ligue comme adjoint avec Colorado et Ottawa. Il est venu à mes oreilles qu’il y ait une forte possibilité qu’il amène avec lui Benoît Groulx comme entraîneur adjoint. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle d’Alain Vigneault qui a décidé de s’entourer de Michel Therrien avec les Flyers de Philadelphie.
Autres fleurons du Québec dans la LNH
Le circuit Bettman a fait le plein de Québécois avec la venue d’Alex Tanguay comme entraîneur adjoint avec les Red Wings de Détroit et celle de Sylvain Lefebvre dans le même rôle avec les Blue Jackets de Columbus. Il y a une certaine similarité entre les deux hommes qui ont connu de belles carrières comme joueurs dans la grosse ligue, et ils ont passé les deux dernières saisons comme adjoint dans la Ligue américaine de hockey. À chaque occasion qu’un Québécois accède à la Ligue nationale de hockey, c’est assurément un succès qui rejaillit sur l’ensemble du hockey chez nous.
Le Lightning entre bonnes mains
Jon Cooper est actuellement le meilleur entraîneur de la ligue. Il est toujours calme derrière le banc de Tampa Bay et il semble avoir le respect de tous ses joueurs. Son attitude permet à sa formation de gouverner les situations difficiles avec brio. Il gère les médias de façon magistrale avec un franc-parler qui est parfois désarçonnant. Il a également fait ses preuves puisqu’il dirige pour une neuvième saison l’équipe floridienne. L’adversité qu’il a connue en début de parcours a forgé son identité et l’aide maintenant à trouver des solutions à tous les problèmes. Il est devenu un
entraîneur d’exception.