Le malaise Legault face à Trump
François Legault confronté à ses contradictions identitaires


Emmanuelle Latraverse
La première ministre de l’Alberta a rencontré Donald Trump non pas une, mais deux fois à Mar-a-Lago pendant la fin de semaine. Doug Ford semble avoir un abonnement sur les ondes de Fox News. Et François Legault? Il a lancé un appel au calme sur ses médias sociaux.
Plutôt discret pour un premier ministre soucieux de faire avancer le nationalisme québécois.
C’est tout le dilemme de la crise actuelle.
François Legault ne peut pas jouer le Capitaine Canada et sur certains enjeux, il tend à donner raison à Donald Trump. Malaise.
La forme
L'Équipe Québec que réclame Paul St-Pierre-Plamondon existe déjà.
Tout le gouvernement de la CAQ est mobilisé 24/7, sur menace de tarifs.
La ministre Christine Fréchette est au diapason des acteurs économiques. Les délégations du Québec aux États-Unis sont au front.
Mais l’idée d’une Équipe Québec est une habile manière pour le chef du PQ de placer François Legault face à ses contradictions identitaires.
Et ça fait un beau coup de pub.
Car face à Donald Trump, tout le monde s’agite. Ça fait du bien.
- Écoutez La rencontre de l'heure Latraverse-Bock-Côté où ils analysent entre autres la position de Françoins Legault face à Donald Trump, sur QUB radio :
Le fond
Or s’agiter, c’est justement ce que semble avoir renoncé à faire François Legault. Ses appels paniqués d’avant Noël pour donner la frontière en confession à Donald Trump font place à un argumentaire cohérent sur la dépendance des États-Unis à notre aluminium et à notre industrie aérospatiale.
Certes, le discret travail de coulisses est moins sexy que la cabale de ses homologues provinciaux.
Or il y a un autre aspect à la relative discrétion de François Legault.
On l’a bien compris. Sur le fond, il partage les inquiétudes de Donald Trump sur la frontière et l’immigration.
D’ailleurs, sur la sécurité nationale et les dépenses militaires aussi Donald Trump n’a pas tort.
Ainsi, François Legault fait le pari de ne pas ajouter à la cacophonie.
Au pays du chacun pour soi, il gère ses fougères en attendant qu’Ottawa finisse par gérer les siennes.