Refus de porter le masque dans les lieux publics fermés: le nouveau décret réjouit les commerçants
Les opposants au port du masque peuvent recevoir une amende sur-le-champ depuis samedi

Jérémy Bernier
Pendant que certains continuent de contester le port obligatoire du masque, le décret donnant plus de pouvoir aux autorités pour punir les récalcitrants est accueilli favorablement par les commerçants.
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Depuis samedi, les policiers peuvent désormais remettre des constats d’infraction sur place aux individus qui refusent de porter le masque dans un endroit public.
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Qui plus est, le propriétaire d’un établissement n’est plus le seul responsable si un de ses clients omet de porter le masque.
Ce dernier pourra aussi recevoir une amende s’élevant à 400 $, voire jusqu’à 6000 $ pour un récidiviste.
Ce changement de cap constitue une victoire pour des regroupements de commerçants.
« La police, c’était [les commerçants]. C’est une très bonne affaire d’enlever cette exigence-là. Il fallait que ce soit mis en œuvre », insiste le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Vieux-Québec, Jacques-André Pérusse.

Au cours des derniers mois, les constats d’infraction décernés à des propriétaires d’entreprises se sont avérés rares, sinon inexistants, observent M. Pérusse et son homologue de la SDC Montcalm, Jean-Pierre Bédard.
Mais maintenant que le premier ministre François Legault a tonné que c’était « le temps de sévir », ils se réjouissent de ne plus avoir à porter un chapeau de shérif.
Sensibilisation
Une situation qui soulage également le directeur des relations gouvernementales du Conseil canadien du commerce de détail (CDDD), Jean-François Belleau, qui voit ce décret comme un « appui solide » pour les commerçants.
Toutefois, d’après M. Belleau, les policiers opteront la plupart du temps pour la sensibilisation plutôt que de sévir.
Du moins pendant un certain temps, comme lors de l’obligation du port de la ceinture dans les voitures.
« On va probablement se retrouver dans le même paradigme [que le port de la ceinture] où on va graduellement introduire les sanctions aux gens », croit-il.
Vice-première ministre
Pour la vice-première ministre Geneviève Guilbault, il est nécessaire d’être plus strict et de rappeler à tous les consignes de santé publique pour le bien-être de la société.
« On veut pouvoir continuer de fonctionner, que nos enfants puissent continuer d’aller à l’école, que nos entreprises restent ouvertes, donc il faut respecter les consignes », a-t-elle martelé, samedi, sur les ondes de TVA.
« Plusieurs » interventions
Par ailleurs, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a assuré que des interventions en lien avec le nouveau décret avaient déjà eu lieu samedi, bien qu’on n’ait pas pu dire le nombre exact.
« Il y a eu plusieurs appels [en ce sens], des actions ont été prises dans différents dossiers », indique sobrement le lieutenant Daniel Paradis, précisant toutefois ne pas avoir été « inondé » par ceux-ci.
Du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on ne détenait aucune statistique sur le nombre d’amendes distribuées samedi.
- Avec Arnaud Koenig-Soutière et l’Agence QMI