Éliot Grondin: le petit planchiste devenu grand


Jessica Lapinski
Dominique Maltais se souvient d’un ado de 14 ans, tout petit, mais déjà trop fort pour sa catégorie d’âge. La planchiste siégeait au sein du conseil d’administration de Snowboard Québec et l’organisation faisait face à un dilemme : fallait-il donner la permission à Éliot Grondin de compétitionner chez les seniors avec des athlètes plus grands, plus forts que lui ?
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« Il leur arrivait aux épaules ! se rappelle la double médaillée en snowboard cross, jointe samedi par Le Journal. C’était sûr qu’il allait se faire bousculer, mais il fallait qu’il apprenne à “rider” dans le trafic. Ça allait lui donner de l’expérience. »
Quand Maltais a vu la descente individuelle de Grondin, celle qui lui a valu une médaille de bronze, elle s’est dit que Snowboard Québec avait eu raison de lui accorder cette exemption.
« Même s’il y avait du trafic autour de lui, il s’est concentré sur ce qu’il devait faire. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. On a tous tendance à se raidir quand il y a d’autres compétiteurs autour de nous, mais Éliot, ce n’est pas son cas », se réjouit-elle.
De la fibre de champion
Il y a longtemps que Maltais connaît Grondin. Quand il avait 12 ans, le jeune athlète de Sainte-Marie allait à Stoneham, voir ses idoles compétitionner en Coupe du monde.
Mais vite, la médaillée d’argent des Jeux de Sotchi a constaté que ce petit planchiste pouvait aspirer à glisser dans les traces des meilleurs.
Plus tôt cette semaine, Maëlle Ricker, aujourd’hui entraîneuse-chef de l’équipe canadienne de snowboard cross, a évoqué un message qu’elle avait reçu de sa coéquipière il y a plusieurs années.
« Éliot n’avait que 12 ans et Dominique m’avait dit qu’un jeune s’en venait et qu’il serait vraiment fort », a raconté Ricker à notre collègue Richard Boutin.
« C’est sûr que moi j’ai toujours poussé pour nos Québécois, confirme Maltais. Éliot, ça fait longtemps qu’on voit que c’est un athlète qui se démarque des autres. Probablement que je me suis réjouie de dire à mes collègues qu’on avait de la fibre de champion au Québec. »
Deux médailles dans ses valises
Et elle avait vu juste, la « fierté de Petite-Rivière-Saint-François ». À seulement 20 ans, dans une discipline où les meilleurs se distinguent grâce à leur expérience, Éliot Grondin quittera Pékin avec, dans ses valises, une médaille d’argent et une de bronze, cette dernière remportée à l’épreuve par équipes.
Du haut de ses six pieds, le petit planchiste est devenu grand.
« Je sais que depuis son arrivée au sein de l’équipe canadienne, il a vraiment changé la dynamique, affirme Maltais. C’est quelqu’un qui propage le plaisir dans une gang. Il y a une simplicité et une honnêteté dans ce garçon-là. Il est juste là pour triper ! »