Le trafic aérien reprend à l'aéroport de Kaboul

AFP

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2021-08-17T00:47:58Z

Le trafic a repris à l'aéroport de Kaboul, a annoncé du Pentagone, lundi, le général américain Hank Taylor. 

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La situation à l'aéroport, dont les pistes ont été envahies par des milliers de personnes tentant désespérément de fuir l'Afghanistan, s'était à tel point aggravée, lundi après-midi, que tous les vols avaient dû être suspendus plusieurs heures.

Plus tôt dans la journée, les vols avaient été suspendus pendant quelques heures.

Deux hommes armés ont été tués par l'armée américaine, qui a pris le contrôle de l'aéroport, et le chef des forces américaines dans la région a rencontré dimanche les chefs talibans à Doha pour les mettre en garde contre toute ingérence dans les évacuations, a précisé au cours d'un point de presse le porte-parole du ministère américain de la Défense, John Kirby.

«Il n'y a aucun vol arrivant ou partant, civil ou militaire, à cause de la foule sur le tarmac», a-t-il indiqué.

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L'aéroport a été pris d'assaut dans la nuit par des milliers de personnes fuyant les insurgés. «Les forces américaines sont sur place et travaillent avec d'autres militaires, turcs et internationaux, pour disperser les gens. Nous ne savons pas combien de temps cela va prendre», a-t-il affirmé.

Quelque 2500 soldats américains étaient déjà arrivés lundi à l'aéroport de la capitale afghane, et leur nombre devrait atteindre 3000 d'ici la fin de la journée, a précisé le porte-parole. Au total, leur nombre atteindra les 6000 «dans les prochains jours».

Les vidéos de scènes de panique se multipliaient sur les réseaux sociaux, certaines montrant des Afghans courant après un avion de transport militaire C-17, en train de s'accrocher désespérément aux roues ou aux ailes; d'autres, encore, étaient assis sur les ailes alors que l'appareil prenait de la vitesse.

Sept décès à l'aéroport

Le porte-parole n'a pas confirmé les informations de certains médias américains faisant état de sept morts, parmi eux des personnes tombées d'un avion au décollage, mais il a admis que les images étaient «dérangeantes».

«C'est pourquoi nous travaillons méthodiquement pour rétablir un environnement sûr dans les prochaines heures, afin que les opérations aériennes puissent reprendre», a ajouté M. Kirby.

Les soldats américains ont tué deux hommes armés sur ce même tarmac, a-t-il précisé, faisant état d'informations préliminaires sur un soldat américain blessé.

«Au milieu des milliers de personnes qui se trouvaient là pacifiquement, deux types ont brandi leurs armes d'un air menaçant», a dit à l'AFP un responsable du Pentagone ayant requis l'anonymat. «Ils ont été tués tous les deux.»

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Surpris par la rapidité de l'effondrement du gouvernement afghan, les militaires américains doivent maintenant évacuer plus de 30 000 personnes par un pont aérien entre Kaboul et les bases américaines au Koweït et au Qatar.

L'objectif est d'abriter 22 000 personnes sur des bases militaires aux États-Unis et 8000 autres dans un pays tiers, a précisé le porte-parole sans nommer le pays concerné.

Pour tenter d'assurer la sécurité de cette évacuation, le chef des forces américaines dans la région, le général Kenneth McKenzie, a rencontré dimanche à Doha les dirigeants des insurgés.

«Le général a été très clair dans ses discussions avec les talibans: toute attaque contre nos soldats ou contre les opérations à l'aéroport recevra une réponse immédiate et énergique», a déclaré John Kirby.

Les États-Unis, qui ont dépensé des centaines de milliards de dollars depuis 20 ans en Afghanistan, se sont dits déçus par la déroute totale de l'armée afghane, qu'ils ont armée et formée.

«On peut financer, on peut former, on peut conseiller, on peut assister», a déclaré M. Kirby. «On ne peut pas acheter la force de caractère, on ne peut pas acquérir du leadership, et le leadership manquait.»

Les talibans «prêts à protéger» l’accès à l’aéroport de Kaboul, assure la Maison-Blanche  

Les talibans sont «prêts à protéger» l’accès à l’aéroport de Kaboul pour les civils évacués par les Américains, a assuré mardi le conseiller du président Joe Biden à la sécurité nationale, Jake Sullivan.

Des milliers d’Américains vivant en Afghanistan et d’Afghans ayant aidé les Occidentaux veulent quitter le pays, craignant des représailles des talibans, mais ils sont toujours bloqués à l’extérieur de l’aéroport, dans des zones contrôlées par les insurgés.

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Les insurgés ont dit aux États-Unis «qu’ils étaient prêts à protéger l’acheminement en toute sécurité des civils vers l’aéroport et nous avons l’intention de leur faire respecter cet engagement», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche. 

Le conseiller a toutefois fait état d’informations selon lesquelles des personnes auraient été «refoulées, repoussées ou même battues» en chemin vers l’aéroport. «Nous nous en saisissons par le biais d’un canal avec les talibans pour essayer de résoudre ces problèmes.»

«Mais dans l’ensemble, nous avons constaté que les gens ont pu arriver à l’aéroport», a-t-il assuré. «Un très grand nombre ont pu se rendre à l’aéroport», a-t-il répété, reconnaissant cependant que «la situation change d’heure en heure».

Pourtant, à Berlin, le chef de la diplomatie allemande a déploré les entraves des talibans contre des Afghans candidats au départ.

«Les talibans ont installé des points de contrôle partout dans la ville et contrôlent toute la zone et les environs de l’aéroport», a déclaré Heiko Maas. Les seules personnes autorisées à entrer dans l’aéroport sont selon lui «les étrangers, mais aucun travailleur local ni aucun citoyen afghan» n’y a accès.

«5000 à 9000 départs»

Washington, qui a établi une ligne de communication entre les militaires américains sécurisant le tarmac et les talibans contrôlant la capitale afghane, négocie en outre avec les insurgés au sujet du «calendrier» des évacuations, a indiqué le conseiller du président Biden.

«Nous pensons pouvoir faire ça jusqu’au 31 août», a indiqué M. Sullivan. «Nous discutons avec eux du calendrier exact.»

Les États-Unis ont continué, mardi, à renforcer leur dispositif militaire à l’aéroport de Kaboul pour accélérer le rythme des évacuations. 

Un millier de soldats américains sont arrivés dans la nuit et 700 à 800 personnes ont été évacuées depuis lundi soir, dont 165 Américains, a indiqué à la presse le général Hank Taylor, un responsable de l’état-major américain.

Les renforts militaires, qui doivent continuer d'arriver dans les jours qui viennent, vont permettre d'«accélérer» les évacuations pour les porter à un vol par heure «au cours des prochaines 24 heures», a-t-il précisé.

«Au maximum de nos capacités, nous tablons sur 5000 à 9000 départs par jour, a ajouté le général Taylor, mais nous sommes conscients qu’un certain nombre de facteurs influencent cet objectif.»

Ce responsable militaire a souligné que les opérations n’avaient pas été entravées par les talibans. «Nous n’avons eu aucune interaction hostile, aucune attaque ni menace de la part des talibans», a-t-il dit.

Il a aussi révélé que des soldats afghans qui n’ont pas capitulé devant les talibans étaient parvenus à rejoindre l’aéroport de Kaboul et participaient aux opérations d’évacuation.

«Nous avons 500 à 600 hommes des forces afghanes qui nous aident à assurer la sécurité», a-t-il dit.

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