Le vaccin d’AstraZeneca pas prêt à être autorisé au Canada

Dominique Lelièvre
Un troisième vaccin contre la COVID-19 connaît maintenant son heure de gloire alors que celui d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford a reçu une autorisation d’urgence mercredi au Royaume-Uni. Il faudra toutefois patienter pour le voir arriver en sol canadien.
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Après les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna, le produit développé conjointement par l’université et le groupe pharmaceutique britannique est le troisième à retenir l’attention sur la scène internationale.
Ottawa a signé une entente lui garantissant jusqu’à 20 millions de doses de ce vaccin, soit suffisamment pour immuniser 10 millions de Canadiens. C’est sensiblement moins que les accords signés avec Pfizer (jusqu’à 76 M de doses) et Moderna (jusqu’à 56 M).
Son évaluation par Santé Canada n’est toutefois pas terminée. L’agence réglementaire a signalé mercredi qu’AstraZeneca doit encore lui fournir des données. Ainsi, elle « ne peut fournir d’échéancier précis quant à la fin [de son] processus d’examen ».
Moins cher
Outre-mer, une approbation par l’Agence européenne des médicaments avant février semble improbable. Tandis qu’aux États-Unis, on mise sur une autorisation en avril.
Moins dispendieux que ses rivaux et plus facile à stocker, le vaccin d’AstraZeneca-Oxford et son déploiement au Royaume-Uni fait néanmoins l’objet d’une grande attention.
Ses atouts pourraient le rendre très utile pour vacciner dans les maisons de retraite, dans les communautés éloignées et dans les pays en développement, et faire de lui un des vaccins dominants dans le monde.
Par contre, des questions subsistent quant à son efficacité. Dans les essais cliniques, elle variait significativement en fonction de la quantité de la dose initiale et du délai qui sépare les deux injections requises.
Programme ambitieux
Au Royaume-Uni, 530 000 doses sont attendues dès la semaine prochaine, sur un total de 100 millions de doses commandées.
Le gouvernement britannique a mis en place un programme ambitieux qui prévoit de vacciner bientôt deux millions de patients par semaine, avec l’aide des deux vaccins à sa disposition : celui qui vient d’être approuvé et celui de Pfizer-BioNTech, le seul autre actuellement homologué dans les contrées anglaises.
Pour y arriver, le pays de Boris Johnson, l’un des plus endeuillés d’Europe, permettra d’administrer toutes les doses reçues sans attendre plutôt que d’en mettre la moitié de côté en prévision de la deuxième injection. Quitte à faire celle-ci dans un délai plus long pouvant aller jusqu’à 12 semaines.
Cette stratégie a reçu l’appui de certains scientifiques et est envisagée par d’autres législations, y compris au Québec, mais les données pour la soutenir sont encore limitées.
— Avec l’AFP et Agence QMI
LE VACCIN D’ASTRA ZENECA/OXFORD
- Efficacité de 62 % à 90 % selon le protocole d’administration
- Nécessite deux doses à un mois d’intervalle
- Coûte environ 4 $ par dose
- Stable au réfrigérateur pendant six mois
- Basé sur un vecteur viral : un virus commun et inoffensif pour l’humain est modifié pour éduquer le système immunitaire à reconnaître une protéine clé du coronavirus