Enseignement du français: Drainville refuse de s’avancer au sujet d'une liste de lectures communes à l'école
Gabriel Côté
Le ministre Drainville refuse de s’avancer au sujet de l'élaboration d'une liste de lectures communes pour les jeunes Québécois incluant davantage de classiques littéraires.
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«Évidemment, c’est une bonne idée que nos élèves soient exposés aux textes classiques de la littérature», a convenu le cabinet du ministre de l’Éducation Bernard Drainville, dans une déclaration écrite en réaction à la sortie de trois enseignants au secondaire dans le Journal, mardi.
Ceux-ci ont déploré le manque de balises en ce qui concerne les textes pouvant être enseignés à l’école, et ont donc plaidé en faveur de l’élaboration d’un répertoire argumenté d’œuvres, arrimé avec le programme, qui permettrait à tous les enseignants au Québec de s’appuyer sur des «bases communes».
Sur cette question précise, le cabinet de M. Drainville a refusé de s’avancer. «Nous faisons confiance aux enseignants et au personnel des bibliothèques scolaires pour choisir les livres qui sont les plus adaptés aux intérêts de leurs élèves», a-t-on simplement noté.
Il faut «dépoussiérer les programmes», pense le PQ
Le Parti québécois s’est pour sa part dit favorable à l’élaboration d’un répertoire d’œuvres comme le proposent les trois profs.
«On doit dépoussiérer les programmes de français au secondaire et fournir aux enseignants un vrai corpus d'œuvres classiques, québécoises et d'ailleurs, afin qu'ils initient les élèves aux textes fondamentaux qui forment notre culture», a souligné le député péquiste Pascal Bérubé dans un courriel à l’Agence QMI.
Comme les enseignants, M. Bérubé déplore que l’absence de «directives claires au niveau national» fasse en sorte que «tout un pan de la culture commune de langue française est partagé de façon inégale au Québec».
«Avec les années, on a trop souvent misé sur les cours de littérature au cégep pour défendre la culture littéraire auprès des jeunes, ajoute le député du PQ. Tous les jeunes ne vont pas au cégep, mais tous les jeunes méritent de partager un fonds culturel commun, c'est au cœur de la mission même de l'enseignement du français.»
«Comme dans n'importe quel autre système d'éducation dans le monde, les élèves québécois devraient tous, au terme de leur formation obligatoire, connaître quelques-unes des grandes œuvres qui ont marqué la culture d'ici», a conclu M. Bérubé.
Pas une mauvaise idée, dit QS
Du côté de Québec solidaire, on estime qu’il ne serait «pas une mauvaise idée d’avoir un répertoire commun qui englobe des classiques de la littérature québécoise et internationale», mais en ajoutant qu’il est important de préserver la liberté pédagogique des enseignants.
«C’est important de respecter l’autonomie des profs dans leur salle de classe. Ce sont les personnes les mieux placées pour décider quelles œuvres faire découvrir à nos jeunes», a fait valoir par courriel la députée de QS Ruba Ghazal.
Au moment d’écrire ces lignes, les libéraux n’avaient pas répondu aux questions de l’Agence QMI.