Legault n’exclut pas de couper l’Hydro aux Américains pour répondre à Trump

Guillaume St-Pierre et Raphaël Pirro

2025-01-15T16:23:33Z

Le Québec doit réagir avec force aux tarifs du président américain Donald Trump et rien ne devrait être exclu, pas même de couper l’hydroélectricité aux Américains ni d’imposer des tarifs sur l’aluminium, a déclaré François Legault au sommet des premiers ministres qui se tient à Ottawa, mercredi.

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«Actuellement, on n’exclut rien. Il y a plusieurs scénarios envisagés, mais on n’exclut rien», a répondu le premier ministre à une question portant sur l’hydroélectricité du Québec comme levier de négociation.

«Si effectivement il y a des tarifs la semaine prochaine, on veut aujourd’hui préparer différents scénarios de représailles, a ajouté M. Legault. On ne se laissera pas faire. Le Canada doit réagir si les États-Unis mettent en place des tarifs.»

C’est la première fois que le premier ministre québécois déclare avec autant de clarté que rien ne doit être exclu pour combattre les tarifs du président Trump, qui sera assermenté lundi prochain.

Le Québec est le principal exportateur d’électricité aux États-Unis.

M. Legault a aussi identifié l’aluminium comme un autre gros morceau de l’économie québécoise qui pourrait être au cœur de la riposte du gouvernement.

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«Il n’y a pas vraiment de remplacement pour l’aluminium du Québec. Donc, ce que ça veut dire, c’est qu’il y aurait une augmentation de 25% des prix de l’aluminium pour les clients américains. Donc les premiers perdants, ce seraient des clients américains.»

La casquette de Doug Ford

Parmi les premiers ministres qui ont défilé au micro mercredi matin, c’est Doug Ford qui a volé la vedette en se présentant au micro avec une casquette portant l’inscription «Canada is not for sale»: le Canada n’est pas à vendre.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, arborant une casquette avec l’inscription «Canada is not for sale (le Canada n’est as à vendre)».
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, arborant une casquette avec l’inscription «Canada is not for sale (le Canada n’est as à vendre)». Photo RAPHAËL PIRRO

En revanche, M. Ford n’a pas mis de gants blancs.

«Le président Trump veut dévaster le Canada. Il veut dévaster le Canada avec des sanctions, des tarifs... c’est inacceptable», a lancé le premier ministre ontarien, qui est aussi à la tête du conseil de la fédération.

Sans vouloir «dévoiler les cartes» du Canada, Doug Ford a plaidé pour que ses collègues mettent de côté leurs inquiétudes particulières afin de présenter un front uni pour s’assurer d’utiliser «tous les outils dans notre boîte à outils».

Unité?

À leur arrivée à Ottawa, les premiers ministres se sont efforcés de montrer un visage uni, même si la question de l’énergie demeure épineuse.

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, brillait par son absence, elle qui assiste au sommet en visioconférence. Après un passage remarqué à Mar-a-Lago la semaine dernière, Mme Smith a exclu de couper l’acheminement de pétrole aux États-Unis.

De son côté, le premier ministre de Terre-Neuve, Andrew Furey, dont la province exporte du pétrole et de l’hydroélectricité aux États-Unis, n’a pas fermé la porte.

«L’énergie canadienne exportée aux États-Unis est notre reine dans cette joute d’échecs, a-t-il illustré. Les joueurs d’échecs savent qu’il ne faut pas sortir sa reine trop tôt, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’utiliser.»

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