Levez les yeux cette nuit: des aurores boréales pourraient être visibles au Québec

Unsplash / Lucas Marcomini
Photo portrait de Andrea Lubeck

Andrea Lubeck

2024-05-10T18:41:06Z

Avec un peu de chance, de nombreux Québécois pourraient apercevoir des aurores boréales dans la nuit de vendredi à samedi, puisqu’une importante tempête solaire aura lieu. Voici ce qu’il faut savoir.

• À lire aussi: La Terre frappée par une tempête solaire: ça veut dire quoi, au juste?

• À lire aussi: Préparez-vous à un été particulièrement chaud au Québec

Météo Spatiale Canada a émis une veille d’orage géomagnétique majeur, qui se déroulera dès vendredi après-midi jusqu’à 19h le lendemain.

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) croit d’ailleurs que cette tempête solaire pourrait être «inhabituelle et potentiellement historique» en raison de son intensité jamais vue en près de 20 ans.

Ce phénomène augmente les chances d’observer des aurores boréales partout au Canada, un spectacle habituellement réservé aux habitants du Grand Nord.

Ces tempêtes se produisent lorsqu’il y a de l’activité solaire qui cause l’expulsion dans l’espace de bouts du Soleil – ce qu’on appelle des éjections de masse coronale – qui peuvent rencontrer la Terre.

La masse coronale rebondit sur le champ magnétique terrestre et les particules chargées qui restent entrent en contact avec des gaz dans la haute atmosphère de la planète, provoquant des aurores boréales.

Il faut savoir que les tempêtes solaires intenses peuvent également perturber les réseaux électriques et satellitaires. Ça signifie qu’il peut y avoir des pannes de courant, de GPS et d’internet. En 1989, un orage géomagnétique important avait privé le Québec d’électricité durant neuf heures.

Publicité

«Profitez de lété» pour voir des aurores

Le pic du cycle d’une durée de 11 ans de l’activité solaire approche et devrait être atteint d’ici la fin de l’année, expliquait à 24 heures Olivier Hernandez, astrophysicien au Planétarium de Montréal, lors de la dernière tempête solaire importante.

Tout juste avant et après avoir atteint le maximum, c’est là que le plus de tempêtes solaires se produisent, augmentant les chances que des aurores boréales se forment.

«Profitez de l’été qui s’en vient, même si les nuits sont plus courtes. À cause de l’activité solaire de plus en plus forte, allongez-vous dans l’herbe ou le sable, regardez vers le ciel et attendez. On a de fortes chances de voir [des aurores boréales], surtout un peu plus dans le Nord. Ça permet de passer de très bonnes vacances», recommande Olivier Hernandez.

L'indice Kp

Pour voir des aurores à notre latitude, il faut que l’activité géomagnétique, mesurée par l’indice Kp allant de 0 à 9, soit particulièrement intense. Dans la nuit de vendredi à samedi, cet indice sera de 7 entre 23h et 2h et atteindra 8 entre 2h et 4h.

Pour vraiment espérer voir des aurores dans les régions de Montréal et d’Ottawa, l’indice Kp doit atteindre 6 ou 7. Mais attention: il vaut mieux s’éloigner des centres densément peuplés, parce que la pollution lumineuse réduit le niveau de visibilité des aurores.

Une aurore boréale photographiée au Nunavut. Ce phénomène s'observe davantage dans le Grand Nord, situé plus près du pôle Nord magnétique.
Une aurore boréale photographiée au Nunavut. Ce phénomène s'observe davantage dans le Grand Nord, situé plus près du pôle Nord magnétique. COURTOISIE

L'indice Bz

Il faut aussi tenir compte de l’indice Bz, soit «les coordonnées du champ magnétique», pour déterminer nos chances de voir des aurores boréales. Celui-ci doit être orienté vers le Sud pour qu’un plus grand nombre de Québécois puissent assister à ce spectacle dans le ciel, indique M. Hernandez.

Vendredi après-mdi, le champ magnétique était orienté vers le Sud. Il pourrait toutefois changer de direction d’ici samedi.

«Une aurore boréale très intense peut faire descendre [l’anneau] très au sud en latitude, mais si l’indice Bz n’est pas dirigé dans le bon sens, l’anneau va remonter et on ne verra pas tant d’aurores que ça à notre latitude», souligne l’astrophysicien.

La Lune

D'autres facteurs peuvent jouer les trouble-fête, y compris la pleine Lune, «qui agit comme un phare dans la nuit», dont la luminosité surpasse celle des aurores boréales, explique Olivier Hernandez, astrophysicien au Planétarium de Montréal.

Les soirs de pleine Lune, «c’est le pire moment pour avoir une activité solaire». 

Heureusement, seul un croissant de Lune sera visible cette nuit, ce qui signifie que l’astre ne sera pas particulièrement lumineux.

À voir aussi:

Publicité