Macron ira à Washington pour dire à Trump qu'il ne «peut pas être faible» face à Poutine

AFP
Le président français Emmanuel Macron va dire lundi à son homologue américain Donald Trump qu'il «ne peut pas être faible» face au président russe Vladimir Poutine et que son «intérêt stratégique est le même» que celui des Européens.
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«Je vais lui dire: «Au fond tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n’est pas toi, ce n’est pas ta marque de fabrique, ce n’est pas ton intérêt. Comment ensuite être crédible face à la Chine si tu es faible face à Poutine ?», a expliqué le chef de l'État lors d'un échange jeudi avec des internautes sur ses réseaux sociaux.
«Je vais lui dire : «si tu laisses l'Ukraine prise (par Poutine), la Russie sera inarrêtable pour les Européens, pour tous. Elle sera non seulement encore plus forte (...), mais elle va récupérer l'Ukraine et son armée qui est une des plus grandes d'Europe, avec tous nos équipements, y compris américains», a-t-il ajouté, estimant que ce serait une «faute stratégique énorme».
«Toi qui veux que l'Iran n'acquière pas la bombe nucléaire, tu ne peux pas être faible avec quelqu'un qui est en train de l'aider à l'acquérir. Toi qui veux que la Chine ne vienne pas contester Taïwan et autre, comment expliquer que la Chine n'a pas le droit d'envahir Taïwan et que la Russie aurait le droit d'envahir l'Ukraine ?», a poursuivi Emmanuel Macron, déroulant par avance son argumentaire.
«C'est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment parce que l'Europe a une capacité de croissance, un potentiel économique, de coopération avec les Américains», a-t-il ajouté, caressant dans le sens du poil Donald Trump qui entend faire de la «diplomatie transactionnelle», avec à la clé de juteux accords commerciaux, sa marque de fabrique.
«Une ère nouvelle»
Donald Trump a annoncé vouloir négocier la paix directement avec Vladimir Poutine et amorcé sans tarder une normalisation des relations avec Moscou alors que le conflit continue de faire rage en Ukraine, près de trois ans après le début de l'offensive russe, et que les forces ukrainiennes sont à la peine.
Le président français a estimé que «l'incertitude» générée par le nouveau président américain, qui désarçonne la communauté internationale par ses annonces tonitruantes, pouvait être «bonne» et qu'il fallait «l'utiliser» contre Vladimir Poutine.
«Donald Trump arrive avec une nouvelle administration et le président russe le regarde, il ne sait pas ce qu'il va faire (...) Cette incertitude, elle est bonne pour nous et pour l'Ukraine», a-t-il assuré. Mais «ça crée de l'incertitude pour tous les alliés», a-t-il concédé, tout en ajoutant «ne pas croire» que Donald Trump veuille «sacrifier l'Ukraine».
Emmanuel Macron a estimé par ailleurs que «personne n'a le droit de dire» que «l'Ukraine n'a pas le droit de rentrer» dans l'UE ou dans l'OTAN, jugeant que cela »fera partie de la négociation de paix». L'administration Trump a d'ores et déjà exclu toute adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, en ligne avec la position de Moscou.
Il a aussi pris la défense du président ukrainien Volodymyr Zelensky, que Donald Trump a qualifié de «dictateur sans élections» et à qui il devait parler jeudi soir.
«C'est un président élu d'un système libre. Ce n’est pas le cas de Vladimir Poutine qui tue ses opposants et qui manipule ses élections depuis longtemps», a-t-il lancé, quand le président américain suggère de nouvelles élections en Ukraine.
«Est-ce que vous pensez qu'il peut organiser des élections (...) dans un pays où plusieurs millions d'Ukrainiens ont fui pour leur sécurité, où il a mobilisé plusieurs millions d'autres qui sont au front, où il y a 1000 morts et blessés par jour et où il y a toute une bande de son territoire qui est conquise par la Russie?», a asséné Emmanuel Macron.