Menaces, droits de douane et représailles: le point sur la guerre commerciale lancée par Trump

Photo AFP

AFP

2025-03-27T11:30:33Z

Vins, champagne, acier, aluminium, automobile... Difficile de s'y retrouver dans le maquis de taxes douanières punitives appliquées, annoncées ou juste agitées par Donald Trump depuis le début de sa guerre commerciale mondiale.

• À lire aussi: Trump menace le Canada et l'UE de nouveaux tarifs «s'ils travaillent ensemble pour nuire aux États-Unis»

• À lire aussi: Carney doit secrètement remercier Donald Trump

• À lire aussi: Les tarifs de Trump sur les voitures vont faire très mal à tout un écosystème

Les surtaxes en vigueur

Mi-mars, le président américain a fait appliquer 25% de droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium dont le but est de protéger l'industrie sidérurgique américaine, confrontée à une concurrence de plus en plus vigoureuse.

Les États-Unis importent environ la moitié de l'acier et de l'aluminium utilisés dans le pays, et ces sanctions portent en particulier sur le Canada, l'Union européenne, la Chine, le Japon et l'Australie, les principaux partenaires commerciaux des États-Unis.

Pour Pékin, cette sanction est venue s'ajouter à deux premiers trains de mesures annoncées par Donald Trump début février puis début mars, imposant une surtaxe totale de 20% sur les produits importés chez ce rival.

En rétorsion, Pékin applique déjà des taxes notamment contre des produits issus de l'agriculture américaine, à l'instar du poulet, du blé et du coton.

Publicité

La Chine est le pays ayant le plus important excédent commercial avec les États-Unis pour les biens (295,4 milliards de dollars en 2024, selon le département américain du Commerce).

Les sanctions en suspens

La Commission européenne a de son côté annoncé qu'elle allait taxer une série de produits américains allant des bateaux au bourbon en passant par les motos, à partir de mi-avril, en réponse aux taxes sur l'acier et l'aluminium. Cela affectera 28 milliards de dollars de marchandises.

Mais Washington menace déjà en réponse de s'en prendre aux vins, champagnes et autres alcools européens et notamment français, avec une surtaxe de 200%. Ce qui représenterait un coup de massue étant donné que les seuls vins et pétillants représentaient près de 5,2 milliards de dollars dans les exportations européennes vers les États-Unis, selon les chiffres de l'OMC.

Le Canada anticipe de son côté une surtaxe de 25% sur l'ensemble de ses produits le 2 avril, tout comme le Mexique après une suspension de cette mesure début mars par Trump. Et le Canada a d'ores et déjà appliqué la même surtaxe sur près de 30 milliards de dollars canadiens (18 milliards d'euros) de produits américains, notamment de l'acier et de l'aluminium.

Ce 2 avril est une date particulièrement attendue: c'est le jour où Washington doit annoncer ou appliquer ses droits de douane «réciproques», une mesure qui vise les pays émergents qui imposent souvent des droits de douane à des niveaux plus élevés pour protéger leur industrie.

Concrètement, si un produit américain est taxé à 40% en arrivant en Inde, Washington mettra en place le même niveau de taxe dans l'autre sens. Donald Trump entretient le doute depuis quelques jours sur l'ampleur de ces taxes.

C'est également la date à partir de laquelle les États-Unis imposeront des taxes punitives de 25% sur les importations d'automobiles. Cette annonce mercredi a suscité jeudi un tollé mondial et fait plonger en Bourse les titres des constructeurs.

Les autres menaces

Le président américain a menacé d'ajouter 25% de droits de douane aux pays qui achètent du pétrole vénézuélien, là encore à partir du 2 avril, estimant que Caracas est «très hostile» aux États-Unis.

L'UE reste aussi dans le viseur des États-Unis. Fin février, Donald Trump a averti que les produits de l'UE feraient «prochainement» l'objet de 25% de droits de douane.

Des voitures allemandes aux médicaments fabriqués en Irlande, nombreux sont les secteurs à exporter leurs biens et leurs services vers les États-Unis, engendrant un excédent commercial en faveur de l'UE estimé en 2023 à 50 milliards de dollars par Bruxelles.

Publicité