Michelle Houde explique comment l’infarctus se manifeste différemment chez les femmes

Équipe Salut Bonjour

2026-02-10T16:56:28Z

Notre collaboratrice, Michelle Houde, était avec nous ce matin pour discuter de la santé des femmes et plus particulièrement des particularités de santé qui différencie les femmes.

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Revoyez la chronique complète dans la vidéo en tête de cet article.

«Je voulais parler de différentes différences entre la santé des femmes et la santé des hommes et du retard qu'on a en science dans la recherche sur la santé de la femme, parce qu'on a longtemps exclu les femmes de la recherche. La recherche médicale scientifique était faite un peu par des hommes blancs pour des hommes blancs. Un des exemples vraiment frappants, que la ceinture de sécurité dans les autos a été développée sur des modèles, des dummies qu'on appelle, masculins avec des proportions normales, masculines. Et des fois, on avait aussi des modèles féminins, mais c'était juste le modèle masculin plus petit. Par exemple, mais on ne prenait pas en considération non plus la la différence de distribution du poids, par exemple. Alors ça, c'est c'est un exemple frappant qui fait que, bien, il y a plus de risques, notamment de dommages sur le corps, de dommages corporels lors d'un accident pour un corps de femme ou un corps qui ne respecte pas les standards de ce modèle masculin.»

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Quand on fait des recherches sur les médicaments, est-ce qu'on apportait aussi une certaine nuance entre pour homme et pour femme ou ça a été longtemps mis de côté?

«Ça a été longtemps mis de côté. C'est un problème qu'on est pris avec beaucoup de retard parce qu'on le sait, le corps de la femme avec le cycle hormonal est immensément complexe. On a une grande variation d'hormones au fil du mois et ça amenait une complexité quand on venait à tester des médicaments, à développer différents outils. Alors on excluait tout simplement les femmes de ces recherches-là en disant ça va être plus simple de développer les médicaments juste sur les hommes, alors que bien entendu, ça aurait été une raison de l'investir davantage le corps de la femme. Aujourd'hui, par contre, ce n'est plus le cas. On investit de plus en plus le sujet de la santé de la femme, on inclut des femmes et une diversité de personnes dans les études, mais on est pris avec un retard quand même.»

Oui, entre autres pour l'autisme, pour les infarctus aussi. Tu as pu constater des choses en te penchant là-dessus.

«Oui, le développement d'outils diagnostiques, par exemple, pour les cliniciens, peut être fait pour certaines maladies sur la présentation des symptômes sur des hommes, notamment pour les symptômes d'infarctus. On a des symptômes qui sont beaucoup plus clairs pour les hommes que pour les femmes. Ce n'est pas seulement une question de sexisme ou de discrimination, c'est plus compliqué, complexe d'identifier les symptômes d'infarctus chez une femme. Ça peut se présenter de manière moins directe. Donc une sensation de malaise, nausée, mal de ventre, ne pensez pas qu'avec ces symptômes-là, vous avez un infarctus. Il ne faut pas l'exclure. Alors que chez un homme, c'est plus typiquement reconnaissable, on va dire une grosse pression à la poitrine, une douleur dans le bras, comme on voit dans les films par exemple.»

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La douleur chez la femme, est-ce que c'est bien pris en considération? Tu sais, longtemps, on a dit, on a ramené ça à nos menstruations, la douleur, tout le temps-là. Alors, où est-ce qu'on en est dans la discussion sur la douleur entre le médecin et sa patiente?

«Moi, je souhaitais croire que les choses allaient très bien. Mais je reçois beaucoup de témoignages de la part de patientes qui sentent que leur douleur n'est pas prise au sérieux. Et quand j'ai rencontré différents spécialistes dans le cadre d'une série sur la santé des femmes, c'est bien vrai, pour une même douleur, on prescrit moins d'antidouleurs, d'analgésiques aux femmes qu'aux hommes. Parfois, on attribue ça à la santé mentale, mais ce n'est pas parce qu'on a mal en lien avec notre santé mentale que ce n'est pas une vraie douleur. La douleur n'est que perception. Alors il n'y a aucune raison de ne la prendre au sérieux. Et si la douleur est liée au cycle menstruel, ce qui est souvent ce qu'on pense, bien une douleur du cycle menstruel au point de se tordre de douleur par terre, ce n'est pas une douleur normale non plus. Alors oui, il reste du chemin à parcourir dans l'écoute des plaintes des femmes, la reconnaissance des symptômes, puis l'attention qu'on y porte.»

Oui, puis le jugement aussi sur le corps de la femme maintenant. Dans la société, puis dans le cabinet du médecin, On en est où dans cette discussion-là maintenant?

«Je pense qu'on avance, mais moi, un fait qui m'a fasciné, que j'ai appris aussi d'un expert en santé métabolique, c'est la distribution des graisses chez les hommes et chez les femmes. Donc, on juge beaucoup notamment la cellulite, mais la cellulite, c'est du gras qui est déposé juste sous la peau. Alors ça, ce n'est pas un signe d'une mauvaise santé. La graisse qui est sous la peau, elle n'est pas inflammatoire, elle n'est pas dangereuse pour la santé. C'est plutôt la graisse qui est autour des organes à l'intérieur du ventre, qui peut être inflammatoire, qui peut poser des risques à la santé. Alors, on juge souvent, on juge tous les corps, femmes ou hommes, mais on juge notamment la cellulite, le pourcentage de gras plus élevé d'une femme par rapport à un homme, ce qui est complètement normal. Mais on juge des des choses qui ne sont pas nécessairement liées à la santé. Bien, même si c'était lié à la santé, ne faudrait pas les juger là. Alors on n'a aucune raison de s'inquiéter de la cellulite.»

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