Pandémie: écoutons aussi les oppositions

Mathieu Bock-Côté
C’est un réflexe compréhensible : en cas de crise, une population, naturellement, a comme réflexe de resserrer les rangs autour du gouvernement. Pour traverser l’épreuve, mieux vaut être unis que divisés.
Mais plus l’épreuve dure et plus ce consensus se fragilise, surtout dans une démocratie, qui valorise la diversité des points de vue.
La chose devrait encore plus aller de soi depuis qu’on nous parle d’une nouvelle normalité, engendrée par la COVID.
- Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté à QuB Radio:
Consensus
On nous répète avec raison, depuis près d’un an, qu’il n’existe aucun manuel expliquant comment gérer une pandémie. C’est juste, et c’est ce qui explique l’indulgence légitime de la population à son endroit.
À peu près tout le monde comprend qu’il fait de son mieux.
Mais cela devrait s’accompagner d’une semblable indulgence pour les partis d’opposition, qui souvent, pointent un angle mort dans la gestion gouvernementale. Hélas, plusieurs ne sont pas loin de traiter chaque critique comme un acte de sédition et de trahison.
Pourtant, quand QS questionne la légitimité et les modalités du couvre-feu, il pose de vraies questions.
Quand le PQ rappelle l’importance de la santé mentale et s’en prend à la gestion des frontières catastrophique du gouvernement fédéral, il est plus que pertinent.
Démocratie
Quand le PLQ rappelle l’importance du dépistage massif pour traverser la dernière étape de la pandémie, il doit être pris au sérieux.
J’ajouterais même que lorsqu’Éric Duhaime, candidat à la chefferie du petit Parti conservateur du Québec, plaide pour la fin du couvre-feu et la suspension de certaines mesures sanitaires, il est bien qu’on l’entende, non pas parce qu’on partage son point de vue, mais parce que le segment de la population qui se reconnaît dans cette critique doit aussi se retrouver dans l’espace public.
C’est lorsque le malheur populaire ne trouve plus d’échos politiques qu’il se radicalise.
Résumons ainsi : la démocratie est compatible avec la COVID.