Passer d’une zone COVID-19 à l’oncologie
Un déplacement de personnel décrié à Longueuil

Hugo Duchaine
Un syndicat accuse un hôpital de Longueuil de « jouer avec le feu » en déplaçant un employé de bureau de l’unité COVID-19 à celle d’oncologie à plusieurs reprises.
« Nous ne comprenons pas pourquoi l’employeur prend ce risque », déplore Daniel Laroche, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est.
C’est avec crainte et étonnement qu’il a appris qu’un agent administratif travaillant dans une unité pour les patients infectés par la COVID-19 à l’hôpital Pierre-Boucher avait été appelé à migrer à au moins quatre reprises depuis la fin octobre au département d’oncologie, sans quarantaine.
Président syndical
« À la première vague, l’employeur nous avait avisés que l’oncologie, c’était hermétique, aucun déplacement, rien qui bougeait », dit M. Laroche.
Il reconnaît qu’il ne s’agit pas d’un employé faisant partie de l’équipe soignante, mais il souligne qu’en travaillant à l’accueil, il pourrait être en contact avec d’autres employés ou des visiteurs.
Et ce n’est pas un cas unique, s’inquiète M. Laroche. Il précise que, récemment, un membre et employé du service alimentaire d’un CHSLD de Longueuil ayant des patients infectés à la COVID-19 a dû se rendre au boulot dans un autre centre d’hébergement pourtant épargné.
Protéger tout le monde
Il estime que, pour protéger la santé des personnes vulnérables et des travailleurs, l’interdiction de déplacement de personnel ne devrait pas concerner uniquement les infirmières et les préposés.
Par courriel, le porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est, Hugo Bourgoin, reconnaît que le « risque zéro n’existe pas ».
Il assure cependant que des mesures sont prises pour limiter les risques. Par exemple, le poste du personnel de bureau est isolé par rapport à la zone chaude, écrit-il. Il ajoute que les employés des services alimentaires ne vont pas dans les zones chaudes des établissements.