Plante c. Coderre: le combat sera musclé


Josée Legault
Le nouveau programme politique – oups, le nouveau livre – de Denis Coderre arrive aujourd’hui en librairie. Avec son titre qui laisse peu de place à l’imaginaire – Retrouver Montréal –, l’ex-maire semble fin prêt à tenter sa reconquête de la métropole.
Depuis sa défaite en 2017 aux mains de Valérie Plante, jadis « l’homme de la situation », le désir profond de Denis Coderre pour un retour à la mairie est le plus gros secret de Polichinelle de la province.

Après son admirable remise en forme physique, entre autres par la boxe, le politicien de longue date jure qu’il aurait aussi beaucoup changé sur le « fond ».
Il serait donc devenu moins arrogant, plus à l’écoute. Voire plus ouvert aux questions environnementales, de transport collectif et du « vivre-ensemble » – les trois évangiles de la mairesse sortante.
La campagne municipale de l’automne donnera amplement l’occasion aux Montréalais de bien mesurer l’ampleur réelle ou factice du Coderre « nouveau ».
Combat musclé
Le combat s’annonce musclé. Valérie Plante appelle même ouvertement Denis Coderre à ouvrir son jeu illico. Fini, répète-t-elle avec plaisir, l’effeuillage auquel il s’adonne depuis des mois.
La mairesse fait d’ailleurs feu de tout bois. Après avoir bien géré la pandémie dans sa propre juridiction, mais aux prises avec des divisions au sein de son propre parti, Projet Montréal, Mme Plante multiplie ses flèches.
Alors qu’on ne lui avait jamais connu de sensibilité sur le sujet, elle dépose même un plan d’action pour mieux promouvoir la langue française. Personne ne boudera son offre. Le fait est néanmoins qu’il arrive tard. Le déclin du français dans la métropole étant amorcé depuis belle lurette.
« La langue française, c’est ce qui doit nous lier les uns aux autres, jure-t-elle dorénavant. Le moment où la Ville de Montréal restait sur les lignes de côté à regarder passer la parade, c’est fini. »
Le problème est que la mairesse, jusqu’à maintenant, faisait elle-même partie du club des éternels attentistes dans le domaine. Idem, par ailleurs, pour ses prédécesseurs.
Retrouver Denis Coderre ?
Bref, comme me disait une amie, sourire ironique en coin, à voir Mme Plante se mobiliser sur tous les fronts, on devrait avoir des élections chaque année. Quels que soient la mairesse ou le maire sortant, les Montréalais en seraient sûrement les grands gagnants...
Parce qu’il tente un retour, les projecteurs se braqueront toutefois souvent sur Denis Coderre. Car s’il entend « retrouver Montréal », il devra tout d’abord convaincre suffisamment de Montréalais de vouloir le « retrouver » à leur tour.
L’ancien maire ne l’aura donc pas plus facile que son adversaire principale. Pour le moment, il semble aussi qu’il ne manquera pas non plus d’autres candidats et candidates possibles à la mairie.
L’avantage potentiel d’une lutte aussi intense pour la mairie n’est certes pas à négliger. Si les Montréalaises et Montréalais sont chanceux, peut-être auront-ils droit à des visions politiques et sociales plus étayées que d’habitude.
Parce que Montréal, même avant la pandémie, se portait déjà plutôt mal. Face à la COVID-19, si autant de ses résidents prennent la poudre d’escampette vers les banlieues et les régions, ça ne tient pas du hasard.