Profs non qualifiés recherchés: une solution «acceptable», selon le ministre Drainville

Vaut mieux un prof non qualifié qu'une chaise vide, fait valoir le ministre

Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2023-08-09T18:38:02Z

En l’absence de profs dûment formés, l’embauche d’enseignants non qualifiés qui détiennent un baccalauréat est une solution «acceptable», indique le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. De son côté, l’opposition dénonce une situation «gênante» qui mène au «nivellement par le bas». 

Le Journal rapportait mercredi qu’après des écoles situées à Montréal et au Bas-St-Laurent, c’est au tour d’établissements scolaires de Québec d’être ouvertement à la recherche de profs non légalement qualifiés pour la rentrée, peut-on lire dans un appel de candidatures publié récemment en ligne.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, on assure que la pénurie d’enseignants est un enjeu «auquel le ministre s’attaque de manière prioritaire».

«L’objectif demeure d’embaucher des enseignants qualifiés, cependant lorsque ce n’est pas possible, l’embauche d’un enseignant non légalement qualifié détenant un baccalauréat est une solution acceptable», affirme son attachée de presse, Florence Plourde, dans une réponse écrite.

Il est «primordial» qu’il y ait un enseignant dans chaque classe, fait-elle valoir. Les formations courtes, mises sur pied récemment par des universités à la demande du ministre Drainville pour former rapidement ces candidats, représentent justement une piste de solution, ajoute Mme Plourde.

«Gênant»

La situation est toutefois dénoncée haut et fort par les partis d’opposition, qui n’en reviennent pas que des centres de services recherchent ouvertement des profs non qualifiés. 

«C’est du nivellement par le bas», déplore la députée libérale Marwah Rizqy, qui se désole que la situation se répète d’année en année. Le gouvernement devrait faire davantage d’efforts pour retenir les profs qualifiés déjà en poste, dit-elle. 

«Je trouve ça gênant [...], ça n’a pas de bon sens!», lance de son côté la députée solidaire Ruba Ghazal. «Comment ça se fait qu’on accepte ça pour des gens qui vont enseigner à nos enfants?», ajoute-t-elle, tout en affirmant que la solution passe par l’amélioration des conditions de travail des enseignants.

Au Parti québécois, le député Pascal Bérubé estime que Québec devrait développer d’autres avenues comme la rémunération des stages en enseignement et le développement de formule d’alternance travail-études, pour rendre la profession plus attrayante «sans pour autant sacrifier la qualité de la formation».

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