Protection du consommateur: une boulangerie de Montréal n’affiche pas ses prix et c’est illégal

Axel Tardieu
Afficher les prix pour les produits de boulangerie, mais pas pour les pâtisseries? C’est ce que fait la boulangerie Samos, sur le boulevard Saint-Laurent, une pratique pourtant illégale.
Lors de notre visite le 9 décembre, les prix n’étaient pas affichés pour les pâtisseries en vitrine à la vue des passants, ni pour celles dans le grand présentoir à l’intérieur où se trouvent les viennoiseries et les gâteaux.
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Au fond de la boutique, par contre, certaines préparations salées, comme les empanadas, sont assorties d’un prix clairement lisible pour le consommateur. Ce n’est toutefois pas le cas pour la lasagne ou les tourtières.
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Une pratique qui date
Le client doit donc passer à la caisse sans savoir combien il va payer ou demander le prix de chaque produit.
L’employée sur place, qui dit travailler dans cette boulangerie depuis une dizaine d’années, assure ne pas être dérangée à chaque question sur les prix et affirme qu’il n’est pas obligatoire d’afficher tous les prix. «Ça a toujours été comme ça», dit-elle.
Celui qui dit être le patron se surnomme Bobby. Sur place, il répète à notre journaliste qu’il n’enfreint pas la loi, qu’il a le droit de ne pas afficher les prix pour les aliments sucrés.

Mensonge du responsable
Ces propos sont faux, selon l’Office de la protection du consommateur (OPC).
«Non, il n’y a pas de distinction entre diverses catégories d’aliments», explique Charles Tanguay, porte-parole de l’OPC. «Tous les prix doivent être affichés.»
Au téléphone, le 12 décembre, le responsable de la boulangerie n’a pas voulu admettre son erreur ou rectifier le tir.
L’importance d’afficher les prix
Un commerce qui n’affiche pas de prix entraîne un manque de transparence et peut mener à des arnaques, selon Karounga Diawara, professeur titulaire à la Faculté de droit de l'Université Laval.
«C'est la base même de la protection du consommateur: lui donner l'information adéquate qui va lui permettre de prendre la meilleure décision», explique-t-il.
«L’affichage du prix permet au consommateur de comparer les biens et services qu’il veut acheter et de ne pas payer un prix excessif.»
Au Québec, les commerçants risquent jusqu’à 75 000$ d’amende s’ils ne respectent pas cette loi après avoir reçu un avertissement.
Impossible de savoir combien d’infractions du genre il y a dans la province, mais le nombre de plaintes augmente depuis deux ans, selon l’Office de la protection du consommateur.
Après le passage de 24 heures et nos questions, la boulangerie semble avoir rajouté des prix, mais pas encore sur tous les produits, selon une observation faite le 12 janvier.