Que nous réserve 2023: le retour de Céline et autres incertitudes dans le monde du spectacle
L’année 2023 s’amorce avec plusieurs points d’interrogation dans le milieu artistique

Cédric Bélanger
Pour la première fois en trois ans, le monde des arts et de la culture peut regarder en avant sans craindre les effets pervers d’une nouvelle vague de COVID-19. Cette accalmie sanitaire ne signifie pas que nos artistes favoris sont sortis du bois et qu’il n’y aura pas de défis à surmonter en 2023, bien au contraire. En fait, quand on regarde dans notre boule de cristal culturelle, plusieurs interrogations apparaissent en ce début d’année.
Des artistes vont déclarer forfait

Les consommateurs de spectacles ne sont pas les seules victimes de l’inflation. Qu’ont en commun Anthrax, Little Simz et Loreena McKennitt ? Ils ont tous annulé des concerts ou des tournées en 2022 de crainte de perdre de l’argent. Si les grandes vedettes semblent pour le moment à l’abri des conséquences négatives de l’inflation, les moins grandes vedettes en subissent les contrecoups. La hausse des coûts de production pourrait même en inciter d’autres à déclarer forfait en 2023. À quoi bon partir en tournée si c’est pour revenir à la maison plus pauvre ?
Jusqu’où ira la flambée des prix ?

Vous n’avez pas encore vos places pour les concerts de Depeche Mode et Muse au Québec ? Libérez de l’espace sur votre carte de crédit avant de les acheter. À moins d’accepter d’être assis dans les dernières rangées du Centre Bell et du Centre Vidéotron, vous devrez débourser des centaines, voire des milliers de dollars pour voir vos vedettes favorites. En 2022, l’inflation a durement frappé le porte-monnaie des amateurs de spectacles et il n’y a pas d’accalmie à l’horizon sur le circuit des grandes tournées internationales. À preuve, les rares billets encore disponibles pour le concert de la vedette du country Morgan Wallen, à Québec, se détaillent de 733 $ à 1147 $. Pour ce qui est de la tournée mondiale de Taylor Swift, qui ne passe pas par le Québec, à moins d’être riche ou d’être disposé à piger dans vos REER, il vaut mieux oublier ça. Il n’y a presque aucune place en deçà de 500 $ sur les sites de revente.
Employés recherchés

« Malgré la pénurie de main-d’œuvre... » Vous avez sûrement lu ces mots dans un article de journal parlant d’un événement culturel en 2022. Ça va certainement se reproduire en 2023. C’est simple, on manque de monde partout et le milieu de la culture n’y échappe pas. Les techniciens de scène, les ingénieurs de son, les vendeurs de bière et autres gardiens de sécurité seront encore en grande demande. Ne soyez pas surpris si c’est le directeur ou la directrice du festival auquel vous assistez qui valide votre billet à l’entrée. Tout le monde devra mettre la main à la pâte. Des festivals sont-ils en danger ? L’avenir nous le dira.
Céline Dion : reviendra, reviendra pas ?

Depuis qu’elle a annoncé avec émotion qu’une maladie rare l’empêchait de chanter, il y a quelques semaines, les spéculations vont bon train. Céline Dion montera-t-elle de nouveau sur scène ou devra-t-elle se résoudre à mettre un terme à sa glorieuse carrière ? Pour des millions d’inconditionnels de la diva partout sur la planète, ce sera le suspense par excellence en 2023. Si tout va bien, la chanteuse devrait se produire à Amsterdam, en août prochain, ce qui serait son premier concert depuis mars 2020. À Las Vegas, on prie aussi tous les saints du ciel pour que celle qui a fait vibrer la ville du jeu pendant si longtemps puisse honorer son engagement dans le nouveau Resorts World.
Notre cinéma

À l’exception de la comédie Menteur en 2019, aucun film québécois n’a récolté plus de quatre millions de dollars aux guichets depuis que les suites de Bon cop bad cop et De père en flic ont amassé 4,7 M$ et 5,2 M$ en 2017. Bref, notre cinéma est en manque de grands succès populaires et à moins d’une performance inattendue, le prochain film à 5 M$ ne se profile pas en 2023. Certes, le retour au travail de Denys Arcand, qui présentera Testament, fait saliver avec sa distribution de haut calibre (Rémy Girard, Guylaine Tremblay, Pierre Curzi et plusieurs autres). Or, il faut se rappeler que son plus récent film, La chute de l’empire américain, avec Maripier Morin dans un premier rôle, avait tout juste dépassé la barre des 2 millions $.
Villeneuve de retour aux Oscars ?

Le cinéaste québécois à surveiller en 2023 sera, encore une fois, Denis Villeneuve. Le très attendu second volet de Dune, qui réunira sur le grand écran Timothée Chalamet, Josh Brolin, Zendaya, Florence Pugh et Javier Bardem, prendra l’affiche le 3 novembre. Les espoirs seront grands. Le premier Dune avait empoché plus de 400 millions $ et obtenu 10 citations aux Oscars, dont six avaient été converties en statuettes dorées. Vous pouvez être assuré que Dune 2 comptera parmi les favoris à la ligne de départ en vue des Oscars de 2024.
Galas en mutation

Le monde des galas télévisés vit possiblement ses plus grands bouleversements depuis qu’on a un jour trouvé que c’était une bonne idée de remettre des trophées aux artistes préférés du public lors d’une cérémonie retransmise au petit écran. En 2023, pour la première fois en plus de 20 ans, il n’y aura pas de gala pour honorer le meilleur de notre cinéma. Le Gala Artis a aussi rendu l’âme. Du côté des Gémeaux, une refonte majeure des catégories a servi de prétexte à fusionner les prix d’interprétation féminins et masculins pour en faire des récompenses non genrées. Le Gala de l’ADISQ résistera-t-il longtemps à ce puissant vent de changement ?