Un locataire évite une hausse de 245$ grâce au registre des loyers
Depuis sa création en mai, le site enregistre 4000 inscriptions par mois


Clara Loiseau
Un locataire montréalais a pu contester une hausse de 245$ du prix de son logement grâce au registre des loyers lancé en mai dernier.
«Par curiosité, je suis allé sur le site et j’ai vu que l’ancienne locataire disait payer 25% par mois de moins que ce que moi je paie», explique un locataire de l’arrondissement de Verdun, à Montréal.
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Par crainte de représailles de son locateur, ce dernier a demandé à taire son identité et à le rendre non identifiable.
Le jeune trentenaire a donc décidé de partir à la recherche de l’ex-locataire pour vérifier l’information.
«Elle m’a envoyé une photo de son bail et là, je suis allé voir mon propriétaire pour faire un règlement à l’amiable», poursuit celui qui a finalement réussi à obtenir une baisse d’une centaine de dollars sans aller au Tribunal administratif du logement (TAL).
Au Québec, le propriétaire d’un logement est tenu par la loi de remplir la clause G d’un bail, soit le montant le plus bas payé dans les 12 derniers mois. Si le locateur inscrit une information erronée, le locataire a deux mois pour aller au TAL et demander une révision du montant.
Augmentation des inscriptions
Pour Adam Mongrain, directeur habitation de l’organisme Vivre en Ville, cet exemple illustre l’importance et la pertinence du registre des loyers qu’ils ont créé.
«On voit l’importance d’avoir une symétrie d’information et de bien outiller les ménages québécois pour qu’ils soient en mesure de faire valoir leurs droits ou de négocier de meilleurs prix», explique-t-il.
Après neuf mois d’opération, le Registre des loyers a le vent dans les voiles avec une moyenne de 4000 nouvelles inscriptions chaque mois.
«On est à plus de 52 400 inscriptions, ça dépasse nos attentes», se réjouit M. Mongrain, dont l’organisme est responsable du site.
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Il en faut plus
Sans surprise, la majorité des inscriptions, soit près de 50%, concernent Montréal, ajoute-t-il.
Avec plus d’un million de logements locatifs sur le marché québécois, M. Mongrain sait que le registre est encore loin de pouvoir jouer son rôle dans le marché de l’habitation.
«Pour que ça fonctionne bien, il faut que tous les loyers soient inscrits, mais ça donne déjà des résultats», indique M. Mongrain, qui rappelle que 15 municipalités appuient le projet.
Actuellement, ce sont donc les locataires qui vont inscrire le prix de leur logement sur le registre. Une décision qui ne plaît pas à certains propriétaires, affirme M. Mongrain.
«On a des locataires qui nous écrivent complètement catastrophés pour nous demander de retirer leur inscription, parce que le propriétaire l’a vue et va jusqu’à les intimider et les harceler pour qu’ils la fassent effacer», déplore-t-il, estimant que le problème continuera tant que le registre ne deviendra pas obligatoire.
