Élections municipales: Savard souhaite incarner la continuité à Québec
La dauphine de Régis Labeaume promet de jouer en équipe
![Marie-Josée Savard, cheffe d’Équipe Savard, veut «apporter [sa] couleur et [sa] personnalité» lors de la future campagne électorale municipale.](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fm1.quebecormedia.com%2Femp%2Femp%2F64869534_15903372278b18-3c9b-4644-8acb-498b8973000c_ORIGINAL.jpg&w=3840&q=75)

Taïeb Moalla
Tout en affirmant être « la candidate de la continuité » à la mairie de Québec, Marie-Josée Savard assure vouloir « apporter [sa] couleur » en mettant de l’avant les autres membres de son équipe politique.
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C’est ce que la dauphine du maire Labeaume a mentionné hier au Journal en entrevue éditoriale.
« Contrairement à M. Labeaume, j’ai été conseillère municipale avant, a-t-elle rappelé. Je sais quel est le rôle d’un conseiller municipal. Je souhaite mettre ça de l’avant un peu plus. Le maire ou la mairesse est souvent sur le spotlight, mais j’aimerais beaucoup qu’on sache qui est le numéro 2 à la Ville de Québec (et) peut-être même le numéro 3. »

Réfutant le qualificatif de « discrète » qui lui est souvent associé, la cheffe d’Équipe Savard a ajouté ceci : « J’ai le goût d’être Marie-Josée Savard. Je n’ai pas le goût d’être Régis Labeaume. Le maire a sa personnalité. J’aurai la mienne. Je saurai faire mon travail correctement et sortir au bon moment lorsque ce sera nécessaire. »
La candidate à la mairie est convaincue que le poids politique de la municipalité vis-à-vis des deux paliers de gouvernement supérieurs ne pâtira pas du départ du maire sortant.

« Au moment où il y aura des dossiers importants, je saurai avoir ce poids-là, puis je saurai mettre le pied à terre », a-t-elle assuré en insistant sur son sens de l’écoute.
Le tramway
Malgré l’importance du tramway, Mme Savard ne pense pas que ce mégaprojet constituera l’enjeu principal de la future campagne électorale ou que le scrutin se transformera en un référendum là-dessus.
« Les gens savent bien que le vote pour un maire ou une mairesse n’est pas seulement pour le réseau de transport structurant, croit-elle. On n’est pas le maire ou la mairesse d’un projet seulement, mais on est là pour tous les dossiers qui peuvent toucher la Ville. »
À l’évocation de ce thème, la candidate a d’ailleurs décoché une flèche au chef de Québec 21. « M. [Jean-François] Gosselin a seulement ce dossier-là. On l’a entendu pendant quatre ans au conseil de ville. Ça a été le seul dossier qu’il a été capable d’amener », a-t-elle déploré.
Elle n’a pas non plus épargné Bruno Marchand, chef de Québec forte et fière (QFF) qu’elle a carrément invité à « se renseigner sur la Ville avant de dire qu’il y a des choses qui ne se font pas. Jusqu’à présent, tout ce qu’il a annoncé est soit en cours, soit que ça a été fait. »
Pas de colistier
Des cinq candidats déclarés à la mairie, Mme Savard est la seule à ne pas présenter de colistier. Si elle n’est pas élue à la tête de la municipalité, elle ne pourrait donc pas siéger comme conseillère municipale.
« Je souhaite briguer ce poste-là [de mairesse]. Je souhaite être élue, a-t-elle réitéré. Je ne serais pas à l’aise d’aller prendre le poste de quelqu’un qui a fait tout ce travail [de terrain durant la campagne électorale]. »
Présente dans toutes les radios

Marie-Josée Savard ira défendre ses points de vue dans toutes les radios de Québec « incluant CHOI », affirme-t-elle. Il y a près d’un an, l’administration Labeaume a mis fin aux placements publicitaires de la Ville dans cette station en soutenant que « cette organisation valorise les idées s’opposant aux mesures sanitaires ».
Encore mercredi, la candidate a qualifié cette décision de « responsable ». Cette dernière a toutefois ouvert la porte à un possible changement de cap si elle devait être portée à la tête de la municipalité. « Il faut voir l’évolution de la position de la station, a-t-elle glissé. Ce n’est pas quelque chose qui a été fait contre une station. C’est quelque chose qui a été fait dans le sens où il y avait un message contradictoire avec les mesures sanitaires. »
Sa position sur le troisième lien

Le projet gouvernemental de troisième lien « n’est pas clair », affirme Mme Savard qui veut savoir de quoi il en retourne exactement. « On sait que c’est un tunnel sous-fluvial, puis ils parlent d’une sortie dans Saint-Roch [...] Mais on n’a pas plus d’informations que ça. Même moi qui assiste à des rencontres du bureau de projet, je n’ai pas plus d’informations que ça », a-t-elle laissé tomber. Elle a ajouté ceci : « Oui à un troisième lien si ça a un impact positif. On est d’accord. Avoir un troisième lien, les gens le souhaitent si ça n’a pas d’impact négatif sur notre ville [...].
Quand on aura une idée claire de la sortie du tunnel, on s’assoira avec le gouvernement. On est capable d’avoir de bonnes discussions puis de leur expliquer la réalité. »
Fini le gel des taxes

Pas de nouveau gel de taxes à l’horizon sous une éventuelle administration Savard. La hausse des taxes serait par contre limitée à l’inflation. « Les taxes, c’est le revenu d’une Ville. Si on veut continuer à offrir une qualité de vie à nos citoyens et des services de proximité, il faut être capable de le faire », a avancé Marie-Josée Savard.
Cette dernière respecterait par ailleurs le cadre financier en vigueur depuis des années à la Ville. Cela inclut une baisse de la dette comme ce fut le cas lors des six derniers budgets municipaux. Dans un autre ordre d’idées, le premier geste de Mme Savard, si elle est élue, serait d’aider l’industrie touristique fortement éprouvée par la COVID-19.
Les réseaux sociaux

Marie-Josée Savard se dit consciente que la prochaine campagne électorale se déroulera, en partie, sur les réseaux sociaux. Cette tendance risque de s’accélérer à cause de la pandémie et des contacts limités qu’elle engendre. « On a misé beaucoup sur le numérique, a-t-elle fait remarquer. Ça va être un incontournable. »
D’après elle, le plus important demeure toutefois de ne pas perdre de vue le contact avec le terrain.
Lors de son premier mandat comme conseillère municipale, entre 2009 et 2013, elle révèle qu’elle continuait de se rendre à son restaurant, pendant une heure ou deux chaque jour, pour « voir ce que les gens disent. La plupart du temps, c’était loin des critiques qu’on lisait sur Facebook. »