Une dauphine qui fera les choses à sa façon


Karine Gagnon
Dauphine du très populaire Régis Labeaume, Marie-Josée Savard n’en possède pas moins une personnalité fort différente. Si elle entend poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, ce sera en faisant les choses à sa manière, plaide-t-elle.
Contrairement au maire sortant, Marie-Josée Savard n’a jamais recherché le « spotlight », et ne s’en cache pas. Elle a d’ailleurs accordé hier, au Journal, sa toute première entrevue éditoriale en carrière.
N’allez surtout pas pour autant lancer à Marie-Josée Savard qu’elle est discrète. L’étiquette ne lui sied absolument pas, objecte-t-elle, et il ne faut pas se fier à ses années comme vice-présidente du comité exécutif. « Ma job, pour moi, c’était pas d’être à l’avant-plan, mais de mener les dossiers jusqu’au bout. »

Depuis l’annonce de sa candidature, le 12 mai 2021, Marie-Josée Savard a toutefois appris à composer avec le fait d’être à l’avant-plan, et se sent à l’aise de le faire, « parce que c’est maintenant mon rôle », affirme celle qui s’assurera néanmoins d’accorder plus de place à ses bras droits.
Tissés serrés
Pour les besoins de l’entrevue, la candidate nous avait conviés derrière sa résidence, à Sainte-Foy. C’est à cet endroit que Régis Labeaume l’a rencontrée à plusieurs reprises pour l’inviter à prendre sa relève. À l’été 2020, au bout d’un ultime souper pour en discuter, celle qui est également femme d’affaires a pris sa décision.
En 2013, après un premier mandat à l’hôtel de ville de Québec comme conseillère municipale, la jeune femme avait annoncé qu’elle devait prendre une pause.
Son conjoint et elle venaient d’adopter, en Chine, un petit garçon de trois ans. Ce dernier éprouvait des besoins particuliers en raison, notamment, d’une malformation congénitale à un bras. Puis, Mme Savard est revenue en politique en 2017, et Régis Labeaume l’a choisie comme bras droit.
Pas de doute, la conciliation travail-famille fait toujours partie des principales préoccupations des mères qui se lancent en politique. Mme Savard le voit aussi avec les candidates avec qui son parti discute, et qu’elle espère aussi nombreuses que les hommes.
Aujourd’hui, le contexte familial a bien changé. Le fils de Mme Savard a 12 ans, joue au football et se porte très bien. Ses deux enfants sont devenus des adolescents autonomes. Ses parents habitent en face, et sa mère lui donne un solide coup de main avec son restaurant.
Dans cette famille tissée serrée, tous se soutiennent. C’est d’autant plus vrai dans l’épreuve, alors que la mère de son conjoint fera bientôt appel à l’aide médicale à mourir. Ça se passera normalement en pleine campagne électorale. C’est difficile, mais tous seront là pour s’épauler, me dit-elle.
Appui du maire
Jusqu’à maintenant, la stratégie d’Équipe Marie-Josée Savard a consisté à surfer sur l’appui de M. Labeaume. Le noyau dur d’Équipe Labeaume est d’ailleurs toujours très présent, tant aux opérations qu’aux communications.
Notre premier sondage Léger/Le Journal publié à la fin de juin, qui la place en avance, démontre l’efficacité de la démarche. Mais Marie-Josée Savard insiste pour dire que son équipe et elle ne tiennent absolument rien pour acquis.
Le maire a promis de disparaître avec le début de la campagne. Les gens pourront alors mieux connaître et apprécier celle qu’il a choisi d’appuyer.