Tarifs douaniers: ce n’est pas une négociation à sens unique, rappelle Jean Charest

Marie-Anne Audet

2025-02-07T17:24:13Z

Il faut revoir nos façons de négocier avec Donald Trump, a soutenu l’associé chez Therrien Couture Joli-Cœur et ex-premier ministre du Québec Jean Charest, qui trouve «très dérangeant» que le Canada soit toujours à la remorque dans ses discussions avec les États-Unis.

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«Il déclare, on réagit. Alors que dans une négociation normale, nous aussi, on a des demandes à formuler», a-t-il déclaré lors d’une entrevue à LCN.

La gestion de la frontière par les États-Unis, qui a menacé le Canada d’imposer des tarifs douaniers de 25% afin de le forcer à la rendre plus sécuritaire, présente également des problèmes, a avancé celui qui siège aussi au Conseil sur les relations canado-américaines.

«Si on avait été plus vite dans le premier coup, quand il a parlé de la frontière, notre première réponse aurait été la suivante: “Oui, d’accord, il y a des problèmes à la frontière. Là, vous arrêtez de nous envoyer des armes à feu des États-Unis qui rentrent à pleine porte à Toronto et ailleurs.” [...] Ce sont [les États-Unis] qui sont la source du problème», a soutenu M. Charest.

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Relation houleuse

Le peu d’atomes crochus que partagent le premier ministre Justin Trudeau et le président américain peut toutefois nuire à l’avancée des discussions.

«Les relations personnelles, ça pèse et ça compte entre le Canada et les États-Unis. Le meilleur exemple, c’est Mulroney-Reagan où ça a été très significatif. Mulroney-Bush, M. Clinton, avec M. Chrétien, c’était de très bonnes relations également», a souligné Jean Charest.

Ce dernier a ajouté qu’il faut faire preuve de prudence, lorsqu’on parle «du choix des Américains».

«Ce n’est pas à nous de juger le choix des Américains comme président. Pas plus qu’on aimerait qu’un Américain vienne au Canada puis dise: “On n’aime pas Trudeau.” [...] Ils sont élus, puis ils ont fait affaire avec», a-t-il dit.

Il ne faut pas non plus confondre Donald Trump avec le peuple américain dans la gestion de ce dossier.

«M. Trump, il est élu, il est légitime, mais ce n’est pas le peuple américain. Et c’est pour ça qu’il faut se le rappeler constamment dans la façon dont on traite ce dossier-là et qu’on traite les Américains. Il ne faut pas confondre les deux, parce que là on va se créer un plus gros problème», a affirmé M. Charest.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

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