«Terre, cailloux, excréments, plumes d’oiseaux, faux FPS...»: savez-vous vraiment de quoi sont faits les «dupes» que vous achetez?
Équipe Salut Bonjour
Il existe un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur: les produits de contrefaçon. En français, on les appelle communément des imitations, mais le phénomène porte le nom de «dupes», soit le diminutif de «duplicate».
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Revoyez la chronique complète dans la vidéo en tête de cet article.
Les produits de contrefaçon existent depuis longtemps, mais quand on parle de dupes, on parle plutôt d’imitations qui s’inspirent de l’esthétique d’un produit, sans prétendre être l’original. On ne vole pas le prestige, on copie le style.
On retrouve des imitations dans les parfums, les bougies, les vêtements, mais il y en a aussi énormément dans les cosmétiques. Selon un sondage de Business Insider, près de 70% des jeunes en auraient déjà acheté.
L’attrait du prix
Les imitations sont attrayantes à tous les niveaux. C’est abordable, joli et tendance. Les consommateurs l’assument sur les réseaux sociaux et sont même à la recherche de la meilleure réplique possible. Certaines marques de luxe vont vendre un gloss à 50$, alors qu’une version quasi identique en dupe se vend autour de 6$.
D’ailleurs, le journal La Dépêche rappelait en janvier dernier que le mot-clic #dupe avait généré plus de 2,8 milliards de vues sur TikTok.
Faire preuve de vigilance
Plusieurs produits duplicate sont fabriqués en dehors de tout cadre réglementaire, sans contrôle d’hygiène ni de qualité. La vigilance devient essentielle.
Récemment, Santé Canada a d’ailleurs rappelé des copies d’outils capillaires vendues en ligne, puisqu’elles présentaient un risque sérieux de décharge électrique, voire d’électrocution mortelle1.
Au-delà de ses produits, les dupes de vêtements sont aussi problématiques, on voit des rappels pour des risques d’inflammabilité. En juillet 2025, une femme en France a fait le tour du web après avoir été brûlée par les produits chimiques d’une camisole2.
Le Dr Stéphane Pirnay, expert toxicologue en France, a testé de nombreux produits de beauté contrefaits. Il y a régulièrement retrouvé des métaux lourds et des substances chimiques dangereuses.
Il déclarait à l’Agence France-Presse:
«On est vraiment étonnés de voir tout ce que l’on peut trouver dans les contrefaçons: terre, cailloux, excréments, plumes d’oiseaux.»
Et ce n’est pas tout. Au Québec, Pierre-Louis Dumont, doctorant en science forensique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a analysé plus d’une centaine de parfums contrefaits saisis par la police. Certains contenaient des substances fortement allergènes.
Des spécialistes en cosmétologie ont aussi testé des soins affichant un FPS 50, alors qu’en réalité... ils n’offraient aucune protection solaire.
Ne pas faire confiance
Quand on voit un produit circuler partout sur le web, on a tendance à lui faire confiance. Or, même quand on lit les avis en ligne, il faut se méfier, car ces derniers peuvent être falsifiés. Il faut aussi se rappeler que les créateurs de contenu qui testent ces produits nous parlent surtout des résultats visibles, pas nécessairement des composantes ni des risques à long terme.
Pour les parfums, une même odeur ne veut pas dire les mêmes ingrédients. Leur ressemblance s’explique notamment par l’avancée des technologies qui séparent et identifient la plupart des molécules d’un parfum avec une précision inégalée. En quelques heures, un laboratoire peut tirer une formule chimique très proche du parfum analysé. Les algorithmes d’intelligence artificielle peuvent même aider à générer des «recettes» capables d’imiter une odeur.
Comment s’y retrouver
D’abord, pour s’assurer de ne pas faire l’achat d’un produit de contrefaçon dangereux, il faut éviter les sites qui ne mentionnent pas clairement la provenance des produits. C’est un très bon début.
Ensuite, on se méfie aussi des produits sans liste d’ingrédients complète ainsi que des emballages remplis de fautes d’orthographe. Ce n’est jamais bon signe!
Idéalement, on privilégie les grandes chaînes, les boutiques reconnues et les pharmacies. Ces dernières travaillent avec des fournisseurs réglementés et sont soumises à des règles strictes, autant pour les cosmétiques que pour les appareils électriques. Même en magasin, il faut garder en tête que les dupes peuvent contenir des ingrédients moins efficaces, ils peuvent être moins durables ou simplement moins performants que l’original.
[1] https://recalls-rappels.canada.ca/fr/recherche/site
[2] https://www.dailymail.co.uk/lifestyle/fashion/article-14979011/woman-warning-shein-a.html