Tramway de Québec: voici des nouveaux détails... et des questions en suspens

Taïeb Moalla et Stéphanie Martin
Les élus de la Ville de Québec ont passé une journée entière à questionner le directeur du bureau de projet du tramway, Daniel Genest, en prévision d’un vote qui s’annonce serré sur l’octroi du premier contrat majeur, celui du matériel roulant qui circulera sur les rails. Cela a été l’occasion d’en apprendre davantage sur l’avancement du projet, dont voici les faits saillants.
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Les premiers passagers espérés en avril 2029
La Ville de Québec espère mettre en service son tramway en avril 2029, mais cette date pourrait être repoussée à la mi-août de cette même année.
On a appris la semaine dernière que le tramway commencera à accueillir des passagers un an plus tard que prévu, en raison des retards accumulés et d’une volonté de prendre le temps qu’il faut pour «bien faire les choses», notamment pour le contrat sur la construction de l’infrastructure.
Hier, lors de la séance du comité plénier avec les élus municipaux, le directeur du bureau de projet du réseau structurant a précisé les échéanciers.
La mise en exploitation commerciale, soit le moment où les rames accueilleront leurs premiers passagers, se réalisera au «printemps ou à l’été 2029», a indiqué Daniel Genest.
«On ne mettra pas en exploitation avant avril 2029. On vise le printemps 2029 et on souhaiterait ne pas aller plus tard que la mi-août 2029.»
Des essais sans usagers pendant un hiver
Avant la mise en service du tramway, on effectuera une série de tests sans passagers, afin d’éviter de reproduire les erreurs faites à Ottawa, où on a «occulté la période de marche à blanc», c’est-à-dire qu’on a mis en service sans avoir bien rodé le système, a indiqué Daniel Genest.
Dans les faits, le tout commencera par les premiers essais sans passagers qui auront lieu au printemps et à l’été 2028.
Ensuite, on passera à la «marche à blanc», toujours sans usagers, à partir de janvier 2029, sur une première phase située entre Le Gendre et l’université Laval, avec 28 rames.
Suivra une marche à blanc sur l’ensemble du tracé, avec la flotte complète de 34 rames, au printemps 2029.
Ainsi, on se réserve une période cruciale de «six à neuf mois avant la mise en exploitation commerciale» pour la marche à blanc, a-til précisé.
M. Genest a souligné qu’il est très important d’avoir une marche à blanc pendant l’hiver afin de corriger les pépins techniques qui peuvent survenir.
L’insertion urbaine est «le bout le plus tough»
Au sujet des travaux pour le tramway lui-même, Daniel Genest a affirmé que la principale complexité du projet ne se trouvait pas dans ses composantes, mais plutôt dans l’insertion urbaine.
Il a expliqué que le défi survient parce qu’on doit construire dans des milieux étroits, notamment sur René-lévesque, dans Limoilou et dans Maizerets.
Le déplacement des réseaux techniques et de l’aqueduc et égout est aussi un point sensible, puisqu’il se situe en souterrain.
«C’est le bout plus tough, mais une fois qu’on est sorti de terre, ça va super bien».

Le projet de Québec est loin d’avoir la complexité du Réseau express métropolitain ou du pont Champlain, à Montréal, a-t-il assuré.
«La complexité du REM vient en partie du fait qu’ils avaient un tunnel et beaucoup d’ouvrages aériens.»
Dans le cas du pont Champlain, la construction nécessitait beaucoup de fabrication de pièces hors chantier. «Ce n’est pas le cas à Québec.»
Il a par ailleurs noté que les stations, qu’on prévoit «élégantes», devront possiblement être préfabriquées. «Mais ce n’est pas complexe.»
Un vote serré sur l’entente avec Alstom?
Le conseil municipal votera aujourd’hui pour ou contre le sommaire qui doit avaliser l’entente avec Alstom pour la construction des rames du tramway.
Le vote, qui doit obtenir une majorité des conseillers présents dans la salle, pourrait être serré.
Hier soir, après le comité plénier, Claude Villeneuve, chef de l’opposition, a dit en avoir marre de voter «avec le couteau sous la gorge».
Il a demandé que le vote sur ce sommaire soit reporté à une séance ultérieure.
Cela dit, l’absence d’une des élues de son parti, Alicia Despins, qui est à l’extérieur du Québec, fait en sorte que l’opposition de Québec d’abord n’aura probablement pas «la balance du pouvoir».
Dans un conseil minoritaire où siègent 22 élus, l’équipe du maire pourra compter ce soir sur les 10 voix de ses élus municipaux et sur celle de la cheffe de Transition Québec, Jackie Smith.
Daniel Genest a dit s’en remettre aux votes des élus, mais il a également précisé que l’entente avec Alstom ne tomberait pas si le sommaire devait être reporté ou rejeté.
Acquisitions et expropriations
Le comité plénier d’hier a permis de faire une mise à jour sur le processus d’acquisitions de lots ou de parties de lots.
On a ainsi appris que le besoin total pour réaliser le tramway est de 416 lots, dont 36 sont des acquisitions totales.
Pour les procédures d’expropriation, on a rapporté que 52 dossiers ont été déposés devant le Tribunal administratif du Québec et qu’il y a eu des autorisations pour démarrer ce même processus dans 25 autres dossiers.
Chose certaine, l’emprise requise pour construire le tramway doit être libérée d’ici avril 2024 (entre Le Gendre et Saint-roch) et d’ici juillet 2024 dans le Vieux-limoilou et dans Maizerets.
Discrétion sur le coût global
Malgré plusieurs interrogations des oppositions au sujet du coût global du tramway, Daniel Genest a affirmé hier que ce serait «mal servir les citoyens de Québec» que de «parler de fourchettes [de prix] ou de ratios».
Sachant que le processus d’approvisionnement du tramway se poursuit avec le volet «Approvisionnements», le chef du bureau de projet n’a pas trop voulu s’avancer.
Plusieurs autres questions ont porté sur le niveau de risque que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a dû accepter pour l’entretien du tramway sur une période de 30 ans après sa mise en service.
Tout en tentant de se faire rassurant à ce sujet, M. Genest n’a pas non plus voulu s’étendre sur les détails du contrat qui fait 2000 pages.
L’opposition a alors demandé à pouvoir consulter ce genre d’informations à huis clos.
D’autre part, Daniel Genest a été ferme sur le fait que le tracé de 19,3 km du tramway ne sera pas amputé.
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