Trump refuse de participer au prochain débat, virtuel, avec Biden

AFP

2020-10-08T11:55:25Z
2020-10-08T16:59:47Z

Washington | Le ton est encore monté entre les équipes de Donald Trump et de son rival démocrate Joe Biden jeudi autour de leurs prochains débats, revirements et rebondissements ajoutant à la confusion dans une campagne présidentielle déjà bouleversée par le diagnostic positif à la COVID-19 du milliardaire républicain.

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Président « erratique » contre un candidat démocrate qui se cache « dans son sous-sol »: les invectives volaient à 26 jours de la présidentielle autour de l’organisation des prochains duels télévisés.  

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Après avoir jugé « inacceptable » de participer à un débat virtuel la semaine prochaine, Donald Trump, devancé dans les sondages, a exigé de débattre deux fois en personne contre son rival: le 22 octobre comme prévu et lors d’une rencontre supplémentaire le 29, à cinq jours seulement de la présidentielle américaine.

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Une proposition immédiatement rejetée par l’équipe de Joe Biden.  

  • Écoutez Richard Martineau et Félix Séguin réagir à cette nouvelle sur QUB radio:   

 

Le boycott présidentiel du débat du 15 octobre frappe l’un des derniers grands rendez-vous des campagnes présidentielles américaines à avoir survécu à la pandémie, après la réduction à peau de chagrin des conventions des partis et des grands rassemblements électoraux.

Prenant acte de la maladie du président, la commission indépendante chargée d’organiser ces débats avait décidé jeudi matin que les deux candidats échangeraient comme prévu le 15 octobre, mais « à distance » et dans des lieux séparés.

« Je ne vais pas perdre mon temps dans un débat virtuel. Débattre ce n’est pas ça », a immédiatement réagi Donald Trump sur la chaîne Fox Business. « Je ne pense pas être contagieux du tout », a-t-il assuré.

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Au grand dam des démocrates, le locataire de la Maison-Blanche, 74 ans, avait fait l’annonce-choc de son diagnostic moins de trois jours après avoir débattu, en personne, avec Joe Biden, 77 ans.

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Le directeur de campagne de Donald Trump, Bill Stepien, lui aussi testé positif à la COVID-19 a estimé, sans preuves, qu’un débat virtuel « serait clairement un cadeau pour Biden, qui pourrait s’appuyer sur un téléprompteur depuis le bunker de son sous-sol. »

« Les Américains méritent d’entendre directement les deux candidats », a-t-il ajouté. 

« Le comportement erratique du président ne l’autorise pas à changer un calendrier » accepté par les deux équipes au mois de juin, a réagi la directrice de la campagne de Joe Biden, Kate Bedingfield. Le démocrate se tiendra donc prêt à participer au débat final le 22 octobre. 

« Donald Trump peut s’y présenter ou refuser, c’est son choix. »

Rendre le débat du 15 virtuel vise à « préserver la santé et à garantir la sécurité de tous les participants », a justifié la commission, au lendemain d’un débat entre les colistiers républicain Mike Pence et démocrate Kamala Harris, qui ont échangé leurs flèches au travers de parois en plexiglas.

« Hâte de reprendre les rassemblements »

L’équipe Trump a prévu d’organiser un rassemblement de partisans à la place mais n’a pas précisé si le président s’y rendrait. Celui-ci a dit jeudi matin sa « hâte de reprendre les rassemblements ». 

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La campagne de ce tribun, grand amateur des estrades, a été brusquement interrompue par la maladie, alors que son rival continue de sillonner, à son rythme, les États-Unis.

Ayant de nouveau été testé négatif jeudi, Joe Biden se rendait ainsi dans l’Arizona, l’un des États-clés qui pourraient tomber dans l’escarcelle démocrate et faire basculer le résultat le 3 novembre.

Avant de s’envoler, il a refusé de réagir à chaud. « Je ne sais pas ce que le président va faire, il change d’avis toutes les secondes. Commenter à ce stade serait prématuré. » 

Les États-Unis sont le pays le plus touché au monde par le nouveau coronavirus, qui y a fait plus de 210 000 morts et détruit des millions d’emplois.

Parvenu jusqu’à la Maison-Blanche, le virus a contaminé le président, son épouse Melania, et de nombreux conseillers.

Hospitalisé pendant trois jours, Donald Trump a fait son retour lundi à la présidence et se montre depuis soucieux d’apparaître en pleine forme et au travail. 

Dans une nouvelle vidéo publiée sur Twitter jeudi, il s’est voulu rassurant sur la maladie auprès des « seniors », un groupe clé de l’électorat, particulièrement vulnérable à la pandémie, chez qui il est en nette perte de vitesse dans les sondages.

Le président américain a aussi affiché son optimisme sur l’économie, évoquant de « fortes chances » de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate sur un nouveau plan de relance. 

Mais les démocrates se sont montrés plus sceptiques sur ces avancées, alors que Donald Trump avait brusquement mis fin mardi à ces négociations, suscitant une consternation quasi-générale.

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Pour Trump, Kamala Harris est un « monstre »     

Le président républicain Donald Trump a qualifié jeudi de « monstre » la démocrate Kamala Harris, qui pourrait être la première femme à devenir vice-présidente des États-Unis s’il n’est pas réélu.

Lors de sa première interview depuis qu’il a été testé positif au coronavirus, Donald Trump, très en retard dans les sondages sur le scrutin du 3 novembre notamment auprès des femmes, a par deux fois désigné Mme Harris par ce terme.

« Tout ce qu’elle dit est un mensonge », a-t-il également affirmé sur Fox Business, au lendemain du débat qui a opposé la colistière de Joe Biden au vice-président Mike Pence. 

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M. Pence « l’a démolie », a ajouté le président américain.

Première colistière noire au nom d’un grand parti, Kamala Harris a attaqué à de multiples reprises au cours de la soirée la gestion par l’exécutif de la crise du coronavirus, qu’elle a qualifiée de « plus gros échec de toute administration présidentielle dans l’histoire » du pays.

Durant son interview qui a duré plus d’une heure, Donald Trump a également réitéré ses attaques contre Joe Biden, qu’il présente depuis des mois comme « sénile » ou « endormi », et qu’il a cette fois qualifié de « déficient intellectuellement ». 

« Tout le monde sait ça », a proclamé le locataire de la Maison-Blanche, prédisant que « Biden ne sera(it) pas président plus de deux mois ». 

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