«Pas une de plus»: SOS violence conjugale lance un appel à la mobilisation
Elsa Iskander
Alors que sept femmes ont été victimes de féminicides au Québec en autant de semaines, l’organisme SOS violence conjugale lance une vaste campagne pour qu’il n’y en ait pas une de plus.
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«Ce qu’on souhaite avec cette campagne, c’est de mobiliser la société en soutien des victimes», explique Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale et responsable du soutien clinique à SOS violence conjugale.
C’est un «cri du cœur» afin de créer un filet de sécurité autour des victimes.
«Les événements atterrants des sept dernières semaines appellent une réaction populaire ferme et énergique, et j'ai la conviction que les Québécoises et les Québécois y participeront massivement», a affirmé Jocelyne Jolin, directrice générale de SOS violence conjugale.
L’organisme invite les citoyens à exprimer leur soutien aux victimes via les réseaux sociaux, en partageant des visuels dont le thème est «7 féminicides en 7 semaines #pasunedeplus».
On peut y lire des messages comme «Je suis ton amie, ta sœur, ta mère, ta voisine, ta collègue...je suis là pour toi» ou «Se sentir contrainte, restreinte, contrôlée, surveillée... c’est de la violence. Je suis là pour toi».
Le mot-dièse #pasunedeplus circule déjà sur les réseaux sociaux depuis quelques années, notamment en lien avec des féminicides qui ont eu lieu en France.
40 000 demandes
«À SOS violence conjugale, on est aux premières loges des demandes d’aide. Dans les dernières semaines, on a vu augmenter le nombre de personnes qui s’adressent à nous pour avoir de l’aide de façon assez importante», relate Mme Thibaudeau.
Durant la dernière semaine en particulier, plus de 200 demandes ont été reçues certains jours, un chiffre qui a grimpé à 314 demandes durant une journée.
L’an dernier, on comptait environ 90 demandes quotidiennes. Avec la médiatisation des récents féminicides, des victimes de violence et leurs proches peuvent s’inquiéter davantage pour leur sécurité, mentionne Mme Thibaudeau.
Si les demandes adressées à l’organisme sont en hausse depuis quelques années, grâce à une visibilité accrue des services, entre autres, le confinement a également fait bondir les requêtes. «Cette année, on a reçu 40 000 demandes. C’est le plus gros chiffre qu’on a jamais eu en 33 ans», dit Mme Thibaudeau.
Les trois années précédentes, 26 000, 29 000, puis 33 000 demandes furent reçues. La moyenne des 15 dernières années est de 25 000 demandes annuelles.
«Le confinement a été un facteur d’escalade de la violence conjugale», d’après la travailleuse sociale, évoquant l’isolement des victimes.
«Le déconfinement aussi», dit-elle, puisque les agresseurs risquent de devenir plus violents lorsque la victime retrouve plus de liberté par exemple.