Vol d'identité; le Canada serait considéré comme une plaque tournante en vol de données

Photo portrait de Élizabeth Ménard

Élizabeth Ménard

2026-01-22T14:00:00Z
2026-01-22T14:27:33Z

Des experts ont récemment sonné l'alarme concernant la problématique des vols de données au Canada, l'ampleur est telle que le pays serait désormais considéré comme une plaque tournante du vol d'identité.

• À lire aussi: République dominicaine: voici le tout-inclus à essayer pour vos prochaines vacances

• À lire aussi: Un astéroïde géant vient d’être repéré dans l’espace

• À lire aussi: Horoscope du jeudi 22 janvier 2026: un signe gagne en liberté grâce à la saison du Verseau

Desjardins, Tigre Géant, Equifax, Transunion, Bell Canada, Capital One, Petro-Canada, Canadian Tire, des ministères, des centres de services scolaires, des municipalités: on ne compte plus le nombre d’organismes et d’entreprises qui ont été victimes de vols de données au cours des dernières années. L’émission J.E, diffusée ce soir à 19h30, à TVA, expose l’ampleur du problème.

Ces données confidentielles, qui circulent allègrement en ligne, peuvent servir à commettre des vols d’identité.

Photo Agence QMI, Joël Lemay
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Publicité

«Desjardins, c’est juste la pointe de l’iceberg. On a complètement perdu le contrôle», s’exclame Audrey Pelletier, qui a subi plusieurs vols d’identité.

Le Québec est en retard

«Le Québec est en retard sur certaines sociétés occidentales pour le traitement de ces incidents de sécurité, il faut bien le mentionner. Et maintenant, au Québec, ce n'est pas rare que quelqu'un se fasse voler son identité plus d'une fois.»

Les renseignements personnels d'Angélique Marquis ont fuité au moins deux fois, à sa connaissance, via Desjardins et via Médic Construction. Un jour, homme la contacte voulant valider le numéro d'assurance sociale d'Angélique afin d'obtenir un prêt à la banque en son nom. L'homme avait la bonne information en mains, mais le prêt lui a heureusement été refusé. 

Des fuites tous les jours

«Les fuites de données, c'est bien pire que ce qu'on pense», affirme l’expert en cybersécurité Jean-Philippe Décarie-Mathieu.

Jean-Philippe Décarie-Mathieu est expert en cybersécurité.
Jean-Philippe Décarie-Mathieu est expert en cybersécurité. Capture d'écran

«On a fait grand cas, avec raison, de la fuite de données de Desjardins, mais c'est plein de petits sites qui, tous les jours, se font leaker [fuiter]», souligne-t-il.

L’ampleur exacte du phénomène est difficile à quantifier puisqu’aucune institution ne compile le nombre de personnes dont les renseignements personnels ont été compromis par des fuites.

M. Décarie-Mathieu estime toutefois que le crime est si répandu que le Canada serait devenu «une plaque tournante du vol d’identité».

Le professeur de marketing numérique et expert en vie privée Stéphane Hamel abonde dans le même sens.

«On continue de faire reposer la responsabilité sur les individus. On est les victimes là-dedans», rappelle-t-il.

Moins d’effectifs pour appliquer la loi

Au Québec, la loi 25 oblige les entreprises victimes d’incidents de confidentialité qui présentent un risque de préjudice sérieux à en aviser la Commission d’accès à l’information (CAI).

Malgré ce nouveau rôle de surveillance, en vigueur depuis 2022, la CAI a vu ses effectifs passer de 113 à 94 en 2025. Ce nombre sera réduit à 92 d’ici 2027.

La CAI affirme tout de même «s’acquitter de sa mission dans le respect des cibles et avec les ressources octroyées par les organismes centraux du gouvernement».

Publicité