Un infirmier dit avoir contourné les règles pour tenter de sauver Joyce Echaquan
TVA Nouvelles
Un infirmier du centre hospitalier de Lanaudière a raconté, mercredi matin, comment il avait contourné les règles pour tenter de sauver Joyce Echaquan, cette mère atikamekw décédée sous les injures du personnel de l’hôpital.
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Cet employé a raconté, lors de l’enquête publique sur la mort de Mme Echaquan au palais de justice de Trois-Rivières, s’être fait approcher par une jeune infirmière en formation qui avait à sa charge plusieurs patients, dont Joyce Echaquan, le 28 septembre.
Il a rapidement remarqué que l’infirmière était débordée et avait besoin d’aide. Il s’est donc rendu au chevet de Mme Echaquan, où il a vu qu’elle était en contention physique et chimique.
L’infirmier a affirmé avoir indiqué alors à sa collègue qu’il fallait transférer la patiente en salle de réanimation pour une meilleure surveillance.
La jeune infirmière a fait plusieurs demandes de transfert. Après une dizaine de minutes, ses demandes ont été refusées par l’infirmière assistante du supérieur immédiat.
L’infirmier a alors décidé de contourner l’infirmière assistante pour faire sa demande à l’infirmière en chef. Il a expliqué que son objectif était de «sauver une vie».
Cet employé de l’hôpital de Joliette, qui est venu témoigner en uniforme, s’est dit très fier de son métier.
Il a cependant expliqué que les conditions de travail avaient changé depuis la mort de Joyce Echaquan.
Il a raconté que ses collègues étaient la cible de menaces et se faisaient régulièrement filmer sur leur lieu de travail.
Il a aussi indiqué qu’il avait peur des représailles à la suite de son témoignage.
Des témoignages contradictoires
La chef de service et l’infirmière assistante qui étaient responsables de l’équipe de l’urgence ont donné leurs versions des faits.
L’infirmière assistante a expliqué pourquoi elle avait refusé de transférer la patiente en salle de réanimation. Elle affirme que l’infirmière en formation ne lui avait pas dit que Mme Echaquan avait reçu une injection d’Haldol et qu’elle était tombée à deux reprises de sa civière.
Elle a alors invité l’infirmière en formation à demander à une préposée de surveiller la mère atikamekw puisqu’elle était sous contention. La préposée a refusé puisqu’elle avait trop de patients à sa charge.
Plusieurs minutes se sont écoulées et l’état de santé de Joyce Echaquan s’est dégradé. L’infirmière assistante a affirmé qu’avec du recul, elle aurait transféré immédiatement la patiente en salle de réanimation dès son injection, pour avoir une meilleure surveillance. Elle n’a pas compris pourquoi l’infirmière qui épaulait celle en formation ne l’a pas fait.
Depuis le décès de Joyce Echaquan, une nouvelle directive à l’hôpital de Joliette a été mise en place. Tous les patients qui sont mis sous contention sont transférés en salle de réanimation pour une surveillance accrue.
Les audiences se poursuivront jeudi avec le contre-interrogatoire de la chef de service.
– Avec les informations de Charel Traversy