Un procès historique débute en France: son mari la drogue et la fait violer par des inconnus pendant 10 ans

Gisèle P. (C) est assise aux côtés de sa fille Caroline Darian (G) et de son fils au palais de justice lors du procès de son mari accusé de l'avoir droguée pendant près de dix ans et d'avoir invité des inconnus à la violer à leur domicile de Mazan, une petite ville du sud de la France, à Avignon, le 2 septembre 2024. L'affaire implique 50 co-accusés. Les accusés, dont 18 sont en détention provisoire, sont des hommes âgés de 21 à 68 ans au moment des faits. (Photo Christophe SIMON / AFP)
Gisèle P. (C) est assise aux côtés de sa fille Caroline Darian (G) et de son fils au palais de justice lors du procès de son mari accusé de l'avoir droguée pendant près de dix ans et d'avoir invité des inconnus à la violer à leur domicile de Mazan, une petite ville du sud de la France, à Avignon, le 2 septembre 2024. L'affaire implique 50 co-accusés. Les accusés, dont 18 sont en détention provisoire, sont des hommes âgés de 21 à 68 ans au moment des faits. (Photo Christophe SIMON / AFP) AFP

Léa Martin et Agence France Presse

2024-09-04T18:19:14Z

Un procès historique d’un retraité de 71 ans s’est ouvert lundi en France avec en toile de fond la soumission chimique. On décortique l’affaire.

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Dominique Pélicot est accusé d’avoir drogué sa femme et recruté des inconnus pour la violer à leur domicile pendant près de 10 ans. L’affaire rarissime implique 50 co-accusés. 92 faits de viols ont été recensés. 

La victime, Gisèle P., 72 ans, est arrivée au tribunal entourée de ses avocats et de ses trois enfants, sans dire un mot. 

Selon son avocat, elle «entend bien affronter le regard» des 51 hommes âgés de 26 à 74 ans, dont 18 dans le box des détenus, jugés pour des faits qui pourraient leur valoir jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

La cour a décidé que les débats seront publics. C’est aussi ce que veut Gisèle P. qui avait fait savoir qu’elle souhaitait «une publicité complète» de ce dossier.

Même s’il y aura «des moments extrêmement difficiles», la victime «estime qu’elle n’a pas à se cacher», qu’elle «n’a pas à avoir honte»: «il faut que la honte change de camp», a réagi Me Stéphane Babonneau, un des deux avocats de l’épouse, désormais en instance de divorce, du principal accusé.

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«Lever le voile» sur la soumission chimique intrafamiliale est un des enjeux du procès, a indiqué lors d’une suspension d’audience, Antoine Camus, l’autre avocat de Gisèle P. de ses trois enfants et quatre petits-enfants.

Mais qu’est-ce que la soumission chimique exactement?

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«La soumission chimique est l'administration à des fins criminelles ou délictuelles d'une substance psychoactive à l'insu de la victime», indique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en France.

Lorsqu’on parle de soumission chimique, on a souvent l’image d'une personne qui se fait droguer à son insu par un inconnu dans un bar. Dans le cas de Gisèle P., c’est son mari, qui l’a droguée aux anxiolytiques pendant des années.

Toute l’histoire a été dévoilée en 2020, lorsque Dominique Pélicot a été appréhendé par un agent de sécurité dans une épicerie après avoir filmé sous la jupe de clientes.

En France, la soumission chimique afin de commettre un viol ou une agression sexuelle est punissable de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (environ 112 000 dollars canadiens).

Au Québec, la peine de prison peut être de deux ans à la perpétuité selon les intentions et les actes de l'accusé.

«La sentence pourrait être encore plus lourde si la personne accusée est aussi reconnue coupable d’agression sexuelle», peut-on lire sur le site du gouvernement du Québec.

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