Attentat au Métropolis: un sergent se dit «satisfait» du travail ce soir-là


Michael Nguyen
Malgré un mort et un blessé, le sergent de la Sûreté du Québec chargé de protéger Pauline Marois le soir de l’attentat au Métropolis s’est dit «satisfait» du travail de ses collègues même si aucun d’entre eux n’a jamais vu venir la menace d’un tireur.
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«Oui», a répondu sans hésiter Frédéric Desgagnés quand il s’est fait demander si les agents chargés de détecter les menaces potentielles avaient bien travaillé le soir du drame.
Le sergent Desgagnés témoignait au procès civil de techniciens de scènes qui reprochent à la police d’avoir mal protégé le public, ce soir du 4 septembre 2012 quand Richard Henry Bain a commis un attentat politique. Vêtu d’une robe de chambre et d’un bonnet de douche, il s’était installé en arrière du Métropolis, là où la première ministre élue Pauline Marois, du Parti Québécois, célébrait sa victoire.
Et pendant que Mme Marois effectuait son discours, il s’est pointé amé à l’arrière du bâtiment. Il a pu tirer un coup avant que son arme ne s’enraye, mais la balle a pu tuer le technicien Denis Blanchette et blessé Dave Courage. Bain a ensuite démarré un incendie avant de prendre la fuite, puis de se faire arrêter.
Ces quatre techniciens, qui ont été traumatisés par l’événement, réclament 600 000$ en dommages en arguant que si la police avait bien fait son travail, Bain n’aurait jamais réussi à commettre son attentat.
Dave Courage, qui ne fait pas partie de la poursuite civile, était d’ailleurs présent aujourd’hui en soutien à ses collègues.
«Je souffre toujours, mais on fait avec, j’essaye de rester positif. Je survis», a-t-il brièvement commenté en disant imaginer que les policiers ont «fait leur meilleur ce soir-là, mais parfois c’est pas suffisant».

Canon à confettis
Tout comme ses collègues avant lui, le sergent Desgagnés a estimé que rien n’a pu être fait pour prévenir le drame, puisqu’aucune menace sérieuse n’avait été détectée. En fait, ce jour-là, le seul événement suspect dont se souvient le témoin est la présence de «deux jeunes hommes à l’allure suspecte» qui l’ont regardé.
Il y aurait aussi eu une personne avec un drapeau des Patriotes, selon le témoin.
Ainsi, quand Richard Henry Bain a tiré à quelques dizaines de mètres de Pauline Marois, ce responsable de la SQ a d’abord cru qu’il s’agissait d’un canon à confettis, puisqu’il en avait vu sur la scène.
Puis, quand il a vu l’incendie à la porte que devait utiliser Mme Marois pour quitter les lieux, il ne s’en est pas fait outre mesure.
«Je me rappelle que c’était de la brique et du métal, il n’y avait pas de matières combustibles, a-t-il dit. Je me suis dit que le feu allait diminuer rapidement.»
Pas de protection du public
Jurant ne pas se souvenir d’aucune menace potentielle contre Pauline Marois à cette époque, il a rappelé que le tireur n’avait pas prévenu de l’attentat qu’il allait commettre.
«Il n’avait pas été détecté, c’était un événement imprévisible et irrationnel», a-t-il dit.
II a par ailleurs affirmé que personne ne surveillait le véhicule de fuite de Pauline Marois ce soir-là, et que parmi tous les policiers présents dans le Métropolis, personne n’était chargé de protéger le public.
«Normalement, c’est [la responsabilité] du Service de police de la Ville de Montréal», a-t-il dit.
Il aurait d’ailleurs eu une rencontre informelle avec deux agents de la police municipale, une trentaine de minutes avant l’attentat, mais sa mémoire n’est plus assez fraîche pour qu’il s’en rappelle.
«Je ne me souviens pas», a-t-il répété à plusieurs reprises lors de son contre-interrogatoire par Me Virginie Dufresne-Lemire, qui représente les techniciens de scène.
Le procès se poursuit cet après-midi.