«Une claque dans la face» de la part du premier ministre

Plusieurs acteurs économiques montrent de l’impatience envers François Legault qui tarde à donner le feu vert

Illustration d’archives, Ville de Québec
Photo portrait de Stéphanie  Martin

Stéphanie Martin

2021-02-05T14:33:34Z
2021-02-06T01:18:25Z

L’impatience monte chez les décideurs de la capitale : ils prennent comme une « claque dans la face » les propos de François Legault, qui remet toujours en doute la desserte des banlieues par le réseau de tramway de la Ville de Québec.

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« Pour moi, les propos du premier ministre, c’est un peu une claque dans la face à toute la société civile, au milieu des affaires et aux organisations qui se mobilisent depuis plus de deux ans en faveur du projet et à qui il a assuré, à plusieurs reprises, que la réalisation du réseau structurant était une priorité pour la région », a exprimé l’ancien PDG d’Industrielle Alliance, Yvon Charest, qui est porte-parole de « J’ai ma passe ».  

Ce groupe est formé de plusieurs institutions, organisations, entreprises et citoyens qui militent en faveur du projet de réseau structurant. Parmi eux, Desjardins, la Chambre de commerce, SSQ Assurances, l’Institut de développement urbain, EBC, etc.

« Je ne comprends pas »

Dans une lettre où il pourfend les dernières déclarations de François Legault, M. Charest affirme que les faits donnent tort au premier ministre. Celui-ci a affirmé que les 200 millions $ consentis pour la desserte des banlieues étaient insuffisants.

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« J’avoue que je ne comprends pas : moi, quand je regarde la carte du réseau structurant et de la vision périphérique dans leur ensemble, je vois un important redéploiement des Métrobus et des Express vers La Haute-Saint-Charles, Les Rivières, Beauport, etc. Je vois 5000 nouvelles places de stationnement incitatif et plus de 50 km de mesures préférentielles, soit sous forme de voies réservées ou de priorités aux feux. La réalité, c’est que les faits sont têtus », écrit l’homme d’affaires à la retraite. 

Le président de la Chambre de commerce de Québec, Steeve Lavoie, a insisté sur l’importance de cesser les « chicanes politiques ». « Ce qu’on trouve difficile et triste, c’est de voir tout le débat politique autour d’un enjeu qui est économique. »

Il presse les décideurs de donner le feu vert au projet le plus rapidement possible pour qu’il puisse contribuer à la relance économique. Il craint les retards.

L’objectif de la Chambre est de faire connaître les entreprises d’ici aux principaux consortiums en lice pour la réalisation du projet.

Une rencontre à cet effet est prévue au printemps, mais tout reste dans la balance tant que le gouvernement n’a pas donné le coup de départ, dit M. Lavoie.

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« Déformation des faits »

De son côté, l’organisme Accès transports viables dénonce la « déformation des faits » dans le discours du premier ministre.

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Son directeur général, Étienne Grandmont, se dit estomaqué. Il rappelle que 40 % du tracé du tramway dessert les banlieues de la ville, soit 9 des 22 km du tracé, qui se rendent à Charlesbourg, Pointe-Sainte-Foy et Cap-Rouge.

« Quant à moi, le premier ministre joue avec le feu sur le projet et semble présenter des arguments qui visent davantage à plaire à sa base électorale plutôt qu’à faire avancer le dossier en se basant sur les faits », a-t-il affirmé par voie de communiqué.

De son côté, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a réitéré son soutien au projet de réseau structurant.

Du « sabotage », dit Zanetti

Le député de Québec solidaire Sol Zanetti estime quant à lui que « la CAQ est en train de saboter le projet de tramway à Québec » et juge que l’argument de la desserte des banlieues est « hypocrite ». Il soutient que les travaux doivent débuter rapidement.

Le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Jean-François Gosselin, n’a pas accordé d’entrevue sur le sujet. Il s’est contenté d’un tweet dans lequel il demande : « Est-ce que M. Charest va prendre le tramway ? Si oui, combien de fois par semaine ? »

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla 

Ce qu’ils en pensent  

Photo d'archives
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« Je me demande à quoi ça rime. Je m’attendrais plutôt du premier ministre à ce qu’il nous aide à voir grand pour la région de Québec. »

— Yvon Charest, porte-parole de J’ai ma passe

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« L’argument de la desserte des banlieues servi par la CAQ en ce moment, c’est un argument profondément hypocrite. C’est eux qui refusent de financer le projet original qui comportait un trambus desservant bien les banlieues... et, après, ils ont le culot de critiquer le fait que ça ne va pas assez loin ! »

— Sol Zanetti, député de Jean-Lesage pour Québec Solidaire

« Nous sommes sensibles à votre préoccupation que le réseau de transport structurant desserve les banlieues. À ce titre, nous vous prions de considérer prioritairement le besoin de desservir les premières banlieues de Québec. »

— Jean-François Vallée, président du Conseil de quartier de Lairet, dans une lettre au ministre des Transports

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