Desserte des banlieues avec le réseau structurant: Labeaume n’est pas le seul qui déplore le flou


Jean-Luc Lavallée
Des experts en urbanisme et des environnementalistes invitent à leur tour le gouvernement Legault à clarifier sa vision des choses pour la desserte des banlieues avec le futur réseau structurant.
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Le maire de Québec, Régis Labeaume, est loin d’être le seul qui peine à comprendre la position du gouvernement, lequel répète ad nauseam son désir de mieux desservir la banlieue, sans expliquer où le bât blesse.
« Est-ce que c’est le tracé du tramway qui leur cause problème ? Ou l’offre globale ? Si oui, c’est quoi ? Moi aussi, j’ai beaucoup de misère à suivre. Est-ce que, pour eux, la desserte des banlieues, c’est l’arrimage au troisième lien, donc Lévis ? », s’interroge l’économiste Jean Dubé, qui dirige l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional, à l’Université Laval.
Sa consœur Marie-Hélène Vandersmissen, qui pilote le Département de géographie à l’Université Laval, se pose aussi de sérieuses questions.
« Il me semble que le projet dessert assez bien les banlieues de Québec, du moins les secteurs les plus denses des banlieues [...] Il faudrait qu’il [le ministre Bonnardel] précise sa demande. Que souhaite-t-il comme desserte ? Est-ce que ce sera possible dans le cadre budgétaire actuel sans couper dans les secteurs qui en ont le plus besoin ? »
« C’est très flou. Je ne comprends pas. Il faudrait savoir ce qu’ils veulent », ajoute Étienne Grandmont, d’Accès transports viables, qui siège au comité directeur du réseau structurant.
« Un système de transport en commun, ça ne peut pas aller jusque dans le fin fond de Portneuf. Pour moi, ce projet-là est largement dessiné pour les banlieues et répond très bien aux caractéristiques de Québec et des environs. »
Projet « fantastique »
« Les vrais faits, c’est que c’est un projet fantastique pour les banlieues ! Ce n’est surtout pas en raccourcissant le tramway qu’on va mieux desservir les banlieues. C’est une hérésie », renchérit le directeur général du Conseil régional de l’environnement, Alexandre Turgeon, qui siège aussi au comité directeur du projet.
« Moi, je me tue à répéter que les gains les plus significatifs, en termes d’offre en transport collectif, c’est en banlieue », ajoute-t-il, rappelant que les Métrobus libérés sur le tracé du tramway et les autobus de la Société de transport de Lévis – qui n’auront plus besoin de se rendre au centre-ville de Québec – seront redéployés sur leur territoire respectif pour augmenter la fréquence.
Selon lui, le remplacement du trambus par un Métrobus sur Charest aura par ailleurs un impact « insignifiant » et n’affectera pas la banlieue.
Tous les intervenants consultés par Le Journal, incluant le porte-parole du CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin, rappellent aussi qu’il est impossible de répondre à l’ensemble des besoins sur tout le territoire avec une seule et unique phase de travaux.
— Avec la collaboration de Taïeb Moalla