Une ex-complotiste craint ceux qui n’ont rien à perdre
Elle souhaite aider les gens qui adhèrent toujours à ces théories


Pierre-Paul Biron
Une ancienne adepte des théories du complot sonne l’alarme alors que les groupes anti-mesures sanitaires sont de plus en plus visibles. « Plus ça va aller, plus il y en a qui n’auront plus rien à perdre », s’inquiète Chantal Plante.
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La dame de Longueuil a vécu la spirale des théories du complot et y a laissé plus de 15 ans de sa vie
Tout a commencé pour elle après les attentats du 11 septembre. En dépression, isolée, elle s’abreuve de thèses complotistes sur les événements, et sombre. Elle n’émergera qu’en 2018 après avoir soutenu un paquet d’idées qu’elle qualifie aujourd’hui de farfelues.
Elle s’en est sortie grâce à ses enfants qui s’éloignaient d’elle à mesure qu’elle s’enfonçait.
« C’est là que j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond », confie Chantal Plante, ajoutant qu’au pire de ses élucubrations, elle a souvent songé à s’enlever la vie.
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Inquiétant
C’est principalement ce sentiment « de n’avoir plus rien à perdre » qui lui fait craindre le pire avec les mouvements qui ont pris de l’ampleur avec la campagne vaccinale.
Ceux qu’elle appelle « les gourous », à la tête de certains groupes conspirationnistes, sont « d’excellents manipulateurs » insiste-t-elle. Et leurs membres, à mesure que la crise s’étire, sont de plus en plus mobilisés et convaincus. Ce sont eux, les vraies victimes de tout ce cirque, croit Mme Plante.
« Ça me fait peur quand je vois des publications qui parlent de bombes au parlement ou de tireurs d’élite », déplore la femme, qui continue à surfer sur le web pour observer les mouvances complotistes et pouvoir aider certaines personnes.
Que pense-t-elle du rassemblement prévu ce week-end à Saint-Benoît-Labre, en Beauce ?
« Il faudrait que la santé publique et la sécurité publique fassent un coup d’éclat et empêchent que ça se tienne. Parce que si on les laisse aller, ça les encourage à grossir leur mouvement parce qu’ils croient qu’ils sont légitimes », estime Chantal Plante.
Parler pour aider
Cette dernière s’est placée sous les projecteurs en publiant une longue vidéo Facebook où elle raconte sa descente aux enfers. « Si ça peut aider une seule personne, ce sera ça de fait », explique-t-elle.
Elle a depuis reçu plusieurs messages de gens qui ont perdu des proches dans la spirale complotiste. Son plus grand conseil ?
« Il ne faut pas confronter, il faut écouter et tenter de comprendre, même si c’est difficile », soutient Mme Plante, insistant sur l’importance de ne pas couper les ponts.
« C’est là qu’on peut les perdre complètement. Écoutez et quand vous percevez le moindre doute dans le discours, c’est la porte entrouverte, la lueur d’espoir pour les ramener à la raison. Mais ça va prendre de l’aide professionnelle et beaucoup d’énergie », prévient la femme.