Une quarantaine qui fait mal aux familles séparées
Des couples qui attendent une demande de parrainage demandent des exceptions


Erika Aubin
Des couples coincés dans la bureaucratie du programme de parrainage d’époux déplorent de ne pouvoir être exemptés de la quarantaine à l’hôtel au coût de 2000 $ s’ils visitent leur douce moitié vivant encore à l’étranger.
• À lire aussi: Les hôteliers se préparent à accueillir les voyageurs en quarantaine
• À lire aussi: De nouveaux scénarios de retour pour des snowbirds
« On nous vole du temps ensemble, lance Bilanka Pia Kinaszczuk. De payer 2000 $ pour une quarantaine à l’hôtel, c’est impossible présentement. »
Elle se trouvait aux côtés de son mari, Eduardo Moreno Cabrera, à Cuba, lorsque le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures pour les voyageurs.
Ne sachant pas quand ces restrictions entreraient en vigueur, elle est revenue au pays en catimini à la fin janvier.
Le premier ministre Justin Trudeau a finalement annoncé vendredi que l’obligation de se placer en quarantaine à l’hôtel au retour d’un voyage, au coût de 2000 $, sera effective le 22 février.
« Normalement, je vais à Cuba tous les deux ou trois mois. Mais avec les restrictions, je ne pourrai pas aller voir mon mari. Et il n’a pas pu venir ici parce qu’on lui a refusé son visa visiteur. On attend la réponse d’une deuxième demande depuis 165 jours », explique Mme Kinaszczuk.
Doublement essentiel

De son côté, Marc Paquette souhaite, en mars, rendre visite à sa femme, qui vit en Colombie.
« Ma belle-mère va être opérée pour enlever une tumeur au rein. Je veux être auprès de la famille. C’est un voyage doublement essentiel », estime M. Paquette.
Tout en insistant sur l’importance de l’isolement de 14 jours en revenant au pays, il croit que sa situation devrait faire partie des exemptions d’une quarantaine à l’hôtel.
« Ce 2000 $, c’est un fardeau financier de plus », laisse-t-il tomber.
Le jeune couple se perd dans des procédures de parrainage « qui s’éternisent en longueur » depuis maintenant 13 mois.
« En réalité, je devrais déjà avoir terminé le processus et être auprès de ma femme. Chaque dollar que je dépense [pour aller la visiter] est volé à ma famille », dit-il.
Des délais déraisonnables
Par un froid glacial, des dizaines de manifestants se sont rassemblés samedi devant le bureau montréalais de la députée libérale Soraya Martinez Ferrada afin de dénoncer « les délais déraisonnables » du programme de parrainage d’époux.
« Je veux mon papa », pouvait-on lire sur la pancarte d’une jeune militante.
« Nous sommes plusieurs coincés dans la bureaucratie du programme et encore plus coincés par les restrictions de voyage et la fermeture des frontières. Cela nous déchire », ajoute Bilanka Pia Kinaszczuk.
Avec son mari, elle est embourbée depuis 13 mois dans un processus de parrainage.