Entre famille et souvenirs: les confidences de Guy Carbonneau

Grand-papa de quatre petits-enfants

Dave Morissette

2025-12-24T11:00:00Z

C’est à l’occasion d’une soirée organisée par le Fonds Guy Lafleur que notre collaborateur a rencontré l’ancien capitaine des Canadiens et membre du Temple de la renommée du hockey. Derrière la légende du Tricolore se cache aussi un homme comblé par un rôle qui lui tient plus à cœur que n’importe quel trophée: celui de grand-père. Guy Carbonneau s’est confié sur sa «retraite active», l’importance de ses racines et le bonheur de voir grandir ses quatre petits-enfants.

Carbo, pourquoi est-ce important pour toi de t’impliquer auprès du Fonds Guy Lafleur?

C’est une bonne cause (la recherche pour le cancer). Quand Martin (Lafleur, fils de Guy) nous a approchés pour le Fonds, on n’a pas hésité, on s’est aussitôt impliqués. Je pense que les hôpitaux et la recherche, aujourd’hui, c'est quelque chose d'extrêmement important. Guy, c'était un ami, j'ai joué avec lui, mais nous avons aussi été voisins sur l’Île Bizard pendant une trentaine d’années.

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Justement, revoir des images de Guy Lafleur ce soir, toi qui étais une recrue quand tu es arrivé dans le vestiaire en 1979, qu’est-ce que ça te fait?

Ça remue des souvenirs. Moi, je viens de Sept-Îles, et comme pour tous les Québécois, le samedi soir c’était les matchs des Canadiens. Avant d'être repêché à 19 ans, je n'avais jamais mis les pieds au Forum de Montréal ni vu les Canadiens en action. Alors, voir Montréal, le Forum, c'était impressionnant. C'est sûr et certain que, la première journée au camp d'entraînement, lorsque tu rentres dans le vestiaire et que tu vois Guy Lafleur, Bob Gainey, Larry Robinson, tous ces grands noms, tu te sens humble, tu as le cœur serré. Mais ils m’ont accueilli tout de suite, l'esprit d'équipe était extrêmement fort et c'était vraiment le fun de passer du temps avec eux.

Carbo reçoit la Coupe Stanley après la victoire des Canadiens contre les Kings de Los Angeles, en 1993. Il en a remporté trois en carrière, deux avec les Canadiens et l’autre avec les Stars de Dallas.
Carbo reçoit la Coupe Stanley après la victoire des Canadiens contre les Kings de Los Angeles, en 1993. Il en a remporté trois en carrière, deux avec les Canadiens et l’autre avec les Stars de Dallas. Getty Images

Tu parles de tes débuts, mais quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui arrivent dans la LNH aujourd'hui, avec les contrats mirobolants qu'on voit, comme le 17 millions par année de Kaprizov?

C'est beaucoup d'argent, il y en a qui ont fait ça en toute une carrière. Mais je pense qu’aujourd'hui, les jeunes sont mieux entourés qu'à notre époque. Nous, on n'avait pas Internet, les réseaux sociaux, etc., on ne savait pas toujours ce qui se passait ailleurs. Aujourd'hui, la Ligue fait un meilleur travail pour les guider. Pour les jeunes, je pense que l'essentiel est de ne jamais oublier qui ils sont et d'où ils viennent. Un peu comme nous l'avons fait; le petit gars de Sept-Îles est toujours là en moi. Quand ça va bien, c'est le fun, mais quand ça va mal, tu as besoin de soutien, de rester proche de la famille et des amis.

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Tu as joué jusqu’à 40 ans et tu as pris ta retraite en 2000. Aujourd’hui, à 65 ans, comment te gardes-tu en forme?

J'ai beaucoup souffert dans les dernières années de ma carrière. Quand j'ai arrêté de jouer, j'avais les hanches très usées. En 2010, je me suis fait remplacer les deux hanches. J'ai recommencé à m'entraîner un petit peu. Je fais beaucoup de vélo, et je patine encore. Je joue aussi de temps à autre avec les Anciens Canadiens.

Avec son épouse, Line, sa complice depuis 44 ans.
Avec son épouse, Line, sa complice depuis 44 ans. Patrick Seguin / TVA Publications

Tu es grand-père, maintenant! Parle-moi de ton nouveau rôle.

Oui, j'ai quatre petits-enfants. Mes deux filles, Anne-Marie et Christina, sont restées à Dallas. Anne-Marie a trois enfants: l'aînée a 21 ans et étudie à l'Université d'Oklahoma, et puis il y a les jumeaux, Mallory et Brody, qui ont 17 ans. Brody joue au hockey, il est rendu à Pittsfield au Massachusetts, et Mallory est encore à la maison aux études. Et ma plus jeune, Christina, vient tout juste d'avoir un petit garçon, Harrison, qui a quatre mois et demi.

Comment est le «Grand-papa Carbo»? Est-ce que tu es proche d'eux malgré la distance?

Être grand-papa, c'est le fun! Quand je suis parti de Montréal pour Dallas à l'époque, les enfants n'étaient pas nés. Aujourd'hui, on est très proches, on va les voir très souvent. L'an passé, les trois plus vieux sont venus passer quelques jours avec nous en Floride. Il a fallu que j'aille faire le marché, et c'est là que je me suis rendu compte que, depuis des années, on est juste moi et mon épouse! (rires) On a eu beaucoup de plaisir avec eux. Je prévois d'ailleurs aller bientôt une fin de semaine aux États-Unis voir mon petit-fils jouer.

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Est-ce qu'ils réalisent que leur grand-père est une légende du hockey?

Ils ne m'ont jamais vu jouer, mais ils ont été impliqués lors d’une cérémonie en lien avec mon intronisation au Temple de la renommée qui a été faite à Dallas. Avec le temps, ils ont eu la chance de voir certains moments de ma carrière.

Guy Carbonneau a été entraîneur des Canadiens d’octobre 2006 à mars 2009.
Guy Carbonneau a été entraîneur des Canadiens d’octobre 2006 à mars 2009. Getty Images

Tu as l'air serein. Tu as pris ta retraite de joueur en 2000, mais je te vois partout. Es-tu vraiment à la retraite?

C'est une semi-retraite. On se garde impliqués. J'ai été coach, assistant DG à Dallas, puis je suis revenu comme instructeur ici. Maintenant, je travaille à la télévision et j'adore ça. En plus, je suis ambassadeur pour les Canadiens et je siège sur le comité de direction de l'Association des anciens joueurs de la LNH pour aider ceux qui ont des difficultés. Je ne me verrais pas arrêter du jour au lendemain. On est chanceux à Montréal, la communauté des anciens est tissée serré et l'organisation s'occupe bien de nous.

Qu'est-ce que je peux te souhaiter pour la prochaine année?

La même chose que pour tout le monde: garder la santé. On touche du bois! Profiter du temps qui passe. Et peut-être une autre présence en séries éliminatoires pour les Canadiens. Ç’a été vraiment le fun la saison passée!  

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