Front commun des premiers ministres contre les tarifs américains... sauf l’Alberta

Feront-ils peur à Trump?

Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Guillaume St-Pierre

Guillaume St-Pierre

2025-01-16T11:30:58Z

OTTAWA | Ottawa et les provinces ont décidé de s’unir dans la douleur face aux menaces de tarifs de Donald Trump, à l’exception notable de l’Alberta. 

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Ce n’est donc pas François Legault qui a fait figure de mouton noir, mais Danielle Smith, qui n’a même pas daigné se présenter en personne à la rencontre d’urgence des premiers ministres à quelques jours de l’arrivée de Trump à la Maison-blanche.

REUTERS
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Mme Smith s’est branchée virtuellement depuis le Panama, où elle séjourne en vacances.

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Une énorme fausse note dans un effort d’unité. Même François Legault a ouvert la porte à mettre l’aluminium et l’hydro-électricité dans la balance pour répliquer aux tarifs de Trump.

Capture d'écran/TVA Nouvelles
Capture d'écran/TVA Nouvelles

« Le premier choix, c’est de ne pas avoir de tarifs, a commenté M. Legault après la rencontre. On n’annoncera rien avant qu’il y ait des tarifs de mis en place par l’administration Trump. Maintenant, si monsieur Trump met en place des tarifs, il ne faut rien exclure, incluant l’énergie, l’électricité. »

C’EST QUOI LE PLAN ?

Mme Smith semble rejeter toute forme de représailles tarifaires. On se demande bien quel serait son plan face à Trump.

On peut la comprendre d’en vouloir au fédéral et particulièrement au Québec, qui ont bloqué des projets de pipelines.

Dans une réaction vitriolique sur les réseaux sociaux, elle « exhorte l’ensemble de la nation » à lancer de « multiples projets » d’exportation pétrolière.

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C’est de bonne guerre, mais un pipeline ne se construit pas en un mois, tandis que les tarifs américains nous frapperont peut-être dès la semaine prochaine.

De toute façon, utiliser le pétrole pour attaquer Trump n’est pas aussi simple qu’on pense.

Le pétrole que nous exportons aux États-unis est par la suite raffiné pour nous être revendu.

Mettre des tarifs sur nos exportations de pétrole pourrait faire grimper notre propre prix à la pompe.

TRUMP CONTINUE DE RIGOLER

Dans cette guerre commerciale qui nous pend au bout du nez, le Canada peut répliquer, mais face au géant américain, nous ne faisons tout simplement pas le poids.

François Legault évoque carrément 100 000 emplois perdus si Trump met sa menace à exécution. C’est même des centaines de milliers d’emplois qui pourraient être affectés d’une manière ou d’une autre.

L’image de Justin Trudeau avec les premiers ministres des provinces à ses côtés tranchait par rapport au brouhaha qui a marqué les dernières semaines.

L’unité, même si elle n’est pas parfaite sans l’alberta, est la moindre des choses.

Face à Trump et ses menaces de tarifs, le Canada conserve malgré tout le petit bout du bâton.

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