Le réseau de transport sera «la question de l’urne», selon Jean-François Gosselin

Il promet d’être «le maire de la relance économique post-COVID»

Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, est convaincu que le gouvernement du Québec appuiera son projet de métro léger s’il est porté à la tête de la Ville de Québec.
Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, est convaincu que le gouvernement du Québec appuiera son projet de métro léger s’il est porté à la tête de la Ville de Québec. Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Taïeb Moalla

Taïeb Moalla

2021-08-27T04:00:00Z

Tramway ou métro léger ? Jean-François Gosselin est convaincu que l’enjeu de la mobilité sera « la question de l’urne » lors du scrutin municipal du 7 novembre.

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« Ça va être la question de l’urne, c’est clair. Quand on parle de ce sujet-là, ça explose littéralement. Tout le monde me parle de ça, et les gens veulent se prononcer », a assuré le chef de Québec 21, hier, en entrevue éditoriale avec Le Journal

Après quatre ans comme chef de l’opposition à l’hôtel de ville, M. Gosselin se dit désormais fin prêt à diriger la municipalité. S’il est élu comme maire de Québec, il arrêterait immédiatement les travaux préparatoires en cours réalisés pour le tramway. 

Aussi, il a assuré avoir « la confirmation » que le gouvernement du Québec respectera le choix des citoyens de la ville. En cas de victoire à la mairie, c’est son projet de près de 3 G$ – intitulé VALSE – qui obtiendrait les financements nécessaires plutôt que le tramway, a-t-il juré. 

« J’ai validé évidemment, avant de le présenter, que le gouvernement du Québec écouterait la population, et c’est le cas, a-t-il fait savoir. Les citoyens vont décider quel va être le projet, et le gouvernement du Québec va aller avec le projet de la Ville de Québec. » Notons toutefois que le gouvernement du Québec répète, depuis des semaines, qu’il refuse de se mêler de l’élection municipale. 

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Consultations publiques

D’après M. Gosselin, « le tramway divise la population. Nous, on est arrivés avec un projet rassembleur. » 

Dévoilé en juin, le projet de Québec 21 prévoit un métro léger de 13,5 km entre Sainte-Foy et la colline Parlementaire et un trambus de 4,5 km. Il doit voir le jour à l’horizon 2028-2029. Si M. Gosselin est élu, ce dernier promet que des consultations publiques seront organisées dans les 100 premiers jours du mandat pour discuter avec la population et pour bonifier le projet VALSE.

Conscient d’être le seul des cinq candidats à la mairie à s’opposer au tramway, le chef de Québec 21 se défend de vouloir mettre la table à un scrutin référendaire et de tenter ainsi de rallier les électeurs anti-tramway. « On ne fait pas de calcul stratégique politique. Je crois en notre projet. J’en suis fier. Et je suis convaincu que c’est le meilleur projet pour la ville. J’y vais avec mes convictions. Une élection, ça sert à s’engager. » 

Autres engagements

Outre le transport, M. Gosselin s’est présenté comme « le maire de la relance économique post-COVID ». 

À ses yeux, cela passe par trois axes majeurs. Le premier est d’offrir des aides directes massives à l’industrie touristique qui en arrache passablement depuis un an et demi à cause de la pandémie. 

En deuxième lieu, le chef de Québec 21 prône un gel des taxes résidentielles et commerciales au moins durant les deux premières années d’un éventuel mandat. Aussi, le prétendant à la mairie promet d’instaurer de « la rigueur budgétaire » dans les finances de la municipalité. 

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« L’administration en place, surtout dans les dernières années, a été dépensière avec des projets qui coûtent beaucoup trop cher et qui ne bonifient pas le service aux citoyens », a-t-il regretté. 

VERS DES ÉCHANGES RESPECTUEUX

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Le départ de Régis Labeaume de la vie politique municipale fera en sorte que « les échanges seront plus respectueux », croit Jean-François Gosselin. Cela n’a pas empêché le chef de Québec 21 de lancer quelques piques à ses deux principaux adversaires à la mairie. Il a ainsi qualifié Marie-Josée Savard de « pâle copie de Régis Labeaume ». Il a aussi affirmé que Bruno Marchand, chef de Québec forte et fière, souffle « le chaud et le froid depuis le début. Il dit qu’il va faire des améliorations, mais il n’a aucune solution [...] Il ne décide de rien à part de dire qu’il va écouter le monde ».   

TROIS PROCHES PASSÉS CHEZ L’ADVERSAIRE

Photo d'archives
Photo d'archives

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Trois personnes qui figuraient parmi la garde rapprochée de M. Gosselin lors du scrutin de l’automne 2017 agissent désormais comme bénévoles auprès d’Équipe Savard. Il s’agit de l’organisateur Serge Marcotte, de l’ancienne colistière Nancy Piuze et de l’ex-candidate Geneviève Cormier. Ces trois-là avaient fini par claquer la porte de Québec 21 à la suite d’une crise interne qui a fortement ébranlé le parti en 2019. « Je leur souhaite la meilleure des chances [...] Je suis très content », a commenté le chef de Québec 21 en parlant de ce passage chez l’adversaire. Invoquant des ententes de confidentialité, il a évité de s’étendre sur cet épisode de sa vie politique allant même jusqu’à qualifier cette période tumultueuse de « mauvais cauchemar ». 

IL ANNONCERAIT SUR CHOI FM

S’il est porté à la tête de la Ville de Québec, Jean-François Gosselin ramènerait les publicités municipales sur les ondes de CHOI FM. « Quand la Ville de Québec décide de faire des communications à travers des publicités, c’est important de rejoindre tout le monde », a-t-il insisté. D’après lui, le maire Labeaume a tenté de « régler de vieilles chicanes » quand il a coupé la publicité sur les ondes de CHOI en invoquant des messages véhiculés contraires aux recommandations de la Santé publique.   

MEILLEUR COUP / PIRE COUP

Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Le recrutement de l’ancien numéro deux de la Ville, Richard Côté, comme chef de cabinet fut le meilleur coup politique fait par Jean-François Gosselin lors des quatre dernières années, a soutenu le candidat à la mairie. Interrogé sur son pire coup, il a admis avoir donné parfois des réponses maladroites lors d’impromptus de presse. Il a aussi évoqué une conférence de presse sur le budget particulièrement tumultueuse à la fin 2017, quelques jours après son arrivée à l’hôtel de ville. « J’avais l’impression de parler chinois et eux autres [les journalistes], ils parlaient vietnamien », s’est-il amusé. 

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