«La jeune Eve-Marie avait de la difficulté à placer les pays sur la carte du monde»: comment s’intéresser à la politique internationale selon Eve-Marie Lortie

Ève-Marie Lortie
Salut Bonjour, chers lecteurs. À vous qui suivez notre émission chaque jour de la semaine, vous avez remarqué que l’actualité internationale prend beaucoup de place. On y consacre du temps dans nos bulletins de nouvelles, on ajoute même des entrevues pour comprendre les enjeux et les crises. En plus de ce qu’annonce le président des États-Unis, il y a les manifestations en Iran, Gaza, Israël, l’Ukraine, la Russie, le Venezuela et j’en passe.
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Récemment, des gens m’ont dit: «Je ne m’intéresse pas à l’actualité internationale, c’est loin de moi.» Une autre personne a ajouté: «Je n’y comprends rien, je ne sais pas par où commencer. C’est facile pour toi, Eve-Marie, c’est ton travail...»
Attention.
Moi aussi, je suis partie de loin pour m’intéresser à l’état du monde. La jeune Eve-Marie qui travaillait dans les bars et qui était fascinée par les communications avait de la difficulté à placer les pays sur la carte du monde. J’avais quelques connaissances générales emmagasinées par les lectures de bandes dessinées comme Mafalda et Tintin, mais c’est tout.

L’étincelle du début
C’est en 1991 que j’ai commencé ma formation en communication au cégep de Jonquière. 1991, c’est la chute de l’URSS. La jeune d’Arvida apprend alors l’existence de pays comme l’Ouzbékistan, l’Estonie et le Tadjikistan. Le mot clé ici: j’apprends. Il y a toujours une étincelle pour le début d’un apprentissage. Quelle est l’importance de vouloir connaître ce qui se passe ailleurs? Par quoi et par où on commence?
J’ai posé mes questions à un prof que j’estime beaucoup. Depuis 25 ans, Éric Arseneault œuvre au cégep de Jonquière aux élèves de L’École supérieure en Art et technologie des médias. Depuis 15 ans, il enseigne l’actualité internationale à des jeunes de 17 ans environ, qui sont dans leur première année au collégial. Des étudiants qui, comme la jeune Eve-Marie, partent avec un petit bagage de connaissances et qui doivent tout d’un coup s’ouvrir au monde entier.
Éric m’explique: «Je dis souvent à mes jeunes: “Si vous voulez comprendre un dossier, si vous voulez vous y intéresser, il faut d’abord en connaître les clés. Il faut connaître les acteurs en place, lire sur les enjeux pour, tout d’un coup, être capable de faire des liens, de faire des rapprochements.” Je leur dis: “Quand vous faites le plein de votre voiture, dites-vous que l’actualité internationale un impact... Ça fixe les prix à la pompe.” »
Éric me ramène à mes années de cégep: «Je ne sais pas si tu te souviens de la citation d’Oscar Wilde de Monsieur Vieux [notre prof d’actualité internationale de l’époque] qui dit: Je préfère lire les journaux de l’année passée, ça me permet de mieux comprendre l’importance des sujets d’aujourd’hui.» Éric explique à ses étudiants que c’est important de faire un retour en arrière pour comprendre. Il fait un petit exercice avec eux. Il présente des photos d’événements marquants pour qu’ils essaient de les identifier. Des fois, il leur en manque des bouts, mais souvent, ils accrochent sur des choses, s’y intéressent et continuent leur apprentissage.
Développer ses intérêts
J’ai contacté un autre pédagogue que j’estime beaucoup, notre collaborateur Luc Laliberté. Il a pris sa retraite de l’enseignement, mais explique encore l’état du monde sur différentes tribunes. Souvent, on l’invite à Salut Bonjour. Voici ses réflexions sur la question de l’actualité internationale.

«Dans un monde interconnecté, la politique internationale façonne notre quotidien. Les décisions prises dans les capitales étrangères influencent le prix de notre essence, la disponibilité des produits et la sécurité de nos emplois. Ignorer ces réalités revient à naviguer à l’aveugle dans un océan de forces qui nous affectent constamment. Pour un Québécois curieux de s’engager, plusieurs avenues s’offrent à lui. Il faut diversifier ses sources médiatiques, qu’elles soient régionales ou internationales. Le Québec compte sur un grand nombre de spécialistes et de vulgarisateurs, dont une de leurs missions est d’assurer la circulation d’une information qui permet souvent d’éviter les pièges des réseaux sociaux. La politique internationale n’est pas réservée aux experts. Chaque Québécois peut, selon ses intérêts, développer une compréhension du monde et participer aux conversations qui façonnent notre avenir collectif.»

Par où commencer?
J’ai envie de vous dire de vous faire confiance si vous hésitez à plonger dans des questions internationales. Mes trucs: aller voir un libraire et demander un roman dont l’action se passe dans le pays qui vous intéresse. La fiction est souvent un bon point de départ pour s’ouvrir sur la réalité. Les films, les jeux vidéo aident aussi à placer les choses. Et après, trouvez votre chroniqueur, votre émission, votre journal qui parlera un langage pédagogique qui va vous convenir.
On ne pourra jamais tout comprendre. L’état du monde change continuellement. J’aurai finalement eu la piqûre pour l’actualité internationale dans ma vingtaine, grâce à des enseignants impliqués. J’aurais aimé être journaliste à l’étranger. J’ai pris un autre chemin.
Ma seule couverture journalistique internationale a été le mariage du prince William avec Kate Middleton en 2011 à Londres. Pas de grands enjeux démocratiques ici, j’en conviens. Mais j’avais quand même l’accréditation de la presse internationale et j’en suis encore fière!
