Le Canadien prêt pour une autre surprise
Le Lightning de Tampa Bay représente le plus grand défi du Canadien


Jonathan Bernier
TAMPA | «Nous allons surprendre le monde du hockey.» Quand on raconte l’épopée du Canadien de 1993, cette déclaration, lancée par Jacques Demers à l’ouverture du camp d’entraînement, résonne encore. Vingt-huit ans plus tard, si le Tricolore venait à bout du Lightning, il réaliserait le même exploit.
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Car, au fond d’eux-mêmes, peu nombreux sont ceux qui donnent une chance logique aux Montréalais contre la puissante machine floridienne.
Mais puisque plus aucune logique ne tient la route depuis quelques mois, on se permet de rêver.
Et avec raison. Après tout, le Tricolore a renversé les Maple Leafs, les Jets et les Golden Knights, trois équipes face auxquelles il n’était pas censé faire le poids.
«Dominique [Ducharme] a fait tout un travail en instaurant la culture du mérite et de la croyance en soi, a indiqué Luke Richardson. Que les gens pensent que nous sommes négligés, c’est correct. Mais nous, on ne croit pas l’être. On a confiance en nous et en ce que nous avons accompli jusqu’ici.»
Sauf que c’est tout un défi qui attend le Canadien.
À quelques exceptions près, le Lightning affiche la même formation que celle qui a soulevé la coupe Stanley dans la bulle d’Edmonton, l’automne dernier.
«Ils possèdent cette expérience, c’est vrai. Mais Marc est allé chercher des joueurs qui l’ont également vécu dans le passé, a souligné Richardson. En n’ayant pas gagné la coupe l’an dernier, ces gars-là sont peut-être plus affamés que ceux du Lightning. Ils savent que c’est possiblement l’une de leurs dernières occasions.»
Choc de titans
Si le Canadien a atteint la finale, il le doit en grande partie à Carey Price. Par sa solidité devant le filet et ses arrêts spectaculaires, il est entré dans la tête des attaquants adverses à chaque ronde, faisant monter leur niveau de frustration de match en match.
En raison des nombreuses munitions dont regorge le Lightning en attaque, l’incidence d’Andrei Vasilevskiy sur le résultat des matchs n’a pas été aussi apparente. Sauf que le gardien russe affiche de meilleures statistiques que son vis-à-vis (1,99 et ,936). Ce qui, en soi, est un tour de force.
«C’est un excellent gardien qui joue au sein d’une tout aussi excellente équipe, a reconnu Tyler Toffoli, meilleur buteur du Canadien en saison régulière. Je crois qu’il faudra simplement continuer de trouver des façons de marquer des buts. On en a marqué des beaux, on en a marqué des laids. On n’a pas besoin de changer notre façon de faire.»
Du jamais vu
Selon Richardson, le défi qui se présentera à ses joueurs sera semblable à celui du deuxième tour, contre Connor Hellebuyck. Or, la technique du grand américain était loin d’arriver à la cheville de celles de Price et de Vasilevskiy.
«Ce sont deux gros gardiens qui sont du calibre de candidat au trophée Vézina. Carey joue avec confiance, il est là quand nous avons des moments de faiblesse. C’est la même chose pour Vasilevskiy. Le Lightning est une équipe offensive. Quand on ouvre le jeu, on offre parfois des occasions à l’adversaire. Il est là pour faire les gros arrêts au bon moment.»
Cette finale mettra aux prises des unités spéciales dont les performances représentent du jamais vu. Depuis un mois, le Canadien n’a accordé aucun but en désavantage numérique: parfait en 30 occasions.
Si l’on regarde le portrait depuis le début des séries éliminatoires, on voit que le Canadien affiche un pourcentage d’efficacité de 93,5% en infériorité numérique. Du jamais vu depuis que la LNH compile cette statistique.
À l’inverse, le Lighting est la première équipe depuis les Islanders de 1981 à se présenter en finale après avoir converti au moins 37,7% de ses supériorités numériques.
«Les gars font de l’excellent travail en désavantage numérique. Il faudra continuer d’être agressifs pour éviter qu’ils puissent s’installer, a indiqué Richardson. Mais il faudra tout de même être disciplinés et éviter les punitions de bâton en zone neutre ou en territoire adverse.»
Excellente idée, car ça pourrait coûter cher.