Mettre l’enseignement sur pause: Le pari gagnant de Fabiola Nyrva Aladin en 2025

Marjolaine Simard

2026-02-20T11:00:00Z

Enseignante passionnée, Fabiola Nyrva Aladin a mis sa classe sur pause pour plonger à fond dans une série de projets qui ont marqué son année 2025. De Big Brother Célébrités à Kamikazes !, en passant par Veille sur moi, Dumas, Antigang et Zénith, l’improvisatrice, actrice et chanteuse enchaîne les rôles et les expériences. Elle nous parle de cette vie foisonnante, qu’elle savoure aujourd’hui avec un bonheur contagieux.

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Semble-t-il que ton premier rêve d’enfant était de devenir comédienne, mais qu’une telle carrière te paraissait inaccessible...

C’était vraiment mon tout premier rêve. Quand j’étais jeune, je voulais jouer, incarner des personnages, raconter des histoires. C’était très clair dans ma tête. Mais en grandissant, j’ai aussi appris à être réaliste — ou peut-être à me protéger. Je me suis dit que ce serait correct si ça n’arrivait pas, que ce ne serait pas un échec. L’impro est devenue une façon très saine et complète de nourrir ce besoin-là, sans en faire un projet de carrière à tout prix.

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L’impro a donc joué un rôle clé dans ton parcours...

Oui, mais même là, ç’a été long avant que je me sente légitime. J’ai commencé en cinquième secondaire et j’ai mis presque 10 ans avant de me sentir vraiment à ma place là-dedans. À force de côtoyer des gens que je trouvais drôles, de comprendre ce qui me faisait rire, j’ai fini par saisir ce que ça voulait dire, être drôle.

La musique a également occupé une grande place dans ta vie...

Mon image de marque a été associée à la musique sans que je l’aie vraiment planifié. J’ai toujours dit que j’aimais le karaoké, que j’aimais chanter, j’ai fait des spectacles-bénéfice... Puis, tout d’un coup, ça a déboulé. On m’a approchée pour coanimer Belle et Bum avec Marie-Josée Gauvin et Lunou Zucchini, on m’a offert d’animer une émission de radio, Fab de rêve, sur ICI Musique, ainsi que de participer à Zénith. Je suis vraiment contente que la musique fasse maintenant partie de mon identité publique, même si je ne l’avais jamais imaginée comme ça.

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Cet amour de la musique vient de loin, n’est-ce pas ?

Très jeune. Je suis originaire de Repentigny. Mes parents sont venus d’Haïti et se sont rencontrés ici, où je suis née. J’ai trois frères plus vieux que moi. J’étais à la fois la plus jeune et la seule fille. Eux avaient leurs intérêts, leur complicité, leurs affaires de grands frères, donc j’ai appris assez tôt à me créer mon propre monde. La musique s’est invitée dans cet espace-là. C’est devenu mon refuge, mon terrain de jeu, ma meilleure amie. Je passais des heures à écouter la radio, à chanter les chansons du début à la fin. C’était mon activité préférée. Quand j’étais seule à la maison, je me faisais de vrais spectacles.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Et cette passion t’a suivie jusqu’à aujourd’hui.

Oui ! Plus tard, j’ai habité à Sherbrooke pendant cinq ans pour mes études en enseignement, et mon chum de l’époque habitait à Jonquière. Je faisais donc beaucoup de route et, dans l’auto, je me faisais des spectacles de six heures. Je chantais le plus fort possible pour que le trajet passe plus vite. J’arrivais brûlée, la voix fatiguée, en disant à mon chum : « C’est normal que je sois à terre, je viens de me claquer un spectacle complet ! » (rires)

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Pourquoi avoir choisi d’étudier l’enseignement à l’Université de Sherbrooke alors que tu es originaire de Repentigny ?

Je suis tombée amoureuse du campus. Il avait quelque chose de très « américain », avec beaucoup de verdure, d’eau... Et le programme offrait énormément d’heures de stage. Pour moi, si tu veux être bon, il faut t’exercer. Je voulais aussi sortir de Montréal, vivre ailleurs pendant quelques années, ouvrir mon regard.

Tu es passionnée par ton métier d’enseignante, mais tu as dû prendre une pause, ta carrière dans les médias étant devenue un véritable feu roulant. La classe te manque-t-elle ?

Oui. Je n’ai pas encore fait mon deuil de l’enseignement. Surtout en septembre dernier, ça m’a fait de la peine de manquer la rentrée. Mais en même temps, la raison pour laquelle je n’enseigne pas est extraordinaire. Je suis tellement reconnaissante de ma situation actuelle, qui fonctionne au point de prendre toute la place. Il faut juste que je me garde un petit espace pour vivre cette nostalgie-là.

Pendant tes études à Sherbrooke, tu as aussi travaillé dans une maison des jeunes. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

Tellement de choses ! Ça m’a permis de rencontrer des ados incroyables, d’être vraiment en contact avec eux, avec leur franchise, leur humour, leur façon tellement brute et vraie de voir le monde. Sérieusement, les ados sont encore aujourd’hui ma sorte d’humains préférée. Travailler là-bas m’a aussi appris à écouter autrement, à être présente sans juger. C’est une expérience qui m’a profondément marquée et qui a influencé ma façon d’enseigner.

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On te voit beaucoup à l’écran ces temps-ci. As-tu l’impression que ton personnage de Sandrine Pleau dans Antigang va prendre plus d’ampleur ?

Je ne sais pas encore exactement jusqu’où ça va aller, mais d’après ce que j’ai vu dans les textes, c’est possible qu’on me voie un peu plus. Pour ma part, je suis une fan de la série, alors quand je reçois les textes, j’essaie de ne pas trop les lire d’avance, histoire d’éviter de me dévoiler des punchs... Je suis vraiment à fond dans l’intrigue, je veux la vivre comme tout le monde. C’est une série très écoutée, les réactions sont fortes, et ça, c’est vraiment le fun.

Apple Photos Clean Up
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Il y a aussi la série web Échouées, diffusée sur Télé-Québec. Qu’est-ce qui t’a séduite dans ce projet-là ?

Le projet en soi est magnifique. J’incarne Nora, une femme beaucoup plus courageuse que moi. Elle dit ce qu’elle pense, elle est fonceuse. Chez moi, tout passe plus en douceur. Je suis très polie, je porte des gants blancs jusqu’aux épaules. Elle a plus de front que moi, et je trouve ça inspirant. Tout ce qu’elle fait, elle le fait pour le bien-être des autres. Elle est propriétaire d’une friperie taille plus parce qu’elle sait que l’offre est limitée. On la voit évoluer avec sa conjointe, jouée par Florence Blain Mbaye. On sent que ces deux femmes se challengent beaucoup dans leur couple.

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La série aborde la diversité corporelle...

C’est un sujet important pour moi, parce que certains enjeux liés à la diversité corporelle sont tellement normalisés qu’on ne se rend même plus compte de l’impact réel qu’ils ont. Ce qui me touche particulièrement, c’est de montrer que les obstacles vécus par les personnes bien en chair ne sont pas liés à un manque d’estime de soi. Ce n’est pas juste « je ne m’aime pas », c’est qu’on te répète constamment que tu n’as pas le droit d’exister dans ton corps. Ouvrir cette fenêtre-là, c’est important.

On te connaît aussi pour ton côté humoristique, qui est mis en évidence dans Kamikazes !, notamment. Quand as-tu découvert que tu possédais un don pour faire rire ?

Enfant, je faisais déjà des jokes. Je me rappelle très précisément d’une blague qui a marqué un tournant pour moi, à l’âge de 13 ans. Au primaire, on utilisait des petits miroirs rouges pour apprendre la symétrie. J’avais compris qu’un trois inversé faisait un 8. J’ai dit à ma famille : « J’ai 13 ans, mais si on se fie à la symétrie du trois, j’ai 18 ans, donc je peux faire ce que je veux. » Cette affirmation avait fonctionné et avait vraiment fait rire mes proches. Je m’en souviens encore, et je me souviens du feeling que ça m’avait procuré.

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Tu as aussi marqué les esprits à Zénith, où tu représentais la génération Y. Comment as-tu vécu cette expérience ?

Ce que j’ai aimé, c’est que la génération Y est souvent perçue comme étant floue, prise entre deux chaises. On n’est ni les plus jeunes ni les plus vieux. On a grandi sans Internet, mais on est devenus adultes avec lui. J’ai l’impression de porter ce pont entre les époques. Chanter Le temps des cathédrales en version techno, ou Maudit bordel, une chanson qui a marqué ma jeunesse, c’était un terrain de jeu incroyable.

Ton chien occupe une place très importante dans ta vie. Parle-nous de votre relation...

Ludo, c’est mon meilleur ami. Je l’ai depuis quelques mois à peine, mais on dirait qu’il a toujours été là. On est vraiment des partenaires de vie. Quand on se promène ensemble, j’ai l’impression qu’on est Batman et Robin. On est invincibles. On peut conquérir le monde, juste tous les deux.

Quels sont tes rêves pour la suite ?

J’aimerais écrire un roman. Ma passion, c’est raconter des histoires, peu importe la forme. Faire rire, émouvoir, susciter l’empathie... Je n’ai pas de rêve précis à long terme. Je suis trop occupée à savourer ce qui m’arrive en ce moment.

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