Plus d'un Canadien sur quatre s’endette pour manger

Photo d'archives, Chantal Poirier
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Julien McEvoy

2025-11-20T05:00:00Z

L’insécurité alimentaire frappe désormais 25,5% des Canadiens, une troisième hausse consécutive malgré le ralentissement de l’inflation.

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Plus alarmant encore, 28% des gens puisent dans leurs économies ou leur crédit pour manger, révèle une nouvelle étude de l’Université Dalhousie.

«Quand il faut emprunter pour se nourrir, c’est rendu grave», résume Sylvain Charlebois, expert en alimentation à l’Université Dalhousie.

L’Indice de consommation alimentaire publié mercredi sonde les mêmes 3000 Canadiens deux fois par année. Les données montrent une hausse de l’insécurité alimentaire de 2,6 points de pourcentage par rapport au printemps dernier.

Un Canadien sur quatre peine à se nourrir, une proportion jamais vue. «Les salaires ne suivent pas l’inflation, les gens n’ont pas de coussin», explique le spécialiste.

Tous contre Trump

La génération Z est vulnérable. Les jeunes adultes s’endettent pour remplir leur frigo. À l’opposé, les baby-boomers résistent mieux à la crise.

L’achat en vrac maintient sa popularité, tandis que l’utilisation de coupons bondit par rapport à l’automne 2024, atteignant 30,5% des consommateurs.

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Les 3000 personnes sondées opèrent aussi un spectaculaire virage vers les aliments locaux. Le sondage révèle que six personnes sur 10 les privilégient désormais, une explosion de 33,5% en un an.

«C’est une réaction à Trump et ce qui passe aux États-Unis », analyse Sylvain Charlebois.

Un paradoxe révélateur

Les dépenses à l’épicerie progressent de seulement 1,1% contre 5,9% pour celles au restaurant, selon le sondage, ce qui s’explique par la hausse des prix.

«Ce n’est pas parce que les gens sortent plus», résume le chercheur. Le ratio demeure stable avec 61% des dépenses en alimentation à l’épicerie contre 39% pour la restauration.

Dégoûtés par le prix élevé du bœuf, les Canadiens se tournent vers d’autres sources de protéines et sont entrés «dans l’ère des orphelins du bœuf». Le régime omnivore a chuté de 6,9% en un an pour atteindre 60,7% des gens, selon le sondage.

Les bas prix surpassent désormais toutes autres considérations, devant la nutrition, le goût et les préoccupations environnementales. Une nouvelle réalité pour des millions de Canadiens qui jonglent entre se nourrir et boucler leur budget.

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