Vente d'alcool: un restaurateur en rallie d’autres à un mouvement de désobéissance
Agence QMI
Plusieurs restaurateurs du Québec ont adopté l’initiative lancée par le propriétaire du Joe Beef qui les invitait à la désobéissance civile afin d’inciter le gouvernement de François Legault à modifier la réglementation pour les permis d’alcool.
Lançant le mouvement #ouvreznoscaves, l’établissement s’est tourné vers sa page Facebook pour encourager ses collègues de la province à vendre «une bouteille de vin sans être accompagnée d’un plat».
«Un acte de désobéissance civile dans l’espoir de démontrer notre découragement face au médiocre renoncement du gouvernement Legault à modifier les réformes de nos permis d’alcool dans les circonstances actuelles», peut-on aussi lire.
Les restaurateurs du Québec sont aussi encouragés à publier une photo de l’acte de désobéissance civile sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-clic #ouvreznoscaves. La publication initiale a d’ailleurs été partagée plus d’une centaine de fois dans la journée.
Il n’en fallait pas plus pour que d’autres établissements se joignent au mouvement. C’est le cas notamment du restaurant Au Pied de cochon, qui a dit appuyer «formellement l'initiative de ses bons amis et collègues restaurateurs derrière le Groupe Joe Beef - Liverpool House en demandant à sa communauté d'encourager tous les restaurateurs de la province du Québec à acheter une bouteille de vin, sans être accompagnée d’un plat, un acte de désobéissance civile dans l’espoir de démontrer notre découragement face au renoncement du gouvernement Legault à modifier les réformes de nos permis d’alcool (dans les circonstances actuelles et temporaires)».
Le restaurant Au Pied de Cochon appui formellement l'initiative de ses bons amis et collègues restaurateurs derrière le...
Posted by Au Pied de Cochon on Thursday, December 10, 2020
Sur la page du Pub Pit Caribou Montréal, on pouvait lire: «Il est grand temps Monsieur François Legault de laisser les restaurants et les bars du Québec respirer un peu en revoyant les lois archaïques sur les permis d'alcool. Et quand on dit respirer, on devrait dire dans certains cas: se sauver!»
Citons également Olive et Gourmando, Denise, Saint-Sushi Plateau ou encore la Taverne Monkland.
«Nous sommes en affaires depuis 25 ans, pouvait-on lire sur la page Facebook de la Taverne. Nous avons supporté l’économie québécoise en achetant nos produits chez nos talentueux producteurs et vignerons locaux. Nous sommes fiers de notre belle province. Tout ce que nous demandons c’est une chance de nous battre pour notre survie jusqu’à la fin de cette crise. Changeons ces lois archaïques, comme l’ont fait nos voisins en Ontario, qui régissent la vente d’alcool et sortons de cette pandémie plus forts et plus sages.»
Des messages similaires étaient partagés un peu partout dans la province, en Gaspésie, à Québec, Blainville, Saguenay et Repentigny.
Pour rappel, des propriétaires de restaurants demandent au gouvernement de modifier les règles entourant la livraison d’alcool afin de les aider à augmenter leurs revenus.
La fermeture des salles à manger dans les restaurants en zone rouge, imposée par le premier ministre François Legault en raison de la pandémie de COVID-19 fait mal à l’industrie.
Les restaurants doivent se tourner vers la vente de repas pour emporter ou la livraison, ce qui les prive de revenus générés par la vente d’alcool, qui représente une grande partie de leur chiffre d’affaires.
Pénalités et amendes
Le gouvernement a réagi en soirée à cette affaire. «Un restaurateur qui ne respecterait pas les dispositions de la loi s’expose à des pénalités et même à des amendes. La position du [ministère de la santé et des services sociaux (MSSS)] à ce sujet est très claire et son objectif est de limiter les impacts de la COVID-19 afin de protéger les personnes les plus vulnérables et d’éviter de surcharger le système de soins», a indiqué par courriel Marie-Louise Harvey, porte-parole du MSSS, en référant l'Agence QMI à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).
De son côté, la RACJ a indiqué qu'après réception d’un rapport de police, «la RACJ pourrait convoquer le titulaire devant les régisseurs. Ces derniers ont différentes alternatives: non- intervention, suspension du permis d’alcool, sanction administrative pécuniaire ou révocation du permis», a expliqué Joyce Tremblay , avocate pour la RACJ.
Mme Tremblay a rappelé que le projet de loi 72, à l'étude à l'Assemblée nationale, prévoit des assouplissements aux exigences imposées aux restaurateurs. Il est notamment proposé de permettre la livraison de boissons alcooliques par un tiers comme Uber Eats et SkipTheDishes et l'exigence du mot «repas» pourrait être remplacée par «aliments».
Le prix des boissons vendues pour la livraison ou pour emporter pourrait aussi être différent de celui prévu sur le menu, et les titulaires de permis de restaurant n’auraient plus l’obligation de servir un repas pour la consommation d’un verre et de vin, a notamment rappelé Mme Tremblay en parlant du projet de loi.