Voici Alice Milliat, la femme grâce à qui Summer McIntosh et Simone Biles nous font vibrer aux Olympiques

Summer McIntosh, Alice Milliat et Simone Biles
Summer McIntosh, Alice Milliat et Simone Biles Photos AFP et Wikipédia, photomontage Benoit Dussault
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2024-08-02T19:16:18Z

Summer McIntosh, Simone Biles et les joueuses canadiennes de soccer attisent les passions à Paris. Mais toutes ces athlètes ne nous feraient pas vibrer sans Alice Milliat, qui a su imposer la présence des femmes aux Jeux olympiques il y a 100 ans.

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Quand les femmes ont été invitées pour la première fois aux Jeux olympiques en 1900, elles ne représentaient que 2,2% des délégations.

À l’époque, des hommes, dont le père des Jeux modernes, le baron Pierre de Coubertin, s’opposaient à leur présence, martelant que l’événement était destiné à «célébrer la virilité».

La sportive et militante Alice Milliat était toutefois décidée à changer les choses.

«Ils nous refusent le droit au muscle parce qu’ils veulent rester les plus forts. Mais ils auront beau faire, notre sexe aura du biceps et du jarret, et ce sera tant pis pour vous, messieurs les tyrans! Le muscle de la femme est en route et rien ne l’arrêtera», a-t-elle déclaré en 1921.

Alice Milliat
Alice Milliat Photo Wikipédia

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Un an plus tard, alors que les femmes sont toujours exclues de la majorité des disciplines olympiques, Alice Milliat crée les premiers Jeux olympiques féminins.

Une révolution féministe

Le coup d’envoi de ces Jeux au féminin est donné à Paris le 20 août 1922. Un peu plus de 75 Françaises, Anglaises, Américaines, Suisses et Tchécoslovaques se sont affrontées dans 11 disciplines d’athlétisme.

Le succès est tel que l’évènement est organisé à trois autres reprises: en 1926, en 1930 et en 1934.

Face à l’enthousiasme que suscitent les compétitions, le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale d’athlétisme finissent par permettre aux femmes de compétitionner dans certaines épreuves jusque-là réservées aux hommes.

Graduellement, les autres sports s’ouvrent aux femmes, si bien que depuis 1991, chaque nouvelle discipline admise aux Olympiques doit obligatoirement comporter un volet féminin.

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Les sportives, encore sous-estimées

Pour la première fois cette année, les Jeux olympiques sont paritaires. 10 500 athlètes, autant de femmes que d’hommes, compétitionnent dans 32 épreuves.

Or, la parité n’est pas seulement un exercice comptable, soulignent des observatrices, qui déplorent des inégalités dans le traitement des athlètes.

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Les femmes ne peuvent toujours pas, par exemple, participer au décathlon. Plutôt que les 10 épreuves que complètent les hommes, les femmes doivent se contenter de l’heptathlon, qui en comporte 7.

Les uniformes que doivent porter les athlètes féminins sont aussi souvent critiqués.

En avril, l’ancienne sprinteuse américaine Lauren Fleshman avait justement dénoncé les maillots dévoilés par la fédération américaine d’athlétisme.

Même lorsqu’elles pulvérisent des records, les femmes doivent lutter pour faire leur place dans l’histoire de l’olympisme.

Après avoir gagné sa quatrième médaille d’or aux Jeux de Rio, en 2016, la gymnaste la plus décorée de l’histoire, l’Américaine Simone Biles, a demandé qu’on arrête de la comparer aux athlètes masculins.

«Je ne suis pas la prochaine Usain Bolt ou Michael Phelps, je suis la première Simone Biles», a-t-elle lancé.

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