Enseignement du français: pas question d’imposer une liste de lectures obligatoires, dit Drainville

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Gabriel Côté

2023-08-16T18:40:51Z

Malgré le plaidoyer d’enseignants, le ministre Drainville ne veut pas imposer de liste de lectures communes pour les jeunes du secondaire.  

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«Je pense qu’un moment donné, il faut faire confiance aux enseignantes et aux enseignants», a tranché Bernard Drainville à son entrée au conseil des ministres, mercredi.

Le ministre de l’Éducation a ensuite rappelé que le gouvernement a annoncé que les écoles primaires se verront allouer un budget de 300$ par classe pour l’achat de nouveaux livres. «Ça a un effet multiplicateur dans une école», a-t-il dit. 

Mais cette mesure ne concerne pas les écoles secondaires, où le programme «manque de balises» en ce qui concerne les livres à faire lire aux étudiants, selon des profs de Québec, qui plaident pour l’élaboration d’un répertoire d’œuvres assez vaste, mais tout de même restrictif, afin d’assurer des «bases communes» dans l’enseignement du français partout au Québec. 

À la question de savoir si justement il ne conviendrait pas de fixer de telles bases communes, M. Drainville a souligné qu’il y a «un programme scolaire que toutes les écoles doivent suivre». 

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«Il y a un cadre. Mais je pense que pour le choix des livres, il faut faire confiance au corps enseignant, au personnel scolaire, et il faut faire confiance aux bibliothécaires, c’est eux autres qui sont en contact avec les enfants, avec les élèves, alors je pense qu’elles sont capables de bien faire leur travail», a-t-il dit. 

En plus de réclamer un «répertoire argumenté» arrimé aux programmes du ministère de l’Éducation, les profs qui sont sortis publiquement mardi plaidaient pour ramener les classiques à l’école. 

En entrevue avec l’Agence QMI, ils ont notamment fait valoir que l’enseignement des classiques au secondaire est un enjeu de justice sociale, puisque l’école représente pour plusieurs la seule chance d’avoir accès à ces importantes références culturelles. 

Rentrée

Dans un autre ordre d’idées, le ministre de l’Éducation a prévenu qu'il y aura de nombreux enseignants non-légalement qualifiés dans les classes à la rentrée scolaire. «C’est sûr qu’il va y avoir des postes non comblés», a-t-il admis, en notant que «l'objectif, c'est d'avoir un adulte pour chaque classe» à la rentrée.

Puis, quand un journaliste lui a demandé combien de profs vont reporter leur retraite avec l’incitatif de 12 000$, M. Drainville a affirmé: «la première réponse que nous avons eue était plutôt tiède».

«Par contre, les incitatifs financiers que nous avons mis en place l’année dernière pour ramener des profs retraités, ça, ça a très bien fonctionné», a-t-il ajouté. 

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